Le tatouage est devenu un véritable phénomène de société ces dix dernières années. Gravé à l’encre indélébile, il peut faire vivre un enfer à celles et ceux qui n’en veulent plus.
Erreur de jeunesse ou fait sur un coup de tête, Fanny Baccaro voit défiler à Nérac et Agen (Lot-et-Garonne) un nombre incalculable de tatoués qui veulent tourner une page qui leur colle à la peau. « C’est devenu un énorme complexe pour certains » constate celle qui a choisi en 2022 de changer de vie pour exercer une activité peu répandue mais en plein essor : le détatouage.
Le détatouage par lumière pulsée
Autrefois assistante maternelle puis active dans le marketing digital, elle s’est formée en 2022 pour se lancer en tant qu’autoentrepreneuse. « J’ai des amis tatoueurs qui m’ont parlé de cette tendance pour le détatouage » explique Fanny, elle-même passionnée par les tattoos.
Depuis qu’elle exerce, elle croule sous les demandes, mais aussi les questions. « Quand on parle de détatouage, les gens ont l’image du laser qui fait mal et qui coûte cher » détaille cette professionnelle qui utilise une technologie récente et moins invasive que le laser : la lumière pulsée. Cette méthode permet, grâce à des ondes de chaleur, de fragmenter l’encre dans la peau sans provoquer les effets secondaires classiques du laser, comme les brûlures ou cicatrices blanches.
Une méthode qui lui permet aussi d’intervenir dans des projets de recouvrement, en atténuant les anciens tatouages pour permettre de nouveaux dessins.
Des tatouages devenus indésirables
Derrière chaque demande, une histoire. Certaines touchantes, d’autres plus légères. Fanny qui se remémore l’exemple d’un jeune homme qui s’était fait tatouer un symbole pas vraiment flatteur au niveau de la main après une soirée entre copains. « Il avait un entretien d’embauche, et autant dire que c’était impossible pour lui de le dissimuler » sourit Fanny.
Une insouciance amplifiée par les conventions de tatouages qui se sont multipliées. Là-bas, pas besoin de prendre rendez-vous. Il est possible de se faire tatouer directement sur place un « flash » autrement dit des petits tatouages choisis sur un catalogue par esthétique. Un phénomène qui séduit notamment les jeunes. « Plus le tatouage est récent, plus il est difficile à faire disparaître » prévient Fanny.
Beaucoup se font tatouer sur un coup de tête, puis regrettent.
Pour d’autres, les tatouages pourtant réfléchis mais fait en commun comme les dates, des prénoms ou des initiales peuvent tourner au cauchemar. C’est le cas d’une de ses clientes.
Elle avait le prénom de son ex sur l’omoplate. Depuis des années elle ne mettait plus de débardeurs et ça avait un énorme impact sur sa vie.
De quoi voir en Fanny un véritable messie. « Je ne m’attaque pas à un travail artistique, j’aide quelqu’un à aller mieux. »
« Je ne vends pas du rêve »
Mais détatouer n’est pas anodin. « Je ne vends pas du rêve », prévient-elle. Chaque projet commence par un entretien pour évaluer la faisabilité. Selon l’encre, l’emplacement, la densité du tatouage, le nombre de séances varie fortement, rarement moins d’une dizaine. Le tarif, lui aussi, dépend de la taille du tatouage : de 30 € à plus de 200 € la séance. Un coût important, mais encore plus accessible que le laser, selon elle. Pour rassurer, elle propose des « flashs test », sorte d’échantillon de traitement sur une petite zone.
Malgré la demande, Fanny n’envisage pas d’ouvrir un cabinet. Elle partage son activité entre Nérac, à l’institut de beauté Or’Ange, les lundis et mardis, et à Agen du mercredi au samedi, au salon « Derrière La Tour », 18 rue Voltaire.
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