Avant de produire le moindre contenu sur un site, il est nécessaire de comprendre ce qui intéresse vos visiteurs, et avec quels mots ils en parlent. L’audit sémantique lexical (ou étude de mots-clés) sert précisément à ça : transformer une donnée brute (des termes de recherche tapés par les internautes) en un langage commun entre une marque, une audience et des moteurs de recherche.
Concrètement, il s’agit de la première étape d’un audit sémantique complet. Cette phase consiste à comprendre comment les internautes formulent leurs besoins autour d’un sujet, à identifier les champs lexicaux dominants, les intentions de recherche sous-jacentes et les opportunités de contenu à fort potentiel. Autrement dit, on cherche à répondre à une question simple : de quoi parle-t-on vraiment quand les gens tapent ces requêtes ?
Au-delà des chiffres et des volumes de recherche, l’audit lexical est un outil de pilotage stratégique. Il aide à cerner ce qui anime réellement l’internaute (ses besoins, ses questions, ses inquiétudes, parfois même ses émotions) et à comprendre avec quels mots il exprime tout ça. C’est cette connaissance fine du langage utilisateur qui permet ensuite d’adopter le bon ton, le bon angle et le bon format sur l’ensemble de vos contenus.
Dans cet article, je vous propose une méthode claire pour mener une étude de mots-clés de A à Z : où trouver les données, comment les structurer, les interpréter et en tirer une feuille de route éditoriale exploitable.
De l’étude de mots-clés à l’analyse sémantique stratégique
Pendant longtemps, l’étude de mots-clés en SEO s’est limitée à une approche volumétrique : on listait les requêtes les plus recherchées, on triait par volume, puis on décidait sur quels sujets écrire. Mais cette approche, purement quantitative, a depuis plusieurs années déjà montré ses limites.
Les moteurs de recherche – et plus encore les IA génératives (ChatGPT, Gemini, etc) – ne se contentent plus de mots isolés. Ils interprètent les relations sémantiques entre les termes, les intentions sous-jacentes et la crédibilité perçue du contenu.
Un bon audit lexical ne se résume donc pas à savoir “ce que les gens tapent”. Il cherche à comprendre ce qu’ils veulent dire et comment y répondre mieux que les autres.
L’étude de mots-clés devient alors un diagnostic stratégique :
- Elle met en lumière, comme elle l’a toujours fait, les besoins et les questions réelles des utilisateurs ;
- Elle révèle les opportunités de contenu encore inexploitées ;
- Elle oriente la production éditoriale sur des axes porteurs et légitimes pour votre marque ;
- Et elle sert de base à la structuration future du site (arborescence, silos, maillage interne).
C’est cette vision “augmentée” de la recherche de mots-clés que l’on met souvent aujourd’hui derrière un audit sémantique lexical.

Comment réaliser un audit sémantique lexical pas à pas
La méthode que je vous propose est assez largement tirée de celle que j’utilise en tant que consultante SEO en début de mission pour cadrer une stratégie SEO ou préparer une feuille de route éditoriale. L’idée n’est pas seulement de sortir une liste de mots-clés, mais d’obtenir trois choses très concrètes : comprendre le langage réel de votre audience, mesurer où vous êtes (ou pas) déjà visibles, et décider où investir votre temps éditorial en priorité.
1. Identifier les mots-clés et les intentions de recherche
La première étape consiste à rassembler toutes les données brutes qui serviront de matière première. Un bon audit lexical ne se limite pas à une extraction de mots-clés : il combine les requêtes réellement recherchées (issues des outils SEO) et la compréhension des intentions qui se cachent derrière ces requêtes.
Sources principales :
- Google Search Console – pour identifier les requêtes sur lesquelles le site apparaît déjà, même faiblement. Vous pouvez importer les données de la Search Console dans un Looker Studio pour débloquer beaucoup plus de lignes que ce que vous voyez dans l’interface web, limitée à 1000 lignes.
- Outils de recherche de mots-clés : Ahrefs, Semrush, SEObserver, Keyword Tool, il en existe plein sur le marché. Je suis une aficionada du Keyword Magic Tool de Semrush pour ma part. Pensez à bien exploiter les “recherches associées” lorsque votre outil les propose : elles vous donneront souvent des idées de termes connexes utilisés par les internautes.

Termes connexes autour de l’audit sémantique - Suggestions Google et “Autres questions posées” – Parfaites pour repérer le vocabulaire réel des utilisateurs et les questions fréquentes.
Bonus utile en 2025 – Lors de votre recherche de mots-clés, pensez à exporter les SERP features depuis des outils comme Semrush ou Ahrefs. Cela permet de savoir pour chaque mot-clé si Google affiche des blocs People Also Ask, des vidéos ou des images. Ces signaux aident à comprendre ce que Google juge utile pour ce sujet et à anticiper le format le plus performant.
Qualifier les intentions derrière les requêtes
Collecter des mots-clés ne suffit pas. Pour comprendre ce qui va réellement faire cliquer l’internaute, il est important de prendre en compte également l’intention de recherche qui le motive.
On distingue trois grandes intentions :
- Informationnelle : comprendre, apprendre (ex : “qu’est-ce qu’un audit sémantique”, “comment faire un audit sémantique SEO”).
- Navigationnelle : trouver une marque, un outil, une ressource spécifique (ex : “YourTextGuru audit sémantique”).
- Transactionnelle/commerciale : acheter, commander, demander un devis (ex : “prix audit sémantique SEO”).
Certains outils SEO, comme le Keyword Magic Tool de Semrush, vous suggèrent des intentions pour chaque mot-clé. Si vous n’avez pas ce type d’outil à disposition, observez les fonctionnalités SERP : si Google affiche des “People Also Ask”, l’intention est plutôt informationnelle. S’il affiche du shopping organique ou des avis, on touche au transactionnel. S’il y a des sitelinks, on est souvent sur du navigationnel. Certaines requêtes peuvent aussi avoir des intentions hybrides : regarder la SERP permet alors de voir s’il y a une intention dominante.
L’objectif de l’analyse est double :
- Produire le bon format de contenu. Par exemple, pour répondre à la requête “acheter manteau bordeaux”, l’internaute attendra probablement une fiche produit ou une sélection de manteaux bordeaux et non un guide lui expliquant par A+B “pourquoi acheter un manteau bordeaux”.
- Équilibrer vos priorités : un site média privilégiera les requêtes informationnelles, tandis qu’un site e-commerce misera sur le transactionnel (avec des contenus de soutien pour élargir sa visibilité).
Concrètement, l’étape de collecte se termine presque toujours par un fichier centralisé (Excel ou Google Sheets) où chaque requête occupe une ligne et où l’on stocke déjà quelques colonnes utiles : mot-clé, catégorie (thématique principale), sous-catégorie(s), volume de recherche estimé, difficulté SEO, type d’intention supposée, position actuelle du site, URL de la landing page (si le site se positionne déjà), fonctionnalités SERP. Cette normalisation évite ensuite de perdre du temps au moment du tri et de l’affinage du clustering.
2. Enrichir l’analyse grâce au langage naturel
Une fois vos mots-clés identifiés et vos intentions comprises, l’étape suivante consiste à affiner votre lecture du marché en observant comment les internautes parlent réellement de vos sujets.
Les forums, Reddit, avis produits ou groupes Facebook n’apportent pas de mots-clés “bruts”, mais un langage vivant, souvent plus riche que celui des outils SEO. Ces données qualitatives vous aident à comprendre :
- Les expressions familières, synonymes et formulations courantes ;
- Les émotions et champs lexicaux récurrents (peur, frustration, envie, curiosité…) ;
- Le ton employé, les objections et les contextes d’usage.
Comment transformer ces données en matière exploitable ?
L’idée n’est pas d’ajouter ces phrases telles quelles dans votre liste de mots-clés, mais de les analyser comme un corpus linguistique :
- Repérez les tournures récurrentes : elles révèlent souvent les mots du quotidien que les outils SEO ne détectent pas.
- Transformez les phrases répétitives en requêtes potentielles : si plusieurs internautes écrivent “mon chat vomit après avoir mangé ses croquettes”, vous tenez sans doute un mot-clé latent du type “chat vomit croquettes”.
- Notez les synonymes : “bébé constipé”/“nourrisson ne fait pas caca”, ou “chien urine rouge”/“sang dans les urines du chien”.
Ces insights enrichissent la compréhension sémantique globale et vous aident à produire des contenus plus humains, plus crédibles et mieux adaptés à la recherche conversationnelle. Ils permettent aussi parfois d’étoffer la recherche de mots-clés initiale quand on s’aperçoit qu’un pan du sujet a été délaissé.
Outils pratiques pour collecter le langage utilisateur
Pour collecter les données, vous pouvez par exemple utiliser…
- Apify – Idéal pour scraper à grande échelle (threads Reddit, avis produits sur Amazon, etc.) ;
- Instant Data Scraper – Extension Chrome gratuite, pratique pour des extractions ponctuelles de texte ou d’avis produits.
Ces outils n’ont pas vocation à remplacer un audit SEO, mais à enrichir votre analyse lexicale avec le langage réel des internautes. Pensez à respecter les CGU des sites, la législation applicable et utiliser les API officielles lorsqu’elles existent.
3. Regrouper les requêtes par thématique
Une fois les mots-clés collectés et les intentions comprises, il s’agit de passer du listing à la cartographie, en classant les requêtes en fonction de leur thématique.
Vous pouvez tout à fait réaliser un mindmap de départ avant de commencer la recherche de mots-clés, pour vous servir de boussole. Fonctionnez par association d’idées : listez tous les thèmes qui vous viennent à l’esprit quand vous pensez au sujet de votre audit. Pour chaque thème, effectuez votre recherche de mots-clés et étoffez la catégorie. Ces requêtes vont souvent à leur tour vous inspirer d’autres catégories. Vous conciliez ainsi un cadre de départ structurant et l’écoute active des données que vous trouvez.
Comment catégoriser selon le volume de données ?
Si vous travaillez sur 500 à 1 000 requêtes, une catégorisation manuelle fonctionne très bien, dans les colonnes de votre fichier Excel par exemple.
Au-delà de quelques milliers de requêtes, cette étape devient chronophage et moins fiable sans automatisation. C’est là qu’un regroupement par similarité lexicale ou sémantique devient utile (Python, KMeans sur vecteurs TF-IDF, embeddings, etc.). Cela permet d’obtenir des grappes thématiques exploitables sans y passer des jours.
Au-delà du volume, vous devez surtout vous poser cette question : de quelle granularité ai-je besoin pour prendre les bonnes décisions éditoriales ensuite ? Une catégorie avec 3 mots-clés n’a sans doute pas de raison d’être… tout comme une catégorie de 300 mots-clés peut avoir besoin de plus de granularité pour être analysée correctement.
Comment structurer vos clusters judicieusement ?
Je vous conseille de regrouper les requêtes non pas en fonction du mot exact qu’elles contiennent, mais du sens et de l’intention.
Souvent, les consultants SEO junior font une catégorie “Prix” avec tous les mots-clés contenant “prix”, une catégorie “Tarifs” avec tous les mots-clés contenant “tarif” alors qu’en réalité, ils se rapportent à une même intention : évaluer un coût.
De même, il y a souvent plein de façons d’exprimer une même intention. Par exemple, si vous faites une recherche pour la marque Burger King et que vous avez parmi les thèmes à explorer “Carrières chez Burger King”, il ne faudra pas se contenter de regarder s’il y a du volume de recherche sur “burger king carrieres” et “carrieres burger king” mais explorer les types de contrats (CDI, CDD, stage, alternance, etc), les localisations géographiques, les synonymes et variantes sémantiques (“job”, “job étudiant”, “emploi”, “travail”, “poste”, “travailler chez”), penser aux abréviations (“BK” au lieu du nom de marque entier), aux différents métiers, au sujet du “recrutement”, etc.
Bon à savoir : il n’y a pas de manière unique de catégoriser… mais des arbitrages à faire en fonction de vos objectifs. Prenons l’exemple du “pas cher”. On peut décider de le regrouper dans une catégorie “Prix”… mais aussi de créer une catégorie “Bons plans” qui regroupera tous les avantages commerciaux que l’internaute recherche : soldes, Black Friday, réductions, promos, codes promo, gratuit/pas cher/offert…
4. Déterminer les angles de contenu à potentiel
Une fois vos mots-clés regroupés par thématique, l’objectif est de repérer où se trouvent les sujets qui peuvent réellement créer de la valeur : là où il existe une audience, là où l’intention est claire, et là où votre site peut (ou pourrait) être légitime.
Concrètement, c’est le moment où votre fichier Excel/Google Sheets commence à évoluer : on ne se contente plus d’un listing, on bascule vers un tableau d’aide à la décision. À votre liste de mots-clés, vous pouvez ajouter plusieurs colonnes clés :
- Volume & intention (déjà renseignés)
- Position actuelle (à récupérer via un outil de positionnement type SEObserver, Semrush)
- Landing page existante ?
- Légitimité (je fonctionne souvent avec un système de “Tiers”, les sujets “Tier 1” étant le coeur d’expertise, “Tier 2” un peu plus éloignés, “Tier 3” encore plus).
À ce stade, il ne s’agit pas encore d’analyser les concurrents en profondeur (ce serait l’objet d’un content gap), mais simplement d’identifier :
- Volumes & intentions de recherche : quels sujets concentrent la demande utilisateur ?
- Présence actuelle du site : où avez-vous déjà une visibilité (même faible) ?
- Légitimité thématique : quels sujets sont naturellement alignés avec votre marque/expertise ?
Cette grille de lecture prépare la phase suivante : prioriser ce qui mérite un effort immédiat vs. ce qui relève d’un plan éditorial plus long.
5. Définir une priorisation
À l’étape précédente, vous avez identifié les territoires sémantiques où votre site peut légitimement s’exprimer. Cette étape consiste maintenant à trancher : où concentrer l’effort en premier, et avec quel type d’action (optimiser, créer, consolider).
Concrètement, on évalue chaque cluster selon trois critères, ce qui permet d’obtenir une priorisation globale. L’objectif n’est pas d’être mathématique, mais de rendre la décision argumentée et défendable auprès de votre interlocuteur.
- Volume : le niveau de recherche globale sur le cluster.
- Concurrence : la difficulté moyenne à se positionner, estimée par les outils SEO (indice de difficulté Semrush par exemple…). C’est un indicateur de faisabilité : plus les sites présents dans le top 10 sont forts, plus il sera long de gagner une place.
- Proximité business : le degré d’alignement avec vos produits, services ou objectifs marketing.
Pour aller plus loin — L’outil de planification des mots-clés de Google Ads permet de visualiser les tendances sur plusieurs années : hausse d’intérêt, essoufflement d’une requête, saisonnalité… C’est précieux pour ne pas investir sur un sujet dont la demande s’effondre, ou au contraire anticiper une montée en puissance.
Ce travail permet déjà de repérer les thématiques sur lesquelles il est, dans l’absolu, le plus stratégique de travailler.
Attention : ne donnez pas trop de poids au volume de recherche ! Un cluster à faible volume mais forte intention (ex : “audit sémantique prix”) peut être plus rentable qu’un mot-clé très concurrentiel (“audit SEO”) où vous resterez en 2ᵉ page pendant des mois.
Ensuite, au sein des territoires identifiés comme prioritaires, vous pouvez définir trois champs d’action :
- Positions 5–20 : pages “proches du podium”. Souvent vos meilleurs leviers court terme. Une optimisation ciblée (balisage, structure, maillage interne renforcé, mise à jour du contenu) peut suffire à passer en page 1 ou top 5.
- Positions 21–50 : contenus présents mais mal alignés avec l’intention. Ils ont besoin d’être réoptimisés (un outil complémentaire comme YourTextGuru pourra par la suite vous guider dans la création d’un brief et l’analyse de “ce qui manque exactement” mais cette phase interviendra après l’audit) ou, parfois, scindés en deux contenus distincts ayant chacun une intention plus claire.
- Absence totale : sujet non couvert, ou traité d’une manière que Google ne comprend pas (ex : seulement en vidéo/actu trop courte/contenu daté). Ici, il faut créer (et parfois défendre la page via maillage + netlinking).
La capacité à se positionner dépend aussi du niveau d’autorité du site. Une marque reconnue peut entrer en top 5 quelques jours après publication sur un sujet cohérent avec son expertise… là où un site inconnu aura besoin de temps, de maillage, voire de netlinking.
6. Traduire l’analyse en angles éditoriaux concrets
Souvent, à ce stade, il est utile de présenter le fruit de votre travail au client pour valider avec lui les axes prioritaires. Il y a parfois des données que vous n’avez pas en votre possession et qui vont orienter le choix (ex : la direction qui a décidé entre-temps d’une “priorité stratégique” pour l’année à venir ou d’un lancement produit qu’il va falloir anticiper !).
Une fois le choix confirmé, vous allez pouvoir entrer dans la phase de mise en pratique de votre audit en proposant une feuille de route éditoriale un peu plus précise. L’idée est de vous appuyer sur les données collectées mais aussi sur vos intuitions d’expert pour trouver des angles et une grille de lecture capables de faire la différence.
Par exemple…
- Au lieu d’un simple “Combien coûte un audit sémantique ?”, proposer une grille de lecture du coût tenant compte de tous les critères : nature du site (e-commerce, vitrine, etc), profondeur et complexité du sujet, périmètre d’audit, expertise du consultant, etc.
- Sur un cluster “Méthodologie”, évitez le guide généraliste “Comment faire un audit sémantique” et préférer un angle “audit sémantique étape par étape avec exemples réels”.
- Dans un cluster “Outils”, se distinguer avec un comparatif basé sur votre expérience plutôt qu’un listing neutre “les 10 meilleurs outils”.
L’objectif ici est clair : transformer des requêtes brutes ou de “grands thèmes” en propositions éditoriales solides, capables de se distinguer des contenus génériques et d’incarner la légitimité de la marque.
Livrables d’un audit sémantique lexical
C’est un point souvent négligé… mais pour qu’une stratégie SEO fonctionne, il faut qu’un audit ne reste pas dans un tiroir mais soit mis en pratique ! Et pour ça, il est important de produire des livrables exploitables et adaptés aux différents niveaux de décision.
En pratique, je trouve qu’il existe trois couches de restitution, à adapter selon le contexte.
1) Le socle indispensable (minimum syndical)
- Fichier de mots-clés structuré : il contient votre catégorisation, les mots-clés, volumes, intentions, difficulté des mots-clés, positions actuelles, landing pages, SERP features.
- Feuille de route éditoriale : priorisation des axes, logique de choix et premiers angles suggérés.
C’est ce qui permet à une équipe marketing ou contenu d’agir immédiatement.
2) La couche stratégique (pour les équipes marketing & produit)
L’idée ici est de rendre la logique d’arbitrage compréhensible et partageable. On s’assure que l’équipe voie où l’on va et pourquoi.
Concrètement, cette restitution peut intégrer :
- Une visualisation de la cartographie sémantique – Un mindmap ou une représentation des clusters montrant comment les thématiques s’articulent et où se situent les zones d’opportunité (territoires “gros volume”, niches stratégiques, sujets émergents). Cela aide à aligner rapidement tous les interlocuteurs sur la vision du marché.
- Des fiches clusters récapitulant, pour chaque thématique, son potentiel (volume + tendances de recherche), sa faisabilité SEO (difficulté, examen succinct des types d’acteurs présents dans les résultats de recherche), sa valeur business (intérêt pour la conversion, l’autorité de la marque, etc) et des recommandations d’angles concrets.
- De premières recommandations de formats et de structure. Par exemple, distinguer ce qui va être une page produit, un article, une page pilier ou “hub”, insister sur l’importance des FAQ, de la vidéo, des images ou des tableaux comparatifs…
3) La version “executive”
Parfois, l’étude de mots-clés est une première brique avant d’engager un accompagnement SEO dans la durée, de mettre en place des actions concrètes… et cela implique que les dirigeants comprennent rapidement les enjeux et l’intérêt de débloquer un budget (encore une fois, un bon audit ne doit pas rester dans un carton !).
Il est rarement demandé de faire une présentation distincte mais il est très apprécié de prévoir une ou deux slides d’executive summary, qui vont récapituler les enjeux business, la situation actuelle de la marque et les arbitrages effectués. L’idée est de mettre en valeur très rapidement “où on est à date” vs “où on veut aller”, en montrant bien que le plan d’action inclut un mélange de quick wins et d’actions à plus long terme.
On peut aussi indiquer rapidement comment on prévoit de mesurer l’impact des actions engagées (ex : hausse de la couverture sur les clusters priorisés).
Avec ce système, on adapte l’audit lexical à plusieurs publics : une approche très opérationnelle, avec les fichiers Excel et la roadmap détaillée ; une approche décisionnelle, avec le PPT et ses slides par cluster ; une approche stratégique, avec l’executive summary qui permet une contextualisation rapide et montre le côté ROIste du travail mené.
FAQ — Étude de mots-clés & audit sémantique lexical
Combien coûte un audit sémantique lexical ?
Cela dépend surtout du niveau d’analyse attendu, du volume de mots-clés étudié et de l’expérience du consultant.
À titre indicatif :
- Freelance confirmé : à partir de 1500-2000 €.
- Agence : plutôt à partir de 3000 €.
Un audit lexical sérieux implique :
- Une recherche de mots-clés assortie d’un tri fin pour garder exclusivement ce qui est pertinent ;
- Analyse fine des intentions ;
- Clustering sémantique précis (automatisé ou non, mais impliquant toujours une vérification manuelle) ;
- Recommandations éditoriales concrètes.
Si on vous vend une “étude de mots-clés” à 500€, il s’agira probablement juste d’un export de mots-clés en rapport avec votre sujet, peu triés et catégorisés rapidement… et non d’un vrai travail stratégique.
Peut-on utiliser ChatGPT pour faire une étude de mots-clés ?
Oui, mais pas seul et surtout pas pour le volume de recherche.
ChatGPT (ou autre outil IA) est idéal pour :
- Ouvrir les horizons : sortir de votre prisme interne, suggérer des angles auxquels vous n’auriez pas pensé ;
- Construire un mindmap de départ sur un sujet
- Identifier des grands thèmes dans un listing
- Détecter du langage utilisateur et des tournures humaines
Mais il faut avoir conscience des limites de ces outils à date :
- Ils n’ont pas accès par défaut aux volumes de recherche réels ;
- … ni à une notion de “difficulté SEO” ;
- Il existe un risque d’hallucinations sémantiques et d’angles hors-marché
Ils peuvent parfois faire des suggestions pertinentes, mais sans l’assise objective apportée par les données. Il est important d’avoir en tête cette limite afin de les utiliser comme co-pilote sans leur laisser totalement les commandes.
Combien de mots-clés inclure dans une étude ?
Cela va beaucoup dépendre du secteur d’activité du site (sur un secteur très niche, on aura moins de mots-clés que sur une thématique grand public) et de la concurrence (sur un sujet très concurrentiel, il faut souvent creuser davantage pour trouver des opportunités dignes d’intérêt sans se limiter aux mots-clés déjà “essorés” par tout le monde).
Comme ordre de grandeur :
- Niche B2B très pointue : 800 à 2000 mots-clés ;
- Thématique grand public : 2 000 à 10 000+ ;
- Très large marché : jusqu’à 50 000+
Comme souvent en SEO, “ça dépend” 🙂 Et surtout, l’idée n’est pas d’avoir “le plus de mots-clés possible”, mais un périmètre représentatif et actionnable.
Combien de temps prend un audit lexical ?
Pour une étude sérieuse, prévoir :
- 3-5 jours pour un site standard
- jusqu’à 10 jours pour un périmètre large ou très complexe
La durée va varier selon la profondeur d’analyse souhaitée, le volume de données à traiter, la maturité du site (sur un site déjà très riche en contenu, il faut parfois creuser davantage pour identifier des opportunités pertinentes) mais aussi le niveau de restitution demandé.
A titre d’exemple, j’ai des clients qui veulent que l’audit s’accompagne ensuite de workshops avec les équipes produit pour décider ensemble des priorités, ça prend forcément plus de temps que d’envoyer un fichier Excel rapide 😉
Quels outils utiliser pour un audit sémantique lexical ?
Les indispensables :
- Votre cerveau – Je ne plaisante qu’à moitié ! A l’ère où l’on peut tout automatiser ou presque, n’oubliez pas de réfléchir. Qui est votre client ? Quel est son objectif ? Qu’est-ce qui va être pertinent et intéressant pour lui ? Qu’est-ce qui va être réaliste ?
- Search Console (recherches réelles, impressions, CTR) : souvent intéressant pour faire remonter des termes que les outils de ranking ne donnent pas.
- Un outil de recherche de mots-clés et ranking (type Semrush, Ahrefs, SEObserver) pour trouver des termes pertinents, récupérer les volumes de recherche, la difficulté des mots-clés, les SERP features, les landing pages positionnées et la position, ou encore l’intention.
- Looker Studio pour traiter les données Search Console en contournant les limites de l’interface web (= avoir plus de 1000 lignes de données grâce à un connecteur natif) et pour présenter vos données de manière maniable, avoir accès à des filtres, etc.
Pour aller plus loin :
- Python & scikit-learn (clustering TF-IDF/KMeans) pour automatiser le clustering sur de gros volumes de données ;
- Apify & Instant Data Scraper (pour récupérer le langage utilisateur)
Comment suivre ensuite les performances des pages créées ?
Ce sera fait dans une phase post-audit mais si vous vous posez déjà la question (ou qu’on vous la pose), je peux partager avec vous les deux grilles de lecture que j’aime bien intégrer à mes audits SEO :
- Une vision d’ensemble des performances du site : trafic organique, impressions, parts de voix, conversions, mots-clés…
- Une vue ciblée, où l’on va s’intéresser uniquement aux contenus qui ont été retravaillés ou créés.
Méthode concrète : j’utilise Looker Studio et un connecteur Search Console et/ou Google Analytics 4 par exemple. Je crée ensuite un champ personnalisé nommé par exemple “Pages cibles”, dans lequel j’isole la liste d’URL dont je souhaite suivre les performances dans le temps, avec ce type de formule :
CASE
WHEN REGEXP_MATCH(Landing Page, "https://www\.mondomaine\.com/(ma-landing-page|ma-landing-page-2|ma-landing-page-3)")
THEN "targetpages"
ELSE "Autre"
END
Je peux ensuite utiliser ce champ personnalisé dans un filtre pour montrer les données qui m’intéressent : revenus, clics, évolution des clics/impressions vers ces URL dans le temps, etc. Ici par exemple, mon champ personnalisé s’appelle “Pages cibles 2025” et j’isole les pages listées dedans sous le nom de “targetpages25”.

Le gros intérêt de la méthode est de démontrer la valeur du travail effectué même si le site “au global” n’évolue pas dans le même sens pour d’autres raisons (marché, algorithmes, pages non modifiables…).
Conclusion : bonnes pratiques et erreurs à éviter
Un audit sémantique lexical n’est pas juste un export de mots-clés, c’est une vraie analyse du langage utilisateur pour comprendre comment votre marché pense, formule ses besoins et prend ses décisions.
Quelques rappels fondamentaux :
- Pensez intention avant volume : un petit cluster bien ciblé convertit souvent mieux qu’une position moyenne sur un mot-clé “star” très concurrentiel.
- Adoptez le langage utilisateur, pas le vôtre : ce n’est pas à votre audience de faire l’effort de s’adapter au vocabulaire de la marque… mais à la marque de faire preuve d’empathie avec son audience.
- Regardez les SERP, pas seulement les outils : s’il n’y a que des vidéos, des avis ou des FAQ, c’est que Google a déjà fait le travail de lecture d’intention. Inspirez-vous-en. S’il n’y a que des sites gouvernementaux en top 10, c’est que Google a décidé de verrouiller le sujet parce qu’il est trop sensible pour y positionner “n’importe qui”.
- Gardez un œil sur les questions simples : celles que l’on juge “bas niveau” en interne sont souvent celles qui font du trafic et rassurent vraiment.
- Capitalisez sur le non-exploité : conservez une liste des requêtes mises de côté. Ce sont souvent vos contenus de demain ou votre carburant pour sortir du lot.
Et surtout, cherchez la clarté et l’action. Votre travail doit permettre une mise en oeuvre opérationnelle rapide et efficace… car rappelons à toutes fins utiles qu’à moins d’être Ameli, IKEA ou TripAdvisor, le SEO prend du temps !
Si vous voulez pouvoir montrer des résultats pour ensuite aller plus loin, ouvrir d’autres portes, embarquer votre client avec vous… il faut agir vite pour que les contenus aient ensuite le temps de se positionner et de produire des effets. C’est comme ça que vous prouverez le bien-fondé de vos décisions.