Si on lui demande comment on devient créateur d’escape game, Pierre Manceau a une réponse toute simple : « Depuis tout jeune, j’ai toujours été fou de jeux. Et c’est il y a sept ou huit ans, quand j’étais étudiant à Bordeaux, que j’ai découvert les escape games. » Une découverte qui l’amène à essayer tout ce qui se fait dans le domaine, que ce soit dans le monde réel en Gironde ou sur Internet.
Assez rapidement, le Tourangeau constate que certaines choses pourraient être améliorées, comme l’histoire, les énigmes… Mais surtout l’environnement. À cette époque, pourtant pas si lointaine, « on sait d’emblée qu’on rentre dans une salle de jeu » où il va falloir résoudre des problèmes pour avancer, « mais on ne rentre pas dans un univers ».
Pierre Manceau veut autre chose. Une expérience tellement immersive que les participants se croient réellement dans un temple maya quand ils se lancent à la recherche de Basile Lockridge, un explorateur disparu.
Un décor digne d’Indiana Jones
Le plastic et le carton-pâte, très peu pour le Tourangeau. Ses décors, ce sera presque mieux qu’au cinéma : « C’est un truc à la Indiana Jones. Y’a rien de faux ! », affirme-t-il tout simplement. Pour dire que tout paraît vrai. Les plantes de la jungle ? De vraies plantes stabilisées. « C’est plus cher et plus fragile, mais le rendu est incomparable. » Les pierres du temple maya ? « Des pierres reconstituées et peintes. » Les accessoires ? Pour l’heure, des prototypes sont imprimés en 3D.
Un souci maniaque du détail l’anime lorsqu’il évoque son univers. « Le synopsis ? Un groupe d’explorateurs se lance à la recherche de Basile Lockridge. » De son bureau à la cabine de téléportation, tout est étudié. L’environnement sonore – bruits de la jungle, oiseaux… – à l’extérieur du temple tranche avec le silence qui règne à l’intérieur. Là, l’odorat prend le relais. « C’est froid, humide et ça sent le renfermé, comme dans un lieu jamais ouvert. » À sa connaissance, personne n’est encore allé sur le terrain olfactif dans un escape game.
« Il y a de la place pour quelque chose de différent »
Depuis deux ans qu’il est sur ce projet d’Air (pour aventure, immersion, réalisme) escape à Esvres, Pierre Manceau espère ouvrir bientôt sa première salle sur l’Ecopark. Puis deux autres dans les trois ans. « Aujourd’hui, il y a entre vingt et vingt-cinq salles en Touraine, mais beaucoup sont assez vieillissantes. La durée de vie d’une salle, c’est normalement cinq ou six ans. Il y a de la place pour faire quelque chose de différent. Je veux proposer un vrai gap côté immersif. »
Pour l’heure, c’est son activité de spécialiste en marketing et gestion web pour les entreprises qui le nourrit, mais Pierre – engagé dans l’aventure avec ses deux sœurs Manon et Maëlle – espère un jour pouvoir se consacrer à temps plein à sa passion, la création de salles d’escape game hyperréalistes.

Titulaire d’un master en marketing digital, Pierre Manceau aimerait se consacrer pleinement à la création de salles d’escape game. Sa première se situe dans un temple maya.
© (Photo NR, Olivier Brosset)
repères
Avant, on parlait surtout tarot, belote et petits chevaux. Aujourd’hui, c’est plutôt Carcassonne, Magic, escape game ou World of Warcraft. L’essor des jeux de société moderne, les confinements du Covid, l’avènement de l’économie du jeu vidéo : tout un monde a tissé sa toile. Et il a gagné l’Indre-et-Loire. Des associations, des cafés, des créateurs et autres lieux dédiés en témoignent. Durant les fêtes, La Nouvelle République vous propose de plonger dans l’univers du jeu. Bienvenue dans la Touraine ludique.