Le métier de community manager a été bouleversé avec l’arrivée de l’IA générative, c’est à la fois une menace et une opportunité pour les nouveaux community managers ou ceux qui vont se former au community management dans le futur.
Côté menace, c’est surtout la suppression des emplois d’alternants avec les fonctions d’automatisation des tâches simples, voire complexes !
Par exemple, un des premiers impacts de l’IA générative a été la diminution drastique de la rédaction SEO “low cost” qui était réalisée par des rédacteurs SEO ou des alternants, ou encore toutes les fonctions de transcription de vidéos.
Le côté positif, c’est que l’IA ouvre de nouvelles possibilités aux community managers avec la facilitation de la création de contenus plus évolués ou plus complexes.
Cela peut être des vidéos, des infographies, des dessins, des traductions… ou même des applications complètes grâce au vibe coding (réalisation de programmes sans coder, uniquement via des prompts et des cahiers des charges).
Des barrières à l’entrée ont aussi été totalement supprimées comme la correction de textes avec la vérification via l’IA, l’usage du copywriting…
Avec ces nouvelles opportunités, les étudiants qui veulent devenir community managers peuvent concurrencer les community managers seniors, en particulier si ces derniers n’ont pas pris le virage de l’IA dans leur métier ou s’ils n’ont pas déjà une communauté fidèle pour les soutenir.
Pour cela, il est indispensable pour les nouveaux community managers de se former à l’IA, et de continuer à se former en permanence avec l’arrivée de nouveaux outils d’IA..
C’est pourquoi, les formations au community management, du master au bachelor marketing digitale, en passant les spécialisations de graphisme, doivent apprendre à maîtriser l’IA, en plus des outils classiques (photoshop, Hootsuite, SEMrush, WordPress…).
En effet, les outils ne se remplacent pas totalement les uns des autres, ils se complètent.
Pour les jeunes diplômés, c’est un réel avantage concurrentiel : ils peuvent montrer à leurs entreprises comment faire mieux et plus vite des tâches, mais surtout, qu’ils peuvent introduire de nouvelles manières de travailler ou de nouvelles stratégies.
C’est justement ce que nous allons voir dans ce dossier, comment l’IA générative peut aider les jeunes diplômés en marketing numérique (bachelor marketing digitale, master stratégie digitale, alternance en community management…) à prouver leur valeur ajoutée dans un marketing bouleversé par l’IA !
1 – Produire plus ou moins de contenus avec l’IA ?

Avec l’IA générative, la production de contenus n’est plus un problème.
Auparavant, c’était un véritable atout pour les community managers seniors qui maîtrisaient les outils (Photoshop, Premiere, Illustrator…), qui travaillent vite, qui maîtrisent l’expertise d’une thématique…
Désormais, un Community Manager débutant crée des contenus proches de ce que pourrait faire un professionnel.
Avec l’IA, générer des idées de posts Linkedin ou Instagram prend quelques secondes, avec une bonne qualité.
Cependant, ce contenu “basique” qui était largement suffisant il y a quelques années, ne suffit plus.
Avec la production de contenus en masse le reach (la visibilité naturelle des publications) s’est effondrée.
Les algorithmes des réseaux sociaux (Instagram, TikTok, LinkedIn) poussent en priorité l’engagement sur la quantité (tout en luttant contre le faux engagement, comme les pods).
Les jeunes CM doivent trouver le juste milieu : utiliser l’IA pour gagner du temps tout en créant des contenus uniques et à valeur ajoutée qui reflètent l’identité de la marque.
Pour cela, il existe de nombreux outils :
- Pour l’écriture, les IA généralistes comme Chat GPT, Gemini ou Grok sont très puissantes, ou des IA spécialisées dans l’écriture (Jasper, Writesonic…),
- Pour la réalisation d’images Google Banana Nano, ChatGPT, Leonardo, Midjourney…
- Pour les illustrations Napkin.ai, ChatGPT…
- Pour la production de vidéos il y a Google Veo3, Flux 1 ai, Sora…
- Pour la création de musiques avec Udio et Suno.
- …
La qualité des contenus est vraiment étonnante, même lorsque l’on est un expert dans un domaine… à condition d’avoir le bon prompt et de choisir la bonne IA.
Par exemple, pour la création de textes, Grok est vraiment très puissant pour produire des résumés de vidéos.
Il suffit de prendre la transcription Youtube d’une vidéo, et de demander à Grok et Gemini un résumé détaillé, ou un article de blog.
Pour la réalisation d’articles de blog d’expertise “avancé”, Grok ou Gemini a encore comme limite de ne pas proposer des exemples concrets et de rester très généraliste.
Il faut donc toujours compléter par des informations à valeur ajoutée comme exemples des interviews avec des clients, des échanges avec les experts de l’entreprise (commerciaux, avant vente…), le visionnage de webinaires…
C’est justement là que se joue toute la différence : apporter ce petit plus qui fera que l’internaute restera un peu plus longtemps sur le site web (ce qui prouvera à Google la pertinence du contenu).
Ce que vous devez faire, c’est d’utiliser l’IA pour générer des idées brutes, puis personnalisez-les avec des anecdotes, des exemples métiers ou des références de votre audience afin d’apporter de la valeur ajoutée et de l’authenticité.
2 – L’augmentation de qualité moyenne des contenus grâce à l’IA

L’IA a permis d’améliorer fortement la qualité moyenne des contenus, et donc les exigences des internautes.
Produire une publication texte avec une image ne suffit plus. Avec l’IA, tout le monde est capable de produire un texte et une image avec un minimum de qualité.
L’IA a mis fin à l’ère des contenus médiocres.
Pour qu’un internaute like, commente ou partage une publication, il faut déclencher des émotions et apporter suffisamment de valeur ajoutée.

Cela peut se faire via
- Un point de vue tranché.
- Une grosse valeur ajoutée.
- Un bon design graphique.
Par exemple, sur Linkedin, le format caroussel et les vidéos sont ceux qui déclenchent le plus d’intérêt, mais qui sont aussi les plus longs à produire.
Pour un article de blog, je passe toujours entre 2 heures et 4 heures, mais je m’appuie aussi sur l’IA pour apporter plus de valeur ajoutée :
- Rédaction de définitions, qui sont souvent plus adaptée avec l’IA
- Ajout d’exemples que je personnalise
- Production d’illustrations et de schémas
- …
Les IA sont tellement puissantes, que l’on peut s’inspirer d’une image existante pour en faire une nouvelle version différente adaptée à ses idées.
Voici un exemple, j’ai pris une image d’un illustrateur :

Voici le prompt demandé à ChatGPT :

Ce premier prompt n’était pas assez précis, ChatGPT n’a pas eu assez d’informations pour bien copier l’image et l’adapter à mon besoin :

Avec une adaptation, voici le résultat final :

Important : s’il est possible de faire quelque chose avec l’IA, cela ne veut pas dire que l’on doit le faire… Il y a à la fois des limites juridiques, mais déontologiques. Dans mon exemple, j’ai copié une image, et je m’en suis totalement éloigné mais j’aurais même dû apporter plus de valeur par exemple en indiquant en légende “Avec l’IA vous ne devez pas simplement copier ce qui fonctionne, vous devez créer votre propre style afin qu’il résonne dans l’esprit de vos prospects”.
3 – Vers plus de personnalisation des contenus?

La maîtrise de l’IA permet de créer des contenus beaucoup plus personnalisés et moins génériques et généralistes.
Par exemple, pour une matinale dédiée au secteur transport / logistique / eau / logistique, nous avions créé un emailing pour la matinale pour les 4 secteurs en même temps… mais avec des résultats moyens.
Nous avons alors réalisé avec l’aide de l’IA 4 emailings sur chacun des secteurs, en reprenant les éléments clés des interventions des participants.
Ce qui aurait pris au moins une demi-journée, a pris moins de deux heures… soit un temps de production divisé par deux.

4 – Changer la manière de travailler en innovant grâce à l’IA

L’IA permet aussi aux community managers de faire plus vite des actions qui étaient impossibles à faire auparavant, en particulier la réutilisation des contenus en omnicanal.
Par exemple, à partir d’un contenu long, par exemple une interview vidéo de 60 minutes au format 16:9, cela prend quelques minutes :
- Réaliser des shorts de 30 secondes à 5 minutes en format 9:16 avec un sous-titrage automatique grâce à Opus Clip.
- Ecrire un article de blog très complet à partir de la transcription vidéo grâce à Gemini et Grok.
- Produire un texte pour une série de publications Linkedin avec ChatGPT.
- Créer des illustrations et schémas à partir des process et étapes du texte avec Napkin.ai.
- Générer un texte pour un emailing avec Chat GPT.
Ces actions auraient pris des heures s’il avait avait fallu les réaliser manuellement, mais avec l’IA et les bons outils, c’est bien plus rapide.

Vous pouvez aussi faire l’inverse, et à partir d’une publication qui a bien fonctionné sur Linkedin, vous pouvez réaliser un article de blog, en enrichissant la publication avec des textes IA et des exemples supplémentaires.

Les outils d’IA offrent de nouvelles possibilités d’actions, qui n’étaient pas possibles auparavant.
Voici ci dessous quelques exemples :
- Récupérer des emails à partir d’un annuaire public de personnes, via un simple copié collé de toutes les pages en vrai dans un fichier texte.
- Sectorisation automatique d’une liste d’entreprises à partir d’un référentiel de secteurs.
- Identification à partir des adresses emails des noms des entreprises et de leur catégorisation par secteur.
- Analyse d’une base email afin de vérifier si les majuscules / minuscules sont corrects, valider qu’il n’y a pas d’inversion entre noms et prénoms ou les erreurs de saisie.
- Capture des noms, prénoms, fonctions et sociétés à partir d’une capture écran.
- Extraire les emails à partir d’une image.
- …

Toutes ces actions étaient auparavant difficiles à mettre en place automatiquement.
5 – L’IA pour compenser les difficultés en rédaction… voire pour les améliorer !

Depuis plusieurs années, je ne peux que constater une baisse moyenne du niveau en orthographe de mes étudiants, même en master de marketing.
C’est lié à un enseignement initial qui est plus large (plus de matières), mais aussi moins de rédaction écrite (photocopies, mots à trous…).
Heureusement, l’IA permet de compenser ces problèmes avec la vérification de texte, voire la reformulation de formulations, voire des phrases en entier.
A l’inverse, l’IA permet d’acquérir plus facilement de nouvelles compétences, en particulier le copywriting.
Avant l’IA, durant mes cours, j’enseignais les bases de copywriting, avec pour objectif d’apprendre à transformer des caractéristiques en bénéfices…
Désormais, avec l’IA, il est possible d’appliquer aux textes, aux publications… les techniques de copywriting en un clic.
Par exemple, vous pouvez demander à ChatGPT de ré-écrire un emailing en utilisant le format AIDA, PAS, PAPA…
Cette compétence nécessitait auparavant des compétences, désormais, le niveau “basique” est à la portée de tous.
En revanche, cela ne veut pas dire que c’est parfait… Il est toujours nécessaire d’apporter de la valeur ajoutée, de s’adapter aux produits de l’entreprise…
6 – Créer des expériences interactives avec l’IA pour améliorer l’engagement

Les contenus classiques (textes, images…) ont moins de succès avec les jeunes générations qui ont moins de patience et qui ont été biberonnées avec les smartphones.
L’IA permet de créer des contenus plus ludiques et plus interactifs, comme des quiz en ligne ou un mode conversationnel avec des chatbots personnalisés ou des stories interactives.
Avec des outils comme ManyChat ou Chatfuel, vous pouvez de concevoir des discussions sur Instagram ou WhatsApp.
Et avec Bolt, Bubble ou même Canva, vous pouvez créer des mini applications.
Ces formats captent plus l’attention que des images et des vidéos, et augmentent l’engagement des internautes.
Les community managers peuvent ainsi créer des campagnes originales qui sortent du lot, même avec un budget limité.
En conclusion, l’IA est un véritable avantage pour les community managers débutants

Les community managers débutants ont la chance de ne pas avoir tout l’historique d’un senior, et de fait ils peuvent prendre des raccourcis, utiliser de nouveaux outils…
Cependant, cela nécessite d’avoir une formation en marketing digitale qui comprend à la fois d’apprendre à utiliser les outils classiques, mais aussi l’intelligence artificielle.
La bonne nouvelle, c’est que l’intelligence artificielle ne nécessite pas forcément un investissement en temps énorme, la plupart des outils étant simples d’utilisation, et donc la formation en community management n’a pas besoin d’être beaucoup plus long, mais plutôt d’avoir un programme adapté qui présente à la fois les outils classiques et les outils IA.
En revanche, un community manager débutant doit faire attention aux erreurs, hallucinations… de l’IA, qui certes arrivent moins souvent, mais qui sont encore fréquentes.
Par exemple, lors d’un traitement de fichier prospects, l’IA a traité des données, mais elle a oublié des données ! Heureusement j’ai vérifié le volume à importer.
De même, l’IA n’est pas fiable à 100%, par exemple, lors du classement automatique des sociétés en secteur d’activité, 90% des tris étaient corrects, mais 10% étaient erronés.
Un community manager doit toujours vérifier ses informations, par exemple la véracité des informations (études, chiffres…) cités par l’IA.
Enfin, au-delà de la formation en marketing digital, il est important de se former en continu, l’IA évoluant très vite, avec de nouveaux outils et stratégies chaque mois !
6 semaines pour se remettre à niveau avec l’IA pour les Community Managers débutants

Que vous soyez en cours de formation en marketing digital, ou déjà un expert, voici un mini programme de formation à l’IA pour les Community Managers, bachelor marketing digitale, marketing en marketing… avec quelques actions à mener chaque jour (maxi 1 heure par jour).
Semaine 1 — Les bases de l’intelligence artificielle généraliste.
Objectif : comprendre les fondamentaux, tester les premiers prompts, commencer à gagner du temps, puis produire du contenu plus impactant.
Jour 1 : Le prompt. Reprendre les bases du prompt en mode itératif (poser une question avec la structure contexte + objectif + format + contrainte, puis itérer), ou le prompt complet dès le départ. Demander à l’IA des conseils pour améliorer un prompt et le tester.
Jour 2 : Premiers prompts sur la création de textes. Générer 3 posts LinkedIn sur un même sujet, mais avec des tons différents (pro, fun, storytelling), utiliser les différentes structures de copywriting (PAS, Pastor, AIDA…). Demander à l’IA de réduire le texte en 100 mots et en format 160 caractères avec une punchline.
Jour 3 : Résumés de vidéos et correction de texte. Prendre une vidéo Youtube (webinaire…), et demander à l’IA d’un faire un résumé pour un article de blog. Modifier l’article de blog pour ajouter des exemples, des conseils… Demander ensuite à ChatGPT de relire et de corriger les fautes.
Jour 4 : Demander à l’IA de générer des “hooks” (accroches) différentes afin de rendre les publications plus impactantes.
Jour 5 : Créer un mini calendrier éditorial 2 semaines (10 posts) avec IA, et trouver des idées intéressantes, puis les programmer.
Semaine 2 — Texte et copywriting IA
Objectif :
Jour 6 : Transformer une publication Linkedin courte en un article de blog, puis le faire corriger. Ajouter des définitions, des concepts…
Jour 7 : Demander à l’IA (Gemini, Grok…) d’écrire un résumé d’un livre connu que vous avez déjà lu, puis d’en faire une publication Linkedin.
Jour 8 : Demander à l’IA de créer un script TikTok puis tournez une vidéo face caméra en présentant ce livre à la main.
Jour 9 : Prendre un post LinkedIn existant et générer des images avec chatGPT ou Gémini.
Jour 10 : Générer une infographie à partir d’une étude avec ChatGPT, puis corrigez là manuellement avec Photosop.
Semaine 3 — Images & visuels générés par IA
Objectif : apprendre à générer des images cohérentes avec une identité de marque.
Jour 11 : Découverte Gemini Nano Banana, Mistral et ChatGPT pour créer des images. Demander à l’IA de générer le prompt à partir d’une idée.
Jour 12 : Générer une série d’images à partir d’une même image pour réaliser un carrousel.
Jour 13 : Prendre un modèle Canva de carrousel et intégrer les visuels..
Jour 14 : Utiliser Napkin pour réaliser des schémas à partir d’un texte.
Jour 15 : Réaliser une image de type BD à partir d’une idée.
Semaine 4 — Vidéo, audio & multimédia via l’IA
Objectif : maîtriser la vidéo courte
Jour 16 : Découverte des outils comme Pika Labs et Opus Clip pour générer des vidéos optimisées pour Tiktok et Youtube Shorts
Jour 17 : Prendre une vidéo Youtube et en faire une vidéo courte.
Jour 18 : Gérer une musique à partir de Suno ou Udio.
Jour 19 : Créer un script vidéo avec ChatGPT à partir d’un texte.
Jour 20 : + générer une vidéo avec Veo3 ou Sora ou Kling…
Semaine 5 — Emailing et IA
Objectif : créer du contenu ciblé, gagner du temps sur l’opérationnel.
Jour 21 : Générer 3 emails adaptés à 3 personas / secteurs à partir d’un article de blog ou une page produit.
Jour 22 : Générer 30 titres pour l’emailing avec Deepseek
Jour 23 : Générer 5 visuels pour l’emailing (bannières, illustrations…).
Jour 24 : Améliorer la qualité de la base de données (prénoms, emails erronés, majuscule…)
Jour 25 : Lancer l’A/B testing de l’email et analyser les résultats.
Semaine 6 — IA avancée pour le community management
Objectif : aller plus loin dans l’usage des outils IA
Jour 26 : Tester des IA de veille, comme Perplexity et comparer avec les IA comme ChatGPT.
Jour 27 : Gérer un mini site avec Canva ou Bolt pour faire un quiz en ligne.
Jour 28 : Reprendre une publication qui a bien fonctionné dans votre secteur d’activité, et demandez à l’IA de l’imiter, puis faites différemment afin de l’adapter à votre entreprise.
Jour 29 : Utiliser Eleven Labs ou Google Notebook LM pour générer une voix à partir d’un article de blog.
Jour 30 : Générer une vidéo d’une minute entièrement avec l’IA avec des B-rolls ou des animations avec Opus clip, et une voix off.
