Laura : Le linking aujourd’hui, notamment en France, c’est largement dominé par l’achat de liens sur des plateformes. C’est quoi tes critères à toi pour définir si un lien est bon et intéressant ? Quels KPI tu regardes ?
Sylvain : Tout lien est bon à prendre, faut bien se mettre en tête qu’il n’y a pas de lien qui pénalise aujourd’hui, c’est relativement rare. Faut pas s’inquiéter des liens qu’on reçoit. Pour choisir ses liens et aller chercher de l’efficacité, on va regarder des liens qui ne sont pas spammés, des sites qui n’ont pas fait plein de liens externes (un article publié = un lien externe). On va faire en sorte d’avoir un site qui vit indépendamment de la vente de liens. C’est difficile, c’est un gros travail en amont. Je ne dis pas que les sites de vente de liens ne fonctionnent pas, mais par contre attention au prix auquel on les achète. Il faut être conscient que ce sont des sites qui vivent pour ça et Google a bien compris qu’un généraliste qui traite de tous les sujets en même temps et qu’il n’y a pas de maillage vraiment cohérent dans le site… Google va le voir. Je ne dis pas que ce ne sont pas des sites intéressants, mais faut les acheter à leur juste prix.
Après ce qui va être intéressant ce sont les sites qui font du trafic, qui ont des beaux liens. Le trafic est important, mais parfois on peut avoir des sites qui n’en font pas mais qui ont d’autres stratégies, on pourra reparler plus tard du PBN. Un site qui fait du trafic, qui a des contenus qui sont quand même riches, pas juste un article de 500 mots, et qui vit indépendamment de la vente de liens, qui se monétise autrement.
Laura : Donc tu vas lire les mentions légales, tu vas analyser le site, c’est quoi les indices sur le site qui vont te dire que lui ne fait pas que vendre de liens ?
Sylvain : Y’a un outil qui est sorti y’a pas très longtemps, qui s’appelle Link Finder, pour comparer les prix sur les plateformes. Quand ils ont sorti ça, je trouvais ça génial parce que ça nous a aidé, on voulait le faire depuis longtemps. Là on est en train de travailler sur l’inverse, c’est-à-dire que si le site n’est pas présent dans leur outil, c’est qu’il ne vend pas de liens ou alors il le fait en direct et donc potentiellement on a un partenaire intéressant à aller chercher. Je pense que les propriétaires de Link Finder m’en voudront pas de parler de ça ! Mais c’est un vrai indicateur, ça veut dire que c’est un site qui ne vit pas par rapport à ça et c’est tentant de le faire parce que tu peux bien gagner ta vie à vendre du lien. Ca ca peut être un critère intéressant parce que tu vas chercher des liens que les autres n’ont pas.
Laura : Cool le tips de trouver des sites qui sont pas sur Link Finder mais du coup, comment tu les trouves s’ils sont pas sur les plateformes de liens ?
Sylvain : On reçoit énormément de sollicitations d’éditeurs pour poser un lien. Des fois c’est assez original parce que c’est pour nous dire que notre site est incroyable et qu’on aimerait bien avoir un article dessus.
On est en train de réfléchir à envoyer des mails en masse, mais qualitatifs : expliquer aux clients le potentiel sur son site à valoriser le site de notre client, la démarche, les prix etc. C’est pas évident, on est en train d’industrialiser la chose.
Aujourd’hui quand tu récupères un client et que t’as un profil de liens existant, la première chose c’est d’essayer d’égaler la concurrence, en allant chercher les liens qu’ils ont déjà. C’est relativement facile parce que s’ils les ont, tu les trouves sur les plateformes alors je vais taper à la porte de l’éditeur directement pour les prix.
Laura : Donc tu vas regarder, avec Seobserver par exemple, les sites où tes concurrents ont un lien et tu vas poser un lien sur ces sites-là ?
Sylvain : Oui, avec notre propre solution. Mais on ne va pas les prendre à l’aveugle. On va refaire une sélection derrière sur le profil de liens de la SERP. Tu as dans le Top10 un nombre de sites qui reviennent régulièrement, qui rentrent dans nos critères, donc eux on va les prendre si ça rentre dans le budget évidemment. Et à partir du moment où on aura un profil qui va égaler la concurrence, c’est là qu’on va aller chercher ces fameux liens que personne n’a. Ca nous laisser le temps d’aller faire cette recherche. Dans le marché du lien positionné, c’est intéressant parce qu’on peut jouer sur un article plutôt qu’un site.
Les liens positionnés c’est un game changer aujourd’hui et faut pas l’oublier, la seule problématique c’est que ça coûte cher, simplement parce qu’une fois qu’il est vendu, théoriquement on peut pas en remettre dessus. C’est différent de faire un lien sur un nouvel article.
Laura : Tu dis ça parce que les plateformes s’engagent à ne pas mettre plusieurs liens sur un même article ?
Sylvain : Oui, par exemple NextLevel qui est l’acteur principal de vente de liens positionnés n’autorise qu’un lien. Après t’as Ereferer qui en propose plusieurs, donc tu peux aller jusqu’à 2, 3, 4 liens éventuellement. Mais si tu commences à avoir un article qui est spammé, il perd de sa puissance et c’est un sujet.