Étude de marché, prévisionnel, choix du statut, marketing digital, démarchage des banques… Le marathon de formalités dans lequel doivent se lancer les porteurs de projets avant de créer ou de reprendre une entreprise aurait de quoi faire jeter l’éponge. « C’est un sujet compliqué, confirme François Lafitte, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Landes. C’est de l’humain, de l’organisation et de la technique. »
Pour faciliter la tâche aux entrepreneurs landais, la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) et la CCI ont décidé de faire équipe et de jouer groupées en croisant leurs actions et compétences. Depuis vingt-sept ans, elles organisent conjointement le salon Entreprendre dans les Landes : un événement qui tient le rôle de « facilitateur » en mettant face à face porteurs de projets et experts juridiques, financiers ou comptables. Objectif : apporter une réponse à chaque question, pour « transformer une idée en entreprise viable », résume Patrice Lartigue, président de la CMA. Trois ateliers thématiques de 20 à 30 minutes seront notamment proposés sur le financement, la partie juridique (en particulier le choix du statut) et le marketing digital.
Cette année, le salon prend la forme de deux rendez-vous de 13 à 17 heures, les 30 septembre au Splendid à Dax et le 2 octobre à l’Auberge landaise à Mont-de-Marsan. Une vitrine de l’action menée par les deux Chambres tout le reste de l’année. Et les chiffres font dire à François Lafitte qu’elle porte ses fruits. « Dans les Landes, on a plus de créations que de disparitions, souligne le président de la CCI. Les entreprises landaises ont un taux de survie de 81 %, cinq ans après leur création, ce qui est plus que la moyenne nationale. On a des installations qui tiennent la route, c’est dû aussi au fait qu’il y a un bon travail autour. L’accompagnement est sérieux. »
« Vague à l’âme »
Un bémol, cependant, en 2025 : la belle dynamique de 2024, année durant laquelle 6 676 entreprises ont été créées – dont 4 436 microsociétés – (+ 8 % par rapport à 2023), ne s’est pas maintenue cette année. « On est sur une période de vague à l’âme, ce n’est pas aussi punchy que l’an dernier, note François Lafitte. Pour le moment, on est à -9 %. La création d’entreprise est un sujet saisonnier, qui suit le contexte économique général global. »
D’où l’importance de rassurer les futurs entrepreneurs. Aude Joannis et Laurence Serrigny, qui ont ouvert il y a un an la cave sans alcool et épicerie fine Velours, à Mont-de-Marsan, peuvent en témoigner. « Dès le début, notre projet a été bien cadré et on a été alertées sur tout un tas de choses, estime Aude Joannis. On avait mesuré les risques de notre côté, mais on a été accompagnées. Aujourd’hui, on a 1 an et on espère qu’il y aura beaucoup d’autres anniversaires. »
Même pour des femmes entrepreneures comme elles, qui ont déjà « roulé leur bosse », « le salon est un facilitateur, enchaîne Laurence Serrigny. Il donne une vision à 360 degrés de ce qu’est l’entrepreneuriat, quel que soit le statut que l’on choisit. Ça permet de conforter son engagement dans le projet ou d’affiner les choses. L’entrepreneuriat est une aventure formidable, mais tout le monde n’est pas fait pour ça. Ce salon permet de voir les difficultés qui nous attendent. Ce qui est génial aussi, c’est qu’on rencontre d’autres personnes qui sont dans notre situation. On partage les questionnements. »
Plusieurs entrepreneurs seront d’ailleurs amenés à raconter leur parcours, histoire de rassurer et d’inspirer les autres, même ceux qui sont déjà lancés. « Il peut y avoir des moments où ils ont besoin de se remettre en perspective, reprend François Lafitte. Le salon est aussi fait pour des gens qui ont une capacité à se remettre au goût du jour des évolutions réglementaires. »
Quant aux repreneurs, ils doivent faire face à des problématiques différentes. « Les sujets ne sont pas tout à fait les mêmes. Il faut les aborder avec des professionnels et voir les risques juridiques et financiers », reprend François Lafitte.
Ce dont peut également témoigner Julie Iciaga, taxi à Mont-de-Marsan depuis octobre 2024. Salariée de 2019 à 2022, elle a ensuite été locataire de deux autorisations de stationnement à Billère et Villefranque (Pyrénées-Atlantiques), avant d’avoir l’opportunité d’en racheter une dans la ville préfecture des Landes. Elle appartient au groupement Allô taxi montois. « Ça n’a pas été de tout repos, confie-t-elle. J’ai sollicité la Chambre de métiers, qui m’a beaucoup aidée. Il y a eu un accompagnement pour le prévisionnel : j’avais 180 000 euros d’investissement à faire pour lancer le fonds de commerce. Le fait d’avoir commencé comme indépendante a beaucoup joué, cela montre qu’on a envie de réussir, surtout auprès des banques. Mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, il faut montrer qu’on continue et qu’on se bat. »