
Les IA écrivent désormais une grande partie des contenus publiés en ligne. Dans bien des cas, le résultat paraît correct et immédiatement exploitable. Les yeux les moins entraînés pourraient d’ailleurs éprouver des difficultés à distinguer les contenus « made in ChatGPT » de ceux produits par un humain. Pourtant, au fil des textes, une impression de répétition s’installe, une sorte de « déjà-lu ». Une régularité qui peut poser problème lorsque le texte est censé porter une voix singulière. Dans cet article, nous vous proposons de découvrir quelques pistes pour assurer l’authenticité de vos contenus.
IA : une opportunité et une menace pour vos contenus
L’IA générative a transformé la production de contenu — rapidement, efficacement, à grande échelle. Elle ne crée pas simplement du texte ; elle le produit en masse. Elle ne demande pas de temps de réflexion ; elle offre des résultats instantanés, permettant ainsi aux équipes de se concentrer sur d’autres tâches stratégiques.
Les bénéfices sont réels : produire plus, plus vite, moins cher. Mais un risque invisible s’installe — celui de l’uniformité. Quand on confie à l’IA la responsabilité de rédiger à notre place, on abandonne ce qui fait la force d’une marque : une voix singulière, une perspective assumée, une tonalité reconnaissable. L’IA ne pense pas singulièrement ; elle agrège. Elle ne propose pas une vision ; elle synthétise des patterns existants — créant ainsi des contenus interchangeables, aseptisés, vidés de leur substance.
Repérer les patterns des IA
Avez-vous été attentif à la première partie de cet article ? Les fins connaisseurs auront remarqué qu’elle adopte un style outrageusement caractéristique de la rédaction par IA. Car les IA ont un style qui, s’il n’est pas amendé, se reconnaît au premier coup d’œil. Notamment :
- Un rythme ternaire : 3 exemples régulièrement cités en fin de phrase.
- Des structures antithétiques : « il ne xxx pas, il xxx. »
- Un usage abusif du participe présent : celui-ci est régulièrement placé derrière une virgule, créant ainsi une impression de continuité logique.
- Les tirets cadratins : bien plus utilisés en langue anglaise, les tirets cadratins ont vu leur usage augmenter considérablement dans les textes en français.
- Des points-virgules : supposés aérer le texte, les points-virgules sont utilisés à l’excès par les IA. Paradoxalement, ils en viennent à perturber la lisibilité.
De manière générale, les intelligences artificielles ont tendance à produire des phrases génériques, structurellement interchangeables, qui donnent l’illusion du sens sans en porter réellement. Ces phrases, souvent prudentes et consensuelles, remplissent une fonction rhétorique plus qu’argumentative. On y retrouve des structures qui peuvent, par exemple, ressembler à :
- « Pour faire X, il est essentiel de Y. »
- « X ne se limite pas à Y, mais implique également Z. »
- « X s’inscrit dans une dynamique plus large visant à renforcer Y. »
À noter : le style rédactionnel des IA peut être amené à évoluer au fil des modèles. Un pattern observé chez GPT-3.5 peut avoir disparu, ou été remplacé par un autre, dans les modèles plus récents.
Garder la main sur vos contenus, même avec les IA
Faut-il pour autant se passer de l’IA ? Pas nécessairement. Il est tout à fait possible de profiter de ses avantages en termes d’efficacité sans tomber dans ses travers. Pour garder la main sur ses contenus, deux niveaux d’action sont possibles.
Le premier consiste à intervenir en amont, en paramétrant l’outil. Vous pouvez donner à l’IA des indications précises de style, de ton et de posture, mais aussi lui indiquer explicitement ce qu’elle doit éviter. Des solutions existent déjà : ChatGPT permet d’intégrer des instructions personnalisées ou de créer des GPTs dédiés à vos projets, tandis que Claude offre la possibilité de paramétrer un style rédactionnel ou de créer un skill. Dans la méthode, faire rédiger un texte étape par étape, au moyen d’une chaîne de prompts, vous permettra également d’obtenir un bien meilleur contrôle sur le contenu généré qu’en faisant rédiger l’article d’une traite.
Le second niveau d’action intervient en aval : la retouche humaine. Couper, réécrire, déplacer, préciser, durcir une formulation. Cette étape, certes un peu plus chronophage, représente un vernis final d’authenticité. Même lorsqu’une IA intervient dans la rédaction, vous devez pouvoir signer chaque mot publié.
Fournir des exemples : quand l’authenticité bénéficie au SEO
L’ajout d’exemples concrets constitue un levier efficace pour rompre avec le caractère générique des textes générés par IA. Là où ces derniers privilégient des formulations abstraites et consensuelles, l’introduction d’éléments spécifiques permet de rétablir une singularité éditoriale. Un exemple situé, une situation observée ou un retour d’expérience introduisent du contexte, de la subjectivité et des contraintes réelles. Ce type de contenu apporte une information plus précise au lecteur et rend le texte identifiable, car il ne peut être transposé tel quel à un autre sujet sans perdre son sens.
Bonne nouvelle : cette approche présente également un intérêt en matière de référencement naturel. En 2022, Google a fait évoluer ses critères d’évaluation de la qualité des contenus en ajoutant la notion d’expérience à son cadre E-E-A-T, aux côtés de l’expertise, de l’autorité et de la fiabilité.