La pause numérique, nouvelle bonne résolution des Français ?


Alors que l’Assemblée nationale examine le projet de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, le débat sur la place du numérique dans nos vies prend une tournure très concrète.

Ipsos, en partenariat avec CESI École d’ingénieurs, publie une enquête sur « Les Français et la pause numérique ».

Longtemps cantonnée aux cercles du bien-être ou du développement personnel, la déconnexion volontaire s’installe désormais dans le débat public.

Et pour cause : le concept est aujourd’hui connu de plus des trois quarts des Français (76 %), et près d’un sur cinq (19 %) affirme avoir déjà tenté l’expérience…

Une pratique encore marginale, mais en forte résonance

Si la notoriété de la pause numérique est élevée, son adoption reste encore limitée.

Dans le détail, 57 % des Français disent en avoir entendu parler sans jamais passer à l’acte, tandis que 24 % déclarent ne pas connaître le concept.

L’expérimentation est toutefois plus fréquente chez les jeunes adultes : 24 % des 18-34 ans indiquent avoir déjà réalisé une pause numérique, contre 19 % en moyenne.

La durée de ces périodes de déconnexion reste majoritairement courte.

Près de 7 personnes sur 10 (69 %) se sont arrêtées quelques jours seulement, signe de la difficulté à s’extraire durablement des usages numériques.

Néanmoins, près d’un tiers des pratiquants (31 %) ont tenu une semaine ou plus, traduisant une capacité réelle à remettre en question certains automatismes digitaux.

Des bénéfices perçus très largement positifs

Pour celles et ceux qui ont franchi le pas, le constat est sans appel. La pause numérique est associée à des bénéfices tangibles sur plusieurs dimensions du quotidien.

La qualité du temps libre et des loisirs arrive largement en tête, avec 82 % des répondants évoquant un impact positif.

Le bien-être psychologique suit de près : 71 % déclarent une amélioration de leur santé mentale, notamment via une réduction du stress et de l’anxiété.

Le sommeil constitue un autre levier majeur de la déconnexion, avec 70 % des pratiquants constatant une meilleure qualité de repos.

Enfin, la vie sociale et familiale n’est pas en reste : 60 % estiment que la pause numérique a eu un effet bénéfique sur leurs relations, qu’il s’agisse de la vie de couple, de la famille ou des interactions amicales.

Réseaux sociaux : premiers visés, premiers remis en question

Tous les usages numériques ne sont pas remis en cause de la même manière.

Lorsqu’il s’agit de réduire le temps d’écran, les réseaux sociaux concentrent l’essentiel des critiques.

Ils sont cités par 73 % des Français comme le premier usage à limiter, loin devant la consultation de l’actualité (41 %), le streaming vidéo (36 %) ou les jeux vidéo (35 %).

Les e-mails professionnels en dehors des heures de travail figurent également parmi les pratiques que près d’un quart des Français (24 %) se disent prêts à restreindre, illustrant une attente croissante de frontières plus nettes entre vie professionnelle et vie personnelle.

Vers un « Dry January » du digital ?

La pause numérique s’inscrit désormais dans des temporalités collectives bien identifiées.

Plus de deux Français sur trois (64 %) se déclarent prêts à participer à une pause numérique en janvier, en parallèle ou en alternative au désormais célèbre Dry January.

Une dynamique particulièrement marquée chez les 18-34 ans, qui apparaissent comme les plus enclins à tester différents formats de déconnexion.

Les modalités envisagées sont variées. Près de 29 % privilégient une démarche informelle, sans outil ni règle stricte. D’autres optent pour des dispositifs plus structurés : 18 % envisagent une pause partielle, comme une journée sans écran par semaine, et 16 % se disent prêts à imposer une limitation stricte du temps d’écran à moins de deux heures par jour.

À l’inverse, 36 % des Français déclarent ne pas être prêts à participer à une telle initiative…

Un signal faible devenu enjeu de société

À la croisée des enjeux de santé mentale, de régulation des plateformes et de responsabilité individuelle, la pause numérique s’impose progressivement comme un marqueur des tensions contemporaines autour du digital.

Plus qu’un simple effet de mode, elle reflète une prise de conscience collective sur la nécessité de rééquilibrer les usages, sans pour autant renoncer aux bénéfices du numérique.

Dans un contexte réglementaire de plus en plus contraint et face à des plateformes omniprésentes, la déconnexion choisie pourrait bien devenir, en 2026, l’une des résolutions les plus structurantes de l’écosystème digital français…


Méthodologie
Enquête réalisée par Ipsos du 9 au 12 janvier 2026 via l’omnibus Ipsos-Digital, auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 à 75 ans, constitué selon la méthode des quotas.



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