Dans le budget rentrée de Krys, 49 ans : « Je me méfie des listes farfelues de fournitures scolaires »


Identité bancaire :

– Krys, 49 ans, freelance dans le marketing digital

– Vit avec son concubin et leur fille de 15 ans

– Salaire entre 2 500 et 5 000 euros par mois

– 500 euros de dépenses professionnelles mensuelles

– Environ 1 700 euros de dépenses mensuelles personnelles

« Pour la rentrée, je n’hésite pas à poser des questions précises aux professeurs pour savoir ce qu’ils veulent comme fournitures, je me méfie de leurs délires et des listes farfelues. L’année dernière, j’ai dû acheter 60 copies doubles, jaunes précisément. Pour en trouver, j’ai dû acheter par lot des feuilles de couleurs multicolores pour finalement apprendre qu’ils ne les avaient pas utilisées de l’année. Du coup, ça servira de feuilles de brouillon… Ma fille rentre en première. Comme les élèves deviennent plus indépendants, les profs leur disent de prendre ce qui les arrange.

Elle voulait donc des cahiers pour ses spécialités. Pour les courses de la rentrée, je vais chez Auchan parce que c’est moins cher. À chaque rentrée, j’achète un gros stock de feuilles car je vois vraiment la différence de prix entre les promotions de la rentrée et le plein à refaire en janvier. Pour les cahiers et les feuilles, je privilégie les marques comme Oxford ou Clairefontaine qui sont de bonne qualité et tiennent plus longtemps, c’est plus agréable pour travailler. Il faut compter environ 6,50 euros pour un cahier quand même. Pour la colle ou le blanco, je choisis la marque distributeur, beaucoup plus accessible. Ma fille s’en fiche d’avoir de la marque pour ce genre de choses. On a recyclé les lutins en changeant juste les étiquettes.

S’entraider entre mamans

Sur Whatsapp, je fais partie d’un groupe de mamans du même lycée privé de ma fille. Ce n’est pas forcément économique mais c’est surtout un gain de temps énorme pour vendre les anciens livres d’école ou racheter l’uniforme la taille au-dessus. Ça n’encombre pas la chambre de ma fille et ça aide une autre maman. L’uniforme facilite les courses pour les vêtements puisqu’elle doit porter un polo et un sweat trois jours par semaine. J’ai tout acheté en trois exemplaires pour qu’elle tourne dans la semaine. Pour les maillots de bain de l’été, je profite des soldes de fin de saison pour lui en prendre plusieurs pour l’année suivante.

Coté chaussures, on fait la même pointure, quand il lui manque quelque chose, elle peut se servir dans mon placard. Sinon, c’est direction Décathlon pour les baskets. Je ne choisis pas les premiers prix, mais pas le modèle à 150 euros non plus

Adolescents et argent de poche : entre autonomie et responsabilités

Maintenant qu’elle a grandi, elle fait plus attention mais il y a quelques années, les baskets duraient 6 mois… Cela fait trois ans qu’elle a sa carte bancaire avec un compte géré via une application qui l’accompagne dans ses dépenses et son épargne. En général, son argent de poche part dans les cosmétiques : elle peut économiser longtemps pour s’acheter une crème chère, de bonne qualité. Alors que pour les fringues, c’est plutôt H&M.

On lui donne 50 euros par semaine pour déjeuner à l’extérieur car il n’y a pas de cantine dans son établissement. Et en fonction de ses résultats scolaires, elle a un bonus après le conseil de classe à chaque trimestre. C’est 50 euros pour les encouragements, 100 pour les compliments et 150 pour les félicitations. Je sais que j’achète la paie sociale mais depuis la 4ème, elle a toujours ramené une mention. J’assume ! Son père était contre mais quand il voit ses résultats, il ne dit plus rien. En 4ème, elle avait 11/12 de moyenne mais on sentait qu’elle pouvait flancher. C’était le mauvais moment de sa crise d’ado. Depuis, elle prend ses responsabilités, cette histoire l’a fait mûrir et réalisé que les bonnes notes étaient pour elle, pas pour nous.

Vie de freelance et organisation familiale

En tant que freelance, mon salaire peut vraiment passer du coq à l’âne mais la fourchette varie entre 2 500 et 5 000 euros par mois. Nous avons un compte commun sur lequel passent les courses alimentaires, le crédit pour notre appartement, toutes les dépenses liées à notre fille comme l’école privée, ses loisirs et le médical et aussi une partie du budget des vacances. Je dépense aussi environ 500 euros par mois pour mon travail entre les différents abonnements aux outils digitaux, ma place dans un coworking et mon scooter qui est comme ma deuxième maison…

Côté perso, je fais 6 heures de sport par semaine pour environ 200 euros par mois. Pour l’alimentation familiale, c’est un peu difficile à chiffrer, je paye avec mon compte ou parfois avec le compte commun. De temps en temps, j’offre un petit cadeau à ma fille, une manucure ou une petite fringue. Je porte pas mal de seconde main, ma fille aussi de plus en plus. Il y a quelques ressourceries à côté de chez moi que j’adore aller voir. En tout cas, j’essaie de lui faire comprendre que l’argent ne pousse pas comme ça, au contraire de ce que les vidéos Tiktok peuvent faire croire.

Anticiper l’avenir

En fait, avant d’être freelance, j’avais un poste salarié, que j’ai dû quitter quand ma mère est tombée malade. J’avais réussi à négocier une rupture conventionnelle, ce qui m’a permis de me laisser le temps de l’installer et de devenir freelance. J’ai dû réorganiser son appartement en PMR en avançant des sous mais heureusement, elle avait de l’argent de côté. J’ai été aidante pendant 5 ans pour l’accompagner dans sa maladie, jusqu’à ce qu’elle décède en février dernier.

Cela n’a pas impacté notre vie familiale côté sous parce que j’avais mis de l’argent de côté. Même si nos vacances étaient différentes ces dernières années. Dans ma famille, nous avons vraiment la culture de l’épargne. J’ai toujours mis de côté au cas où. J’ai une assurance-vie, ouverte avant mes 20 ans. On sait pas ce que l’avenir nous réserve, la preuve avec ma mère. Pourtant mes parents ne parlaient pas trop d’argent. Mes grands-parents avaient investi dans l’immobilier après la guerre, pendant la période du plein emploi, alors que personne n’en parlait. Tout leur entourage se moquait d’eux. Quand ils sont décédés, il y avait du patrimoine à transmettre. Dans ma famille, tout le monde est bosseur, tout en sachant profiter des plaisirs de la vie. En tout cas, des bosseurs qui travaillent pour se faire plaisir. Je viens de signer la succession de ma maman, je vais voir comment en transmettre à ma fille l’année prochaine. J’attends le seuil des 51 ans car je serai moins taxée à cet âge-là.

Varier les styles de vacances

Quand nous partons en vacances, nous essayons de varier les styles. Comme les années précédentes, nous n’étions pas parties avec ma fille, cet été, je l’ai emmené au Club Med. En juin, il y avait moins 15 ou 20 %, cela nous a coûté 3 000 euros pour deux. C’est des vacances faciles, pour faire du sport et pour se faire des amis pour une ado. Ensuite, nous sommes allées en Crète, dans un club également mais moins cher. C’était environ 2 000 euros la semaine à deux. Et enfin, nous sommes partis tous les trois, dans une maison en Bretagne, louée avec des amis.

Maintenant, on évoque les prix de la vie avec notre fille. Puisqu’elle étudie l’économie, on parle plus d’argent, pour qu’elle se rende compte de ce que c’est. Que tout a une conséquence. D’autant qu’elle a fait son stage de troisième dans un salon de coiffure où il fallait tout faire, et son stage de seconde dans un bistrot avec la cuisine, la salle… Elle a réalisé que c’est d’avoir un business avec l’achat de la matière première, les marges, en parlant avec la réalité des chefs d’entreprise aussi. »



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