Il a dirigé Têtu pendant six ans sur un projet de relance. Là, il se dit fier d’avoir œuvré en faveur des populations LGBT+ en obtenant de 40 entreprises du CAC 40 et du SBF120 qu’elles s’engagent dans l’inclusion et la diversité, via le programme Têtu Connect. En octobre 2023, le titre de presse est toutefois placé en redressement judiciaire. Il est repris par le groupe SOS et l’association Le Refuge. Hamid Hassani, qui a présenté sans succès une offre de reprise du mensuel, se tourne alors vers So Good, où son cofondateur Loïc Yviquel, coactionnaire du magazine trimestriel aux côtés de Franck Annese et de So Press, lui propose de le rejoindre.
« Je pense qu’on peut faire une presse différente, ultra-diversifiée, avec une marque média et un journalisme de solutions », s’enthousiasme le nouveau président et directeur de la publication, âgé de 43 ans. Son modèle inclut le magazine mais aussi l’audio, un festival à Marseille le 12 septembre et bientôt à Lyon le 26 juin et à Nantes le 19 novembre. Sans oublier un think tank, « Les optimistes en transition » qui regroupe une trentaine d’entreprises, comme Publicis, Pernod Ricard, la Maif, Bonduelle… L’obsession du So Good d’Hassani ? « Toucher des publics éloignés des enjeux sociétaux et de la transition écologique », répond-il.
En clair, au-delà des actifs des grandes villes, il faut avoir un impact en banlieue et en régions en expliquant à tous les publics les vertus de la voiture électrique. Pour cela, le nouveau patron s’inscrit pleinement dans la devise en « trois H » portée depuis quatre ans par So Good : « humain, humour et histoires ». Pour faire de son média un « acteur du changement, catalyseur de solutions concrètes qui ne parle pas qu’aux initiés », Hamid Hassani n’interdit pas de faire rire ou sourire. Ce sont des humoristes stand-uppeurs qui se sont chargés de sensibiliser 300 jeunes des quartiers Nord de Marseille grâce au dernier So Good Festival à la Belle de Mai (Marseille) comptant 4000 à 6000 festivaliers.
De la « commensalité », mêlant alimentation et lien social, aux questions sociales soutenues par la Maif, en passant par le « Bonheur national brut » découvert lors d’une interview du Premier ministre du Bhoutan, le nouveau patron élargit sa gamme. Il s’emploie à développer un baromètre avec OpinionWay sur un nouvel indice de vitalité sociétale. « Si on est heureux, le pays peut être plus performant », justifie-t-il. Né d’un père libanais et d’une mère marocaine, ce diplômé de Sciences Po passé par le lycée de Casablanca, a plongé très tôt dans le chaudron de la communication. À Publicis d’abord, puis à Sponsorise Me, plateforme de crowdfunding pour aider les athlètes préparant les JO de Rio de 2016. Une idée importée par Coca-Cola aux États-Unis et au Royaume-Uni. C’est d’ailleurs à Londres qu’il a rencontré Albin Serviant qui relançait Têtu…