État des lieux de la transformation numérique des territoires – FredCavazza.net


La transformation numérique redessine les contours de notre société et favorise l’émergence de nouvelles dynamiques économiques, sociales et environnementales. Bien au-delà des grandes villes, cette révolution touche également les collectivités locales, confrontées à des enjeux majeurs d’inclusion, d’infrastructure et d’innovation. Les zones rurales et les petites communes doivent ainsi pouvoir offrir à leurs habitants et acteurs économiques un ensemble de services numériques favorisant leur émancipation. Je vous propose dans cet article un aperçu des initiatives et obstacles qui transforment durablement nos régions, ainsi que du rôle joué par Orange dans cette dynamique avec une approche inclusive et responsable, adaptée aux enjeux du XXIᵉ siècle.

#TransfoNum


En synthèse :

  • Au 21e siècle, l’accès à internet est devenu aussi important que la voiture l’était au 20e siècle pour le développement des territoires : il permet aux habitants d’accéder à plus de services, de loisirs et d’opportunités professionnelles depuis chez eux.
  • La transformation numérique des territoires repose d’abord sur une infrastructure dense et robuste. Si Orange a déjà raccordé près de 23 M de bâtiments à la fibre optique et couvre presque toute la France en 4G et 5G, il reste encore quelques zones blanches desservies par satellite.
  • Pour que tout fonctionne bien au quotidien, Orange s’appuie sur plusieurs filiales spécialisées pour la gestion des infrastructures, pour faciliter l’exploitation des données territoriales et pour tous les aspects liés à la sécurité et la prévention des risques.
  • Grâce à un accompagnement de proximité, les collectivités territoriales peuvent proposer de nouveaux services à leurs habitants : éclairage intelligent des rues, gestion optimisée des déchets, suivi de la qualité de l’air dans les écoles, et même des espaces pour apprendre à utiliser les outils numériques.
  • Au-delà des aspects techniques, Orange met l’accent sur une approche responsable de la transformation numérique : recyclage des vieux téléphones, maintien du réseau 2G pour les personnes âgées, tarifs réduits pour les foyers modestes, et accompagnement des communes pour que personne ne reste exclu de cette révolution numérique.

Voilà plus de 15 ans que je parle de transformation numérique, un sujet très vaste, à l’image des chantiers que l’on trouve généralement derrière ce terme. Si l’essentiel des articles que j’ai publiés jusque-là concerne des entreprises privées (marques, éditeurs…), sachez que la transformation numérique est un impératif qui concerne également le secteur public et les collectivités.

Il existe ainsi un ensemble d’initiatives publiques de transformation numérique, qu’elles soient nationales ou locales, portées notamment par la Direction Interministérielle du numérique qui organise la Journée Numérique & Territoires, le Ministère de la Transformation de l’Action Publique qui pilote le Fonds de Transformation numérique des territoires du plan France Relance, la Direction Générale des Entreprises qui publie tous les ans son baromètre de la transformation numérique des TPE et PME… Les initiatives sont tellement nombreuses que je ne peux pas toutes les citer. L’action publique n’est cependant pas suffisante, car les besoins sont énormes. Aussi, nous allons dans cet article nous intéresser aux actions concrètes menées en région par Orange.

La semaine dernière, j’étais donc invité par Orange au Salon des Maires et des Collectivités Locales. L’occasion pour moi de découvrir un événement aussi surprenant qu’unique : le grand RDV annuel des fournisseurs de solutions pour les mairies. L’occasion pour toutes les villes, villages et collectivités locales de s’informer (Congrès de l’Association des Maires de France) et de s’équiper (infrastructures, prestations…).

Autant l’avouer tout de suite : je suis né et j’ai habité toute ma vie à Paris, je n’ai également travaillé que dans le secteur privé. Aussi vous comprendrez aisément que je n’ai qu’une vision partielle des problématiques des collectivités locales. Ce salon était donc l’occasion de m’intéresser à un pan de la transformation numérique que je ne connaissais pas du tout : celle des territoires et des petites communes.

Pourquoi est-ce important ? Car il en va du développement économique et social des régions.

Au XXe siècle, la voiture était le principal levier de progrès pour les populations : elle permettait de faire des études plus loin, de trouver du travail plus loin, de participer à plus d’activités ludo-culturelles, de trouver un conjoint dans une autre ville ou région… En élargissant le « rayon d’action » des citoyens / consommateurs, les voitures ont surtout favorisé l’hégémonie des centres commerciaux : les temples de la consommation où se rencontrent l’offre et la demande, à la fois pour les produits (hypermarchés) et les services (galeries marchandes).

Ce mode de vie est bien évidemment toujours valide au XXIe siècle, mais les voitures sont de plus en plus coûteuses (achat, entretien, assurance, carburant…) et sont maintenant en concurrence avec un nouveau levier majeur d’émancipation : le contenus et services numériques.

Au XXIe siècle, grâce au numérique, les consommateurs / citoyens ont accès à encore plus de contenus, produits et services, tout en fournissant un moindre effort. En 25 ans, le numérique a complètement reconfiguré notre quotidien personnel et professionnel, c’est indéniablement le principal facteur de changement et de progrès (Comment les smartphones ont changé le monde en 15 ans). J’irai même plus loin en écrivant que plus l’accès est simplifié et performant, plus les usages numériques progressent (Les impacts économiques et sociaux du Plan France Très Haut débit).

Selon ce point de vue, si la généralisation de l’ADSL a permis au commerce en ligne de décoller, la fibre offre aux utilisateurs de nombreux autres loisirs et activités numériques (jeux en ligne, VoD…). De même, si la 4G a accompagné l’essor des médias sociaux (Facebook, Instagram, YouTube, LinkedIn…) et des plateformes de mise en relation (Booking, Uber, Deliveroo…), la 5G permet de systématiser la dématérialisation de notre quotidien à travers de nombreux canaux de communication, de distribution et de services de proximité (privés ou publics).

Est-il bien pertinent de tout ramener à l’accès à internet ? Oui, car le quotidien des entreprises et des citoyens en région est très différent de celui des habitants des grandes villes qui théorisent sur la smart cities. On retrouve ainsi des enjeux et défis très spécifiques dans les territoires plus éloignés du numérique que les grandes villes : La transition numérique : quels enjeux pour les territoires ruraux ?

Nous pouvons ainsi citer les principaux enjeux suivants pour les territoires ruraux :

  • La lutte contre la fracture numérique en assurant un accès internet à haut ou très haut débit ;
  • Un développement économique par le soutien aux entreprises locales et aux nouvelles activités ;
  • L’amélioration des services publics, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la mobilité ;
  • Le renforcement de la participation citoyenne grâce à des outils numériques facilitant l’engagement communautaire.

Oui je sais, tout ceci peut vous sembler très théorique (institutionnel), mais derrière ces enjeux, nous trouvons des initiatives concrètes comme la mise en place de plateformes collaboratives pour viabiliser les circuits courts alimentaires, le développement de services de télémédecine pour pallier le manque de professionnels de santé (déserts médicaux), l’utilisation de capteurs connectés pour optimiser la gestion des ressources naturelles et agricoles…

Mais n’allez pas croire que tout ceci se fait de façon fluide et naturelle, car la mise en oeuvre de telles initiatives nécessite des infrastructures numériques adéquates, la formation des utilisateurs et acteurs locaux aux outils numériques, le financement des projets numériques dans des contextes budgétaires souvent contraints, et l’adaptation des solutions technologiques aux besoins et aux spécificités locales.

Voilà pourquoi il est essentiel de se soucier de la transformation numérique en région : pour éviter d’aggraver la fracture numérique et pour garantir une égalité des chances pour tous. Ce qui est difficile à appréhender, car si nous disposons de statistiques nationales (grâce à l’ARCEP et l’ARCOM et leurs référentiel des usages numériques et baromètre du numérique), il faut vraiment aller dans les détails pour en savoir plus sur la couverture exacte en très haut débit, 4G et 5G, puisque la très large majorité du territoire est déjà couverte (avec une accélération notoire ces dernières années grâce au « New Deal » mobile lancé par le Gouvernement en 2018).

Comme vous pouvez le constater sur ces graphiques précédents, la transformation numérique des territoires est en marche, et tout se passe bien. Sauf que ces courbes qui montent ne reflètent pas du tout les investissements colossaux qui ont été nécessaires, ni les moyens qui sont mis en oeuvre pour faciliter l’adoption des NTIC ainsi que les efforts réalisés pour valoriser les nouveaux usages numériques dans de bonnes conditions.

Je vous propose donc avec cet article de lever le voile sur l’envers du décor.

Pour bien décrire le Salon des Maires et des Collectivités Territoriales, il suffit de s’imaginer la Foire de Paris, mais en remplaçant les curieux en quête de bonnes affaires par des maires et élus locaux, et de remplacer les stands de charcuterie, fringues et gadgets en tous genres par des fournisseurs de camions poubelles, stades de foot, plateaux pour la restauration collective, navettes autonomes, lampadaires, mobiliers pour les écoles… Un gigantesque bazar où les activités numériques étaient regroupées dans le pavillon 4 (avec les solutions de transport et de gestion de l’énergie).

Orange occupait dans ce pavillon une place de choix avec un quadruple stand à l’entrée pour offrir un maximum de visibilité aux différentes activités du groupe.

À ce sujet, seriez-vous capable de lister toutes les activités du Groupe Orange ? Pas moi, car Orange est maintenant une multinationale gigantesque (300 M de clients, presque 45 MM€ de chiffre d’affaires et 137.000 collaborateurs). J’ai néanmoins réussi à me faire expliquer de façon simple les offres et filiales qui ciblent les collectivités territoriales, que l’on peut classer en cinq grandes missions :

Pour pouvoir assurer toutes ces missions, Orange s’appuie sur une présence dense avec un correspondant pour chaque département et surtout 21 délégations régionales pour traiter avec les collectivités (cf. Orange soutient l’aménagement numérique des territoires en France). L’édition 2024 du Salon des Maires était d’ailleurs l’occasion pour les équipes de différentes communes de célébrer les nombreux projets et partenariats avec Orange.

Quel est l’ingrédient principal de ces nombreuses collaborations ? Non pas des tarifs attractifs, mais une approche responsable des télécoms et de la transformation numérique. Je pense ne rien vous apprendre en écrivant que l’âge d’or des telcos est derrière nous dans la mesure où nous sommes dans un marché de renouvellement et non de conquête. Le maître-mot pour Orange n’est pas d’opérer un développement commercial agressif, mais au contraire d’avoir l’approche la plus responsable possible, à la fois sur le volet environnemental et le volet social.

Cette approche se traduit par des initiatives concrètes, comme le programme de collecte et de recyclage des vieux téléphones mobiles. Un sujet important, car il y a d’après les estimations près de 100 M de téléphones portables qui dorment dans un tiroir. Un circuit de recyclage de téléphones portables à grande échelle a donc été lancé en 2020 avec déjà plus de 3 M de vieux téléphones portables recyclés en 4 ans, ce qui monopolise plus d’une centaine de personnes (un emploi créé ou maintenu pour 25.000 appareils recyclés).

Concernant la responsabilité sociale, nous pouvons citer plusieurs actions en faveur de l’inclusion numérique :

  • des ateliers numériques destinés au grand public dans les boutiques Orange, le portail « Bien vivre le digital« , ainsi que l’implantation de Digital Centers (déjà 21 espaces numériques locaux ouverts en 3 ans et près de 70.000 personnes accompagnées) ;
  • une offre « Coupe de pouce » pour les foyers à faibles revenus (offre TV / Web / Fixe en dessous du prix plancher fixé par le Gouvernement)…

Pour en savoir plus sur les différentes activités d’Orange envers les collectivités, je vous recommande cette interview récente de Delphine Woussen : « Orange est un partenaire de confiance des collectivités pour développer des territoires résilients, durables et inclusifs« .

Rentrons maintenant plus dans les détails du déploiement du réseau Orange.

En tant qu’opérateur historique, Orange est bien évidemment à l’avant-garde de l’accompagnement des collectivités dans le déploiement d’infrastructures numériques (les câbles enterrés ou suspendus à des poteaux).

Les spécialistes utilisent des termes barbares comme « backbone » ou « dorsale internet », nœuds de raccordement optique (NRO), points de mutualisation (PM), points de branchement optique (PBO)… mais ce sont des subtilités qui échappent au grand public qui a tendance à ne voir que les désagréments (des travaux dans la rue) et pas les avantages (une connexion performante et fiable).

Pour votre information, sachez qu’Orange a déjà investi plus de 14MM€ dans le réseau très haut débit (la fibre), avec une couverture qui représente 90% du territoire et presque 22,8 M de bâtiments raccordés (soit la moitié du marché). Lire à ce sujet : Le très haut débit avec la Fibre Orange.

Concernant l’accès mobile, voilà plusieurs années que 100% de la population est couverte par les différents réseaux. La couverture 4G atteint maintenant 99,8% de la population et 70% pour la 5G. Même s’il est compliqué d’avoir des détails, ils m’ont confirmé que le déploiement de la 5G native en cours, elle correspond à une architecture « stand alone » qui assure une liaison 5G du coeur du réseau (la dorsale) jusqu’aux utilisateurs (les smartphones) : Où en est le déploiement de la 5G et de la 5G+ ?

Si vous voulez savoir où en est la couverture de votre patelin, je vous recommande vivement le site dédié de l’ARCEP pour avoir les détails de la couverture mobile : Mon réseau mobile (avec une version beta encore plus sympa à explorer).

Concernant la performance du réseau mobile, il faut saluer les efforts d’Orange qui offre la meilleure qualité de service depuis plus de 10 ans (cf. Qualité des services mobiles en métropole publié par l’ARCEP).

Enfin, vous serez surpris d’apprendre que si les installations 2G et 3G sont en cours de démantèlement (pour limiter la pollution et accélérer le renouvellement des équipements), il subsiste à peu près 400.000 clients 2G en France, principalement des personnes à faible autonomie, dont certaines équipés de colliers de « Présence verte » (télévigilance des personnes âgées avec alerte SMS en cas de chute ou autre accident du quotidien).

Pour ce qui est des quelques zones blanches persistantes, un accès satellite est proposé via l’offre Neosat de Nordnet. Cette offre repose sur un satellite géostationnaire qui autorise la commercialisation de l’ensemble de l’offre Orange (TV, mobile et Web jusqu’à 200 Mb/s), contrairement à Starlink qui exploite une constellation de petits satellites en basse altitude (dont il faut accrocher le signal) et ne propose que la connexion web.

Croyez-le ou non, mais les internautes et mobinautes français ont à leur disposition parmi les meilleures offres au monde pour la connexion filaire et mobile (rapport qualité / prix). Pourtant, le territoire n’est pas simple à mailler…

Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les opérateurs mobiles qui installent eux-mêmes les infrastructures. Ainsi, Totem est la filiale d’Orange en charge de toutes les infrastructures passives, les pylônes et installations sur les bâtiments existants (ils appellent ça une « TowerCo » pour « Tower Compagny »).

Cette filiale a donc la responsabilité de 20.000 « points hauts » qui sont loués aux opérateurs avec une logique de mutualisation de l’exploitation. Chaque opérateur étant responsable des antennes, paraboles et baies techniques installés sur les différents sites.

Est-il nécessaire de regrouper les activités d’implantation et de gestion des points hauts dans une filiale ? Oui, car c’est un métier très différent de celui des opérateurs. Totem créé en moyenne 400 à 500 nouveaux sites par an, un rythme plutôt faible, car toute création est un casse-tête administratif : contrainte d’urbanisme, loi sur l’artificialisation des sols, respect des normes environnementales… Vous vous doutez ainsi que chaque nouveau site est un combat à mener contre ds riverains qui se plaignent de la mauvaise couverture réseau, mai ne veulent pas d’antennes-relais à proximité de chez eux.

Il existe bien des solutions pour mieux intégrer les antennes-relais au paysage avec de faux arbres ou dans les clochers et croix des églises, mais ces solutions sont marginales, car elles ne concernent qu’une minorité des sites.

Du point de vue des collectivités, la tentation est grande de limiter le nombre d’implantations (pour faire plaisir à la population locale), mais une telle limitation requiert des implantations plus hautes et plus puissantes, donc plus de pollution. La solution, contre-intuitive, est au contraire de favoriser plus d’implantations pour avoir une meilleure couverture via des micro-implantations qui s’insèrent de façon harmonieuse dans l’existant. La clé est de pouvoir utiliser les structures et bâtiments existants, et notamment les édifices publics qui sont souvent les mieux placés et les plus visibles (donc avec une large couverture des alentours).

Vous conviendrez que ces questions sont sensibles, car il n’y a pas de solution-miracle, uniquement des compromis à trouver entre les collectivités, les populations locales et les opérateurs qui commandent de nouvelles implantations.

Intéressons-nous maintenant aux usages rendus possibles grâce à ces installations.

Au même titre que la gestion des points hauts, la gestion de la donnée est un métier très spécifique, voilà pourquoi la filiale Hexadone a été créée en 2022 pour aider les collectivités à mieux gérer et valoriser les données locales (participation conjointe de Orange et de la Banque des territoires à 60/40).

Cette filiale d’Orange édite donc une plateforme pour collecter, traiter, stocker et exploiter les données territoriales. Cette plateforme propose un ensemble de solution pour héberger, explorer et visualiser les données provenant de différentes activités locales. Précisions importante : c’est une solution souveraine où les collectivités sont propriétaires de leurs données, ce qui n’est pas toujours le cas avec d’autres éditeurs.

Dans les faits, Hexadone un gigantesque data lake avec des outils simples pour créer des visualisations cartographiques et des tableaux de bord.

J’ai eu l’occasion de tester la solution sur une simple tablette et j’avoue avoir été surpris par tout ce que l’on peut faire en surveillance et en pilotage suivi avec de la donnée locale. La fonction d’hypervision présentée ci-dessous permet d’avoir une vue d’ensemble des capteurs disponibles sur une commune ou un quartier :

Il y a bien évidemment la possibilité de surveiller un élément isolé du dispositif, ici un conteneur à ordure dont il est possible de surveiller le taux de remplissage, le poids et l’odeur. Cette surveillance au quotidien permet de mieux gérer les tournées de ramassage en mutualisant les passages.

Outre la visualisation sous forme de cartes, il y a également les tableaux de bord avec la possibilité d’intégrer d’autres sources de données (ex : fournisseur d’énergie).

Il n’y a aucune limite à la finesse des rapports qu’il est possible de créer, tout est question de disponibilité et de précision des capteurs. Ici, la qualité de l’air dans une école.

Tout ceci est très intéressant, une mise en application concrète de l’Internet des Objets (L’Observatoire des Mobilités : Un outil essentiel pour les territoires), mais pose également la question de la sécurité des données.

Troisième activité majeure à être filialisée, la gestion de la sécurité informatique incombe à Orange Cyberdéfense, une entreprise créée en 2015 pour rassembler toutes les activités en rapport avec la sécurisation des activités numériques : audit, mise en place de solution et accompagnement en cas de crise.

De par son ancienneté et la nature de ses activités, la filiale dispose de nombreux agréments : PASSI (Prestataire d’audit de sécurité des systèmes d’information), PDIS (Prestataires de détection d’incidents de sécurité), PRIS (Prestataires de réponse aux incidents de sécurité)…

Je me doute que vous connaissez déjà le principe de cybersécurité, mais il est toujours important de rappeler que c’est une activité critique, car les attaques et rançonnages sont de plus en plus fréquents avec la professionnalisation des activités de criminalité numérique. Ici des statistiques qui datent de 2022, mais qui illustrent parfaitement l’ampleur du phénomène :

  • presque 100.000 incidents de cybersécurité ont été traités (en moyenne un incident par an et par organisation) ;
  • le nombre d’entités publiques ou privées victimes de cyber-malveillance a augmentée de 18 % ;
  • 82 % des organisations victimes de cyber-extorsion ont un effectif inférieur à 1.000 collaborateurs ;
  • 1/3 des incidents affectant l’administration publique ont une origine interne (négligence ou manque de prudence).

Au quotidien, les équipes de Cyberdéfense ont à faire à de nombreux hackers isolés dont le profil est très variés (pas réellement de profils-types), mais surtout à des organisations criminelles extrêmement bien organisées avec des locaux, des horaires de bureau, des réunions du lundi matin, des managers qui fixent les objectifs, des DRH pour recruter et former les nouveaux venus, des DAF pour s’occuper de l’intendance et surveiller la rentabilité des opérations.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les collectivités ou PME ne sont pas spécifiquement ciblées, puisque les hackeurs travaillent avec des failles de sécurité que des robots vont identifier pour eux, ou des jeux de données qu’ils vont récupérer ou acheter sur le dark net. S’ensuit après une étude exploratoire pour valider le potentiel ROI de l’attaque et valider les dépenses (notamment l’achat et la fusion de différents jeux de données pour re-créer des profils d’utilisateurs complets).

Les attaques se répartissent grosso-modo comme suit : 70% de rançonnage d’entreprises ou collectivités et 25% de prise de contrôle des comptes de dirigeants (pour faire du détournement de virements). Ne croyez pas que les hackeurs sont des jeunes dopés aux boissons énergisantes agissant dans une cave sombre avec un sweat à capuche sur la tête, ce sont la plupart du temps des employés de bureau qui doivent régulièrement monter et présenter l’équivalent d’un business plan à un comité de décision, car certaines opérations sont moins rentables que d’autres, tandis que certaines cibles ne sont carrément pas intéressantes (ex : les hôpitaux français qui ont l’interdiction de payer toute rançon).

L’essentiel de l’action de Cyberdéfense est concentré sur des actions de sensibilisation et de prévention auprès des salariés et agents municipaux. Ils disposent d’une très importante base de connaissances qui répertorie toutes les informations sur les groupes et pratiques de hacking (organigrammes, modes opératoires, montants détournés…). Ce qui est bien pratique pour gérer une crise et aborder les négociations avec un minimum de billes…

Si le sujet vous intéresse, je vous recommande de faire un tour sur le site édité par le Gouvernement (cybermalveillance.gouv.fr) et de télécharger la dernière édition du Security Navigator Report : Nombre record de victimes de cyber-extorsion dans le monde, en hausse de 46%.

Sinon, je vous rappelle que le mois d’octobre est traditionnellement dédié à la prévention dans le monde entier (Cybermoi/s 2024 : un mois pour tous devenir #CyberEngagés).

Pour conclure cette partie sur la cyber-sécurité, sachez que l’un des principaux risques (les mots de passe) est en passe d’être maitrisé avec la généralisation de la double authentification, aussi bien pour les particuliers (avec l’utilisation de clés de sécurité sur le smartphone) ou pour les organisations avec des solutions plus complètes comme Okta qui prennent en compte les nombreux services dans le cloud : The War on Passwords Is One Step Closer to Being Over.

Sensibilisation, formation, accès, infrastructures, données, sécurité… Ce n’est qu’une fois que toutes ces conditions sont réunies que le travail de transformation numérique peut réellement débuté, avec à la clé, de profondes mutations économiques et sociales.

Comme expliqué en début d’article, la transformation numérique est un facteur de progrès, un levier de développement économique et social qui favorise l’émergence de nouvelles pratiques et de nouveaux services.

Pour les entreprises et organisations privées, cela se traduit par une plus forte création de valeur (baisse des coûts de production, meilleure réactivité, nouvelles offres, nouvelles cibles…). Pour les collectivités cela se traduit par :

  • Une optimisation de l’exploitation des infrastructures (ex : éclairage) ;
  • Une meilleure gestion des flux (personnes, marchandises, déchets…) ;
  • De nouvelles offres d’accompagnement pour les entreprises (migration vers le cloud, exportation…) ;
  • De nouvelles possibilités pour acteurs institutionnels locaux (ex : associations) ;
  • Des services de proximité pour les individus (jeunes, adultes, séniors)…

Pour que tout ceci fonctionne, il faut des offres d’accès performantes (donc une infrastructure dense et robuste), des activités sécurisées, des données bien gérées, et une volonté d’innovation. D’où le rôle primordial d’Orange dans la transformation numérique des territoires : pour conseiller, accompagner et stimuler les collectivités.

Mais au-delà des problématiques d’accès et d’infrastructure, comprenez bien que la finalité n’est pas de moderniser les services publics (c’est une quête sans fin), mais bel et bien de préparer nos territoires à l’avenir et surtout aux défis auxquels nous serons tous confrontés : Les macro-tendances et grands enjeux qui vont façonner la civilisation numérique du 21e siècle et Du Web4 à la Société 5.0.



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