Depuis plusieurs années, Google est accusé de monopole sur le terrain de la recherche en ligne et de la publicité.
Après une décision judiciaire rendue en 2024, l’entreprise vient d’entrer dans une nouvelle phase du bras de fer judiciaire, en contestant formellement le jugement qui la vise.
Une décision judiciaire au coeur des tensions antitrust
Dans un communiqué officiel, Google a annoncé avoir fait appel de la décision du juge fédéral américain qui avait conclu à l’existence d’un monopole illégal sur la recherche en ligne et la publicité textuelle.
Pour le tribunal, ces pratiques auraient limité la concurrence, en rendant plus difficile l’émergence d’alternatives crédibles face à Google. Une analyse qui s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement de la régulation antitrust aux États-Unis, mais aussi en Europe, où les grandes plateformes sont de plus en plus scrutées pour leurs pratiques commerciales.
Google défend une concurrence « choisie » par les internautes
De son côté, Google conteste fermement cette lecture. Lee-Anne Mulholland, vice-présidente des affaires réglementaires du groupe, affirme que la décision « ignore la réalité« , estimant que les internautes utilisent Google par préférence, et non par contrainte.
Selon l’entreprise, le jugement ne prendrait pas suffisamment en compte la dynamique actuelle du secteur, marqué par une concurrence jugée intense et par l’émergence régulière de nouveaux acteurs, souvent soutenus par des financements conséquents.
Le groupe insiste également sur le rythme rapide de l’innovation technologique, notamment dans le domaine de la recherche assistée par l’intelligence artificielle, qui viendrait bouleverser un marché longtemps considéré comme figé.
Le partage de données, point de crispation majeur
Au delà du principe même du monopole, l’un des aspects les plus sensibles de la décision concerne les mesures correctives imposées par la justice. Google a ainsi demandé au juge Amit Mehta de suspendre une ordonnance l’obligeant à partager certaines données avec ses concurrents.
Ces données portent notamment sur l’indexation de la recherche et sur les interactions des utilisateurs, afin de permettre à des « concurrents qualifiés » d’améliorer leurs propres services.
En effet, Google estime qu’une telle obligation l’exposerait à la divulgation de secrets commerciaux. Le juge Amit Mehta avait, quant à lui, écarté une demande plus radicale du gouvernement américain, qui souhaitait contraindre le groupe à céder son navigateur Google Chrome, privilégiant une approche jugée plus équilibrée.
Le groupe précise par ailleurs qu’il ne remet pas en cause l’ensemble des décisions du tribunal, notamment celles encadrant les garanties de confidentialité et de sécurité des données. En attendant l’issue de l’appel, Google affirme être prêt à se conformer à toutes les exigences, à l’exception de la mise à disposition de ses données et de résultats ou publicités agrégés…