Alors que le phénomène de
soumission chimique a marqué l’actualité récente, PlaySafe, une association spécialisée dans la
prévention numérique, alerte sur la hausse de l’accessibilité en
ligne de substances qui facilitent ces violences.
Espace public numérique : des
substances à portée de clic
Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), 1056
agressions ont été facilitées par des substances psychoactives en
2023. Un véritable fléau, soutenu par un business florissant : la
vente clandestine de “drogues
du violeur“, souvent présentées sous forme de produits “prêts à
l’emploi”, et accompagnées de contenus incitatifs ou de modes
opératoires facilitant les usages criminels.
Plus largement, l”association PlaySafe révèle que le Baromètre
2025 “Surveillance et prévention des usages de Nouvelles Substances
Psychoactives (NPS)” met en évidence “la facilité d’accès aux
sites de vente en ligne de NPS, le renouvellement continu de
l’offre, la sophistication des stratégies de marketing digital et
le rôle structurant des moteurs de recherche, des plateformes
sociales, des messageries chiffrées et de certaines
applications”.
Les dispositifs traditionnels de prévention et de réduction des
risques et des dommages (RdRD) se heurtent en effet à des limites
concrètes : le Web facilite grandement l’usage et la vente de ces
substances dangereuses.
Dans ce contexte, l’association regrette “que les
plateformes numériques ne se saisissent pas pleinement du
sujet”, malgré des échanges engagés au printemps 2024, dans le
cadre du groupe d’études VIH/SIDA de l’Assemblée nationale.
Réduire la visibilité des vendeurs,
renforcer la prévention
Pleinement conscient de cet enjeu public, l’association PlaySafe
recommande la mise en vigueur de “dix mesures stratégiques”
permettant de lutter contre la commercialisation de ces substances
:
- Côté plateformes et moteurs de recherche :
ajuster les algorithmes pour prioriser les sites de prévention,
diminuer la visibilité des sites de vente et rendre l’accès aux
ressources fiables plus immédiat ; - Côté pouvoirs publics : renforcer la réponse
coordonnée sur les acteurs les plus dangereux, en systématisant les
demandes de retrait et le déréférencement des sites classés noirs
et rouges, avec suivi concerté avec les plateformes et autorités
compétentes.
“Nous ne demandons pas des intentions, mais des actions
concrètes. En s’appuyant sur une veille qualifiée et un baromètre
opérationnel, il est possible d’identifier et de prioriser les
risques, puis de mobiliser plateformes et pouvoirs publics.
L’espace public numérique doit appliquer la même exigence de
sécurité que l’espace public tout court”, précise Michel Mau,
président de PlaySafe.
“Drogue du violeur” : comment la
reconnaître et s’en protéger ?Selon le
Dr Christelle Peybernard, psychiatre addictologue, “les
effets du
GHB dépendent de la dose ingérée ou injectée. Une petite dose
aura des effets similaires à l’alcool, à savoir une action
euphorisante et désinhibitrice et une forme de quiétude. En
revanche, à fortes doses, elle est “sédative et amnésiante” :
autrement dit, elle endort et perturbe la mémoire.Pour se préserver de ces effets, en soirée, pensez à adopter
quelques règles de sécurité :
- N’acceptez jamais de verre d’un inconnu si vous n’avez pas
suivi sa provenance ;- Ne buvez pas le verre d’une autre personne ;
- Ne laissez pas votre verre sans surveillance ;
- Utilisez une capote de verre ;
- Mettez-vous à l’abri et demandez de l’aide à des amis ou au
personnel du bar ou de la boîte de nuit en cas de symptômes
anormaux.