Greenbull a fait de son développement sur plusieurs fronts, sa spécialité. Actif dans l’immobilier, en France et à Dubaï, l’investissement, la formation avec Greenbull Campus, la consommation avec l’enseigne niçoise de hot-dogs Monsieur Albert, celle de burgers de poissons de Père et Fish ou la boutique en ligne de nutrition sportive Yam Nutrition (3,5 M€ de CA) ou encore la communication (Brainlab), le groupe azuréen fondé en 2017 lance une nouvelle filiale : Recordia.
Un manque à combler
Sur la Promenade des Anglais, au même étage que son siège social, 250 m2 de studios dédiés à la création de contenu viennent ainsi d’ouvrir. “Greenbull fait beaucoup de contenus”, explique Axel Hutin, cofondateur dirigeant de Recordia, par ailleurs fondateur de Brainlab, agence niçoise de marketing digital.” Un des associés est un gros youtubeur (Yann Darwin, NDLR) qui a plus d’un million d’abonnés, donc le groupe est familier de l’exercice et il avait besoin de créer du contenu pour ses marques en interne et pour ses formations. Et ce n’est pas simple. Il fallait à chaque fois louer un appartement, ce qui est rapidement onéreux. Les équipes ne sont pas toujours professionnelles et le rendu est parfois un peu hasardeux car on ne contrôle pas toute la chaîne.”
Brainlab, qui a rejoint le groupe fin 2023, a elle aussi besoin de créer des contenus pour ses clients. “Et cela m’est déjà arrivé de devoir aller à Paris par exemple parce qu’il n’y avait pas ici de lieux dédiés.” Du moins, jusqu’à présent. Car ces studios sont ouverts à tous ceux qui, influenceurs ou entrepreneurs, ont besoin d’enregistrer une vidéo, une interview ou un podcast. “Parce que louer un plateau télé ou les Studios de la Victorine n’est pas accessible à tout le monde. Nous nous adressons aussi bien aux chefs d’entreprise du territoire, car aujourd’hui n’importe quelle entreprise a besoin d’être visible sur internet, mais aussi aux médias, créateurs de contenu, aux écoles, artistes, sportifs… à toutes les personnes qui ont une histoire à raconter. Que ce soit pour faire rayonner une marque, une entreprise ou que l’on appelle le personal branding, c’est un sujet assez primordial.”
6,8 milliards de dollars générés
C’est même devenu une économie à part entière, désignée sous le terme de “creator economy”. Selon une étude révélée lors du salon Paris Creator Week en décembre 2024, le marché français de la création de contenu et des influenceurs aurait généré 1,5 million de postes et représenterait un chiffre d’affaires de 6,8 milliards de dollars qui devrait dépasser les 31 milliards de dollars d’ici 2031. Du sérieux donc, qui mérite les outils idoines.
Ainsi, il a fallu quatre mois de travaux et 680 000 euros investis par Recordia pour transformer, aménager et équiper les lieux (caméras cinéma 4K, micros nouvelle génération, insonorisation, éclairage personnalisable…).
Au final, quatre salles, quatre ambiances. Entre un studio très cosy avec canapé et cheminée à vapeur d’eau ou un autre aux allures de club anglais, tout est proposé clé en main. Avec ou sans l’accompagnement d’un opérateur, avec synchronisation, mixage et prémontage selon les options choisies. “Ces studios seront aussi un outil d’adoption pour des entreprises, reprend Axel Hutin. Essentiellement en local, mais aussi à l’international puisque l’aéroport est juste de l’autre côté de la rue. Ce sera mieux de venir tourner sur la Côte d’Azur plutôt que sous la pluie à Paris.”
Autre cible visée : les grands événements. Des discussions ont ainsi été menées avec le Palais des Festivals de Cannes. Et en juin prochain, Nice accueillera la Conférence des Nations unies sur l’Océan. Là encore, Recordia y voit des opportunités “pour organiser tables rondes, émissions ou interviews. Les participants arriveront forcément, en face, à l’aéroport et ce sera bien plus simple que de devoir trouver une chambre d’hôtel à louer une fortune en dernière minute.”