La monétisation des assistants d’IA devient un sujet de plus en plus visible, et à mesure que les coûts d’entraînement des modèles explosent et que les usages se démocratisent, les éditeurs doivent trancher sur leur modèle économique.
Entre les abonnements, les contrats avec des entreprises, les intégrations logicielles ou la publicité : les options sont nombreuses, mais rarement neutres…
Une campagne ironique pour attaquer la concurrence
Pour faire passer son message, Anthropic a opté pour une stratégie plutôt inhabituelle : utiliser la publicité… pour se moquer de la publicité.
En effet, la start-up a lancé une série de spots humoristiques diffusés sur YouTube et à la télévision américaine, notamment lors du Super Bowl. Ces vidéos mettent en scène des assistants IA qui interrompent des échanges sérieux par des propositions commerciales absurdes, soulignant l’inconfort généré par l’intrusion de bannières ou de messages sponsorisés.
Si ChatGPT n’est jamais cité explicitement, la cible ne fait aucun doute. OpenAI a récemment confirmé l’arrivée prochaine de publicités, et tranche avec le positionnement historique de l’outil, jusqu’ici perçu comme relativement neutre dans ses réponses…
« Claude restera sans publicité », assure Anthropic
Dans un billet de blog qui accompagne cette campagne, Anthropic se montre catégorique. L’entreprise affirme que les utilisateurs de Claude ne verront ni liens sponsorisés à côté de leurs conversations, ni réponses influencées par des annonceurs, ni placements de produits non sollicités.
En d’autres termes, Anthropic veut éviter toute ambiguïté sur les intérêts servis par l’assistant. L’entreprise estime d’ailleurs que la publicité est difficilement compatible avec la promesse d’un assistant utile et digne de confiance.
Et pour cela, Anthropic illustre ce point avec des exemples concrets, comme un conseil potentiellement biaisé dans le cadre d’un problème de santé ou de bien-être, si une incitation commerciale entrait en jeu. Pour un outil présenté comme un soutien au travail, à l’apprentissage ou à la réflexion, la présence de publicités peut être perçue comme une source de distraction et de confusion…
Un modèle économique assumé, mais sous surveillance
Pour l’instant, Anthropic continue de s’appuyer sur un modèle classique avec des abonnements payants et des contrats avec des entreprises qui intègrent Claude dans leurs produits ou services.
Néanmoins, ce choix implique des compromis financiers, que la start-up reconnaît volontiers, tout en soulignant que d’autres acteurs peuvent faire des arbitrages différents.
En revanche, la porte n’est toutefois pas totalement verrouillée, et Anthropic évoque d’autres pistes de revenus, comme le développement d’agents IA capables d’effectuer des actions pour le compte des utilisateurs, ou des intégrations avec des outils tiers comme Figma ou Canva.