Google va tester un nouveau format de recherche en Europe pour éviter une amende record de l’UE


Sous la pression du Digital Markets Act (DMA), Google s’apprête à modifier en profondeur l’affichage de ses résultats de recherche en Europe. L’objectif : donner plus de visibilité à ses concurrents dans les secteurs du voyage, de la restauration et des services locaux, afin d’éviter des sanctions pouvant atteindre 10 % de son chiffre d’affaires mondial.

Ce qu’il faut retenir :

  • Google va tester un nouvel affichage des résultats en Europe, intégrant des services concurrents.
  • Le test débutera par les recherches d’hôtels avant d’être étendu aux vols et restaurants.
  • L’Union européenne soupçonne Google de favoriser ses propres services, en violation du DMA.
  • Les amendes potentielles pourraient atteindre plusieurs milliards d’euros..

Google ajuste son moteur pour rester dans les clous du DMA

Selon Reuters et Search Engine Journal, Google pourrait lancer dans les prochaines semaines un grand test au sein de l’Union européenne. Ce nouveau format de résultats vise à afficher, par défaut, les « vertical search services » (VSS) les mieux classés, autrement dit, des moteurs spécialisés concurrents dans des domaines précis comme les hôtels, les vols ou encore les restaurants. Ces liens apparaîtront aux côtés, voire au-dessus, des services intégrés de Google comme Google Flights ou Google Hotels.

L’initiative intervient après plusieurs avertissements de la Commission européenne, qui accuse le géant de favoriser ses propres plateformes au détriment de la concurrence, en violation du Digital Markets Act, le règlement européen entré en vigueur pour encadrer les pratiques des très grandes plateformes.

Des précédents tests et des propositions rejetées

Google avait déjà testé des versions simplifiées de son moteur en Europe, notamment pour la recherche d’hôtels, en supprimant les cartes et modules interactifs au profit de simples liens bleus. Ces expérimentations avaient provoqué des chutes de trafic de 20 à 30 % pour certains sites.

Depuis les premières accusations en mars dernier, la firme californienne a soumis plusieurs séries de propositions à Bruxelles. Jusque-là, aucune n’avait convaincu les régulateurs ni les moteurs concurrents, jugées insuffisantes ou trop superficielles.

Un enjeu financier colossal pour Google

Les risques sont considérables : en cas de confirmation de non-conformité, la Commission européenne pourrait imposer une amende allant jusqu’à 10% du chiffre d’affaires mondial d’Alphabet. Pour une entreprise dont les revenus dépassent les 300 milliards de dollars, la facture pourrait se chiffrer en dizaines de milliards.

Depuis 2017, Google a déjà cumulé 9,71 milliards d’euros d’amendes pour divers abus de position dominante au sein de l’Union européenne. Le DMA, plus strict que les précédentes législations antitrust, dote désormais Bruxelles d’un outil de régulation beaucoup plus contraignant.

Un changement historique pour les utilisateurs et le référencement ?

Cette refonte pourrait transformer la manière dont les internautes européens perçoivent la recherche en ligne. Les acteurs du voyage et de la restauration, longtemps dépendants de la visibilité offerte par Google, pourraient récupérer une part des clics orientés jusqu’ici vers les modules internes du moteur.

À terme, cette dynamique pourrait aussi influencer le SEO et la manière dont les sites spécialisés optimisent leur présence. Bref, un changement potentiellement d’envergure pour tout l’écosystème numérique européen.



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