
Lors d’un point réservé à la presse ce mercredi 15 mai, après son échange de la veille avec les adhérents de l’Afcae, le CNC a livré le détail d’une réforme toujours en cours de finalisation.
Après le rapport Lasserre et au terme de nombreux échanges et concertations avec la profession, ainsi que d’un bilan de la précédente réforme de 2016, le CNC a opté pour une plus grande sélectivité dans l’attribution des subventions art et essai.
Deux nouveaux labels
Les trois labels historiques (Jeune Public, Patrimoine/Répertoire et Recherche et Découverte) n’apportent plus de bonus financier, mais intègrent les critères de sélectivité. La diffusion de films fragiles et de courts métrages ne donnera pas non plus lieu à une prime. Deux nouveaux labels, court-métrage et 15-25 ans, auront eux aussi un effet sur la notation désormais établie sur 17 critères.
Une notation sur 20
Le système de bonus/malus actuellement attribué par les commissions (de -65 à +40 points de l’indice issu du calcul automatique) est remplacé par un système de notation de 0 à 20.
Une note de 0 divise l’aide automatique par deux, une note de 10 préserve son montant et une note de 20 la double.
Le nombre de critères soumis à l’évaluation des commissions passe de 11 à 17. Les 6 critères supplémentaires qui reflètent les nouvelles priorités sont :
- les résultats de l’établissement en terme de fréquentation des films art et essai
- les actions mises en place à destination du public empêché
- les actions mises en place à destination du public jeune (15-25 ans)
- la politique de diffusion des documentaires
- l’animation d’un ciné-club
- l’usage du marketing digital
Réduit à 5 par la précédente réforme de 2016, le nombre de commissions régionales art et essai devraient passer à 7 ou 8.
Une pondération des films
Le point de la réforme qui a probablement suscité le plus de débats et concertations n’est pas totalement achevé. Sans remettre en cause les principes de recommandation des films, leur évaluation suivra la voie d’une sur-pondération appliquée aux films Recherche et Découverte sortis dans moins de 80 établissements – ce qui rejoint le critère de l’actuelle prime aux films fragiles –, et d’une sous-pondération de ceux qui auront rencontré un plus grand succès en salle.
Dans l’attente des dernières simulations, les coefficients de majoration et minoration ne sont pas encore déterminés. Idem pour le niveau de fréquentation qui déclencherait la sous-pondération des séances d’un titre art et essai. « Le plus probable est que ce plafond ne soit pas fixe, mais inscrit dans une logique dynamique », précise Lionel Bertinet. Pourraient ainsi être sous-pondérées les séances consacrées aux 10 titres classés qui auront eu le plus d’entrées dans l’année.
Le CNC ambitionne de finaliser la réforme lors de son conseil d’administration de fin juin, pour un début d’application partielle sur le classement 2025. Sa mise en œuvre complète, pondération des films incluse, est prévue pour le classement 2026.
« Nous ne voulons pas jouer aux apprentis sorciers, c’est pour cela que nous ne trancherons qu’après une phase de simulation chiffrée », souligne le directeur du Cinéma du CNC, tout en rappelant l’augmentation à 19 M€ de l’enveloppe art et essai, « qui croît proportionnellement plus que le nombre de cinémas classés ».
Plus de détails dans le magazine n°468bis du 18 mai 2024