Son ordinateur n’est jamais loin, même quand vient le week-end ou lorsqu’il part en vacances. Pourtant, Thibault Walter, consultant en performance digitale, n’a pas l’intention de se détourner du seul statut auquel il ait jamais goûté : celui d’indépendant .
A 26 ans, ce Francilien est titulaire d’un double master, en marketing digital et en data analytics, de l’Ecole de management Léonard de Vinci (EMLV) et de l’Institut de l’Internet et du multimédia (IIM). Du fait de cette double casquette, « qui permet à la fois d’implémenter des solutions d’analyse et de trouver des sources d’optimisation des campagnes publicitaires », Thibault Walter clignote dans le viseur des entreprises.
« Dès mon stage de fin d’études, en tant que consultant SEA [« search engine advertising » ou référencement payant, NDLR], j’ai constaté que les organisations de tous secteurs avaient besoin de ces compétences et j’ai trouvé de futurs clients », se souvient-il. Mais plutôt que de céder aux sirènes d’un CDI , pour lequel il avait « l’embarras du choix », Thibault Walter opte, avant même d’être diplômé, pour le microentreprenariat . « En tant que junior, j’aurais gagné deux fois moins si j’avais choisi le salariat. Surtout, je n’avais même pas à prospecter car chaque client content m’en ramenait d’autres », raconte-t-il.
Difficile de déconnecter
D’abord contacté par des TPE et PME, il étoffe vite son portefeuille avec des grands comptes : e-commerçants, éditeurs de solutions logicielles, entreprises de services… Son réseau se diversifie par le bouche-à-oreille, grâce à LinkedIn « où des entreprises [l]e contactent directement », et grâce au collectif Bulldozer, qui regroupe plus de 200 travailleurs indépendants spécialisés dans la performance marketing et commerciale. « Même si nous sommes tous free-lance, nous fonctionnons comme une agence en nous positionnant en tant qu’équipe, au service des entreprises », résume-t-il.
« Revenus confortables », liberté sur le choix des missions et des clients (il les sélectionne notamment en fonction de leur maturité numérique), Thibault Walter insiste aussi sur la flexibilité dans sa liste d’avantages. « Je décide quand et où je travaille, la plupart du temps chez moi ou dans des cafés… mais il est vrai que ma vie s’organise autour de mon travail d’indépendant », concède-t-il, en déplorant une déconnexion peu aisée à mettre en place. « Un peu sécurisé » par une mutuelle et les cotisations sociales induites par le statut de microentrepreneur, Thibault Walter n’occulte pas « l’absence de sécurité de l’emploi ».
« Le facteur risque est important, car il reste plus facile pour une entreprise de rompre le contrat qui nous lie en comparaison à un contrat salarial », glisse-t-il. Il souligne aussi un ponctuel « sentiment de solitude ». « Parfois, j’aimerais pouvoir confronter ma vision et me concerter avec des collègues pour identifier ce qui conviendrait le mieux au client », explique-t-il, en ajoutant que les collectifs d’indépendants contribuent à pallier l’isolement.