-23 %, c’est la perte du chiffre d’affaires estimé des activités photographiques en 2020, liées au Covid et aux confinements (Rapport Arcom). Si la pandémie a impacté le marché, elle semble aussi avoir agi comme catalyseur des tendances de fond du secteur. En première ligne ? La hausse des besoins en contenus visuels de la part des entreprises du marketing digital, le développement croissant des réseaux sociaux ou encore le besoin de communiquer efficacement avec une image différenciante.
Et c’est dans un secteur bousculé par les mutations profondes qu’a décidé de se lancer en 2023, Michael Royo, photographe à Montbéliard. Pour le quadragénaire, la photographie, c’est avant tout une approche humaine sur laquelle repose l’écoute et l’accompagnement. Et pour cet amoureux de l’image “ce qui est important, c’est de donner des images qui ont du sens” explique-t-il. Un pari gagnant pour ce Audincourtois aux grandes ambitions.
“Créer quelque chose pour soi”
Pour le quadragénaire, la photographie n’a pas toujours été une évidence. Car c’est bien loin des trépieds, des studios photo et des logiciels de retouches photo qu’il fait ses armes. En 2008, il rentre dans la police nationale en tant que Gardien de la paix, mais l’expérience sera de courte durée, puisqu’un accident mettra fin à sa carrière. La grande distribution lui ouvrira les portes peu de temps après, une occasion à saisir pour celui qui voit les challenges comme source de motivation. La vie lui rendra plutôt bien, puisqu’en 2018, il accède à un poste de direction pour finir directeur d’un Super U. Une expérience professionnelle enrichissante où le sens managérial, les responsabilités, la gestion et la prise d’initiatives seront centraux.
Mais le désir d’entreprise et de “créer quelque chose pour soi” comme il aime le raconter prendra le dessus. À cette époque, la photographie n’est pas très loin. À vrai dire, elle guide les temps morts de cet hyper actif. 2015 sera par exemple l’année de l’achat de son premier appareil photo. À partir de là, Michael Royo ne quittera plus son nouveau compagnon de route. 2022 et 2023 seront quant à elles consacrées à la formation pour acquérir les techniques professionnelles : photographie produit, photographie publicitaire, photographie de portrait, photographie de mariage… Tout y passe. Michael se positionne comme un généraliste, au même titre que 80 % des photographes du secteur1, parce que le marché étant poreux, il est important de répondre à tous les besoins.
Un positionnement stratégique, mais à qui Michael ne doit pas son ascension. En à peine un an, le studio photo du quadra se développe bien. Si bien qu’il doit déménager pour en ouvrir un deux fois plus grand. Depuis mars dernier, c’est dans 150 m² (contre 65 auparavant) que l’Audincourtois a posé ses valises. Une opportunité qu’il a encore une fois su saisir.
La photographie n’est qu’un maillon de la chaîne
Fidèle au goût des choses bien faites, Michael met un point d’honneur à exécuter une photographie comme s’il tirait le portrait de son propre enfant : avec minutie et détails. Mais pour se démarquer des autres photographes et attirer des clients “qui lui ressemblent”, le fondateur de MKL Studio mise sur un petit quelque chose en plus : l’humain.
Et c’est au travers de l’expérience et du service client que tout se joue. “Dans mon activité, les clients sont attachés à la personne. Ils viennent à moi non pas parce que je suis photographe, mais parce que je suis Michael” raconte-t-il. Cet ADN orienté client, il le retranscrit dans chacune de ses prestations.
Du côté des particuliers,”il faut que le client passe un bon moment”, c’est crucial, affirme-t-il. Cela passe par une recherche précise des besoins et des attentes clients, une écoute, une relation de proximité, etc. Michael déploie tout le package du “photographe accompagnant” parce tout ce que le particulier veut “c’est une photographie pour se faire plaisir ou se souvenir”, explique-t-il. Une démarche qui lui a d’ailleurs valu d’être récompensé par le Wedding awards 2024 qui reconnaît MKL Studio comme étant l’une des entreprises les mieux notées par les couples de Mariages.net
Avec les professionnels, Michael ne se contente pas de photographier, il adopte une posture d’expert en accompagnant les entreprises en quête du bon message de communication. Pour ça, il effectue systématiquement un entretien préalable pour cibler la personnalité, mais aussi les besoins en communication de son client. Un entretien qu’il accompagne d’un brief créatif, parce que “ce qui est important, c’est de donner des images qui ont du sens” , raconte-t-il. Cela lui permet d’être précis, et de répondre parfaitement au besoin en utilisant les outils à disposition.
Communiquer efficacement grâce à l’image numérique
Un esprit client qui le pousse à toujours s’adapter au besoin existant. Et pour celui qui “aime se dépasser” les défis ne sont jamais très loin. Il confie travailler sur un projet de formation destiné aux entrepreneurs en quête d’une bonne communication. Concrètement, il va proposer de former en présentiel les indépendants, entreprises et collectivités à la photographie pour leur permettre de communiquer efficacement grâce à l’image numérique. S’il reste encore du travail à Michael pour mettre en forme le projet, les contours sont déjà bien définis.
Dans son studio à Audincourt, près de Montbéliard, il recevra sur l’espace d’une journée des professionnels de tout horizon dans un atelier collectif de 6 personnes. Chacun des alumnis apprendra à sélectionner le bon message de communication, à travailler les techniques de base de la photographie, et à traiter efficacement une image pour l’exploiter à titre de support de communication. Parce que le constat que fait Michael, c’est que pour valoriser son activité aujourd’hui, il faut savoir gérer son image (produit, société, personnes). Et cela passe par quelques bases à acquérir. Mais la formation sera accessible rassure-t-il : “on utilise des outils à disposition comme le téléphone”, car le but est d’apprendre à communiquer efficacement et en autonomie. En attendant que le projet voie le jour, c’est-à-dire, d’ici la fin de l’année, Michael multiplie les prestations photographiques, tout en confiant que l’embauche d’un premier salarié devrait arriver plus vite que prévu.