Plus de 90 imams, érudits et organisations musulmanes aux États-Unis ont exhorté les pays à majorité musulmane à prendre « des mesures immédiates et concrètes » pour mettre fin au génocide en cours à Gaza. Leur appel vise notamment les États arabes, priés de rompre leurs relations avec Israël, d’imposer des embargos sur le pétrole et le gaz, de bloquer leur espace aérien aux opérations israéliennes et d’ouvrir les frontières, comme celle de Rafah, à l’aide humanitaire. « La politique du “business as usual” dans les affaires internationales ne fonctionne tout simplement pas. Nous pensons que les gouvernements des pays à majorité musulmane ne devraient pas attendre que la “communauté internationale” se dote d’une conscience », affirment-ils.
Les signataires, parmi lesquels le Council on American-Islamic Relations (CAIR) et l’Islamic Society of North America, estiment que l’Oumma a une responsabilité particulière face aux « politiques ouvertement racistes et islamophobes » d’Israël. L’appel intervient alors que le ministère de la Santé de Gaza fait état de plus de 61 000 Palestiniens tués, dont un tiers d’enfants, depuis octobre 2023, dans ce que les signataires qualifient de campagne génocidaire menée par Israël.
Des leaders juifs progressistes aux États-Unis, notamment de l’Union for Reform Judaism, ont également exhorté Israël à « choisir la vie » en mettant fin à cette guerre d’anéantissement, appelant à protéger à la fois les otages, les soldats israéliens et les civils palestiniens. Cette prise de position illustre un tournant : une partie croissante des voix religieuses américaines, musulmanes comme juives, nomme désormais clairement les massacres à Gaza comme un génocide. En ciblant directement les gouvernements musulmans, les signataires mettent en lumière le fossé entre la colère populaire face à cette tragédie et l’inaction persistante de nombreux États arabes liés à Israël par des accords économiques ou sécuritaires.