Formation. Fondée en 2021 par Stéphane Sarr, Colint School intègre les codes du digital : pédagogie par projets, fin de la verticalité enseignante, mixité… Dédiée aux métiers de la data et du développement, l’école dessine un modèle hybride tourné vers l’entreprise.
Ici pas de cours, mais des « missions ». Pour Stéphane Sarr, le fondateur qui a lancé Colint School à partir d’une « page blanche » en 2021, l’enjeu est clair : transformer l’étudiant en un collaborateur immédiatement opérationnel.
Le modèle de Colint School, dont le campus est situé à CHalon-sur-Saône, repose sur une architecture de formation en trois ans (Bachelor) ou cinq ans (Mastères spécialisés en Data Science ou Cybersécurité). Mais c’est la structure financière et temporelle du cursus qui constitue sa première force. Le cycle Bachelor se décline en deux phases distinctes. La première année est celle de l’immersion technique et théorique au sein de l’école. Pour un coût d’environ 8.800 €, l’étudiant acquiert les fondamentaux à temps plein. Une fois ce socle consolidé, le modèle bascule : les deuxième et troisième années s’effectuent sous contrat d’apprentissage ou de professionnalisation.
Ce pivot vers l’alternance permet une prise en charge totale des frais de scolarité par les OPCO (Opérateurs de compétences), déchargeant ainsi l’étudiant du poids financier de sa formation. Toutefois, l’accès à cette phase n’est pas automatique. Stéphane Sarr souligne l’exigence de l’établissement : « On les forme au cours de la première année. S’ils ont le niveau en termes de savoir-faire et de savoir-être, alors on leur recherche une entreprise et on les place ». Un contrat de confiance qui lie l’école à la réussite de ses élèves.
En finir avec le cours magistral
Au-delà de l’organisation administrative, c’est la méthode pédagogique qui marque la rupture la plus franche avec le système classique. Chez Colint School, le rapport vertical entre celui qui sait et celui qui apprend a été délibérément gommé. Aux côtés des élèves, « ni formateurs, ni professeurs. Ce sont des coachs pédagogiques. Ils sont là pour accompagner les étudiants et non pas pour délivrer du contenu », explique le directeur. L’objectif affiché ? Rendre l’élève « acteur » de son propre parcours. Plutôt que de recevoir une leçon théorique, les étudiants se voient remettre des cahiers des charges complexes. À eux de naviguer, de chercher et de tester les solutions techniques pour répondre au problème posé. Cette autonomie forcée prépare directement au quotidien professionnel : « Dans une entreprise, on ne va pas leur apporter de solution. On leur soumet une problématique, à charge pour le collaborateur d’apporter des réponses », souligne Stéphane Sarr. Pour renforcer cette agilité, l’école mise sur la transversalité. Les étudiants en Bachelor Marketing Digital sont ainsi amenés à collaborer étroitement avec ceux du Bachelor Développement Informatique, brisant les silos habituels pour refléter la réalité des projets en entreprise.
Mixité et ambitions nationales
L’autre (bonne) surprise de ce modèle réside dans son recrutement. À rebours des idées reçues sur le genre des étudiants en filières informatiques, Colint School affiche des statistiques remarquables : « Il y a 40 % de filles dans nos effectifs aujourd’hui sur le Bachelor en développement ». Un chiffre qui réjouit le fondateur, qui confie être « épaté » par le niveau de ces étudiantes.
Actuellement composée d’une trentaine d’élèves, l’école prévoit de doubler ses effectifs pour atteindre soixante étudiants à la rentrée prochaine. Mais l’ambition de Stéphane Sarr dépasse désormais les frontières de la Saône-et-Loire. L’établissement prépare son expansion géographique et regarde vers l’Atlantique. « On est, révèle Stéphane Sarr, en discussion avec la communauté d’agglomération de Rochefort pour l’ouverture d’un établissement à partir de septembre 2026 ». Pour les futurs candidats souhaitant découvrir ce modèle de l’intérieur, l’école ouvrira ses portes les 26 février et 21 mars prochains.