Alors que les relations entre les géants américains du numérique et Bruxelles restent sous tension, Google s’apprête à modifier la présentation de son moteur de recherche en Europe, avec en ligne de mire, les exigences du DMA qui encadre les pratiques des grandes plateformes numériques.
D’après des informations révélées par Reuters, le groupe testerait dans les prochains jours une nouvelle organisation des résultats pour certaines requêtes transactionnelles, notamment les hôtels, les vols ou les restaurants. Une évolution qui ne relève pas d’un simple ajustement graphique, mais d’un équilibre délicat entre la conformité réglementaire et la préservation de son modèle économique…
Des comparateurs mieux positionnés dans les résultats
Concrètement, Google prévoirait d’afficher par défaut les moteurs de recherche spécialisés les mieux classés, les « Vertical Search Services », aux côtés de ses propres outils. Jusqu’à présent, des services maison comme Google Hotels ou Google Flights occupaient très largement le haut de la page, reléguant les comparateurs concurrents plus bas dans les résultats.
Avec ce nouveau format, les plateformes spécialisées dans l’hébergement, le transport aérien ou la restauration gagneraient en visibilité, avec un affichage similaire à celui des produits Google. Les premiers tests concerneraient les recherches liées aux logements, avant un élargissement progressif aux vols et à d’autres services.
Dans le même temps, Google envisagerait d’intégrer des flux de données en temps réel, comme les disponibilités des hébergements, les horaires de transport ou des options de réservation, positionnés au-dessus ou en dessous des comparateurs. Une manière de conserver un rôle central dans l’expérience utilisateur, tout en répondant aux critiques sur l’auto-préférence…
Le spectre d’une sanction au titre du DMA
Depuis mars 2025, la Commission européenne accuse Google de ne pas respecter le DMA en favorisant ses propres services. Pour les régulateurs, ce type de pratique peut fausser la concurrence en limitant la visibilité d’acteurs tiers pourtant spécialisés sur ces marchés.
Les enjeux financiers sont considérables, car en cas d’infraction avérée, l’amende peut atteindre jusqu’à 10% du chiffre d’affaires annuel mondial du groupe, et pour sa maison mère Alphabet, cela représenterait plusieurs dizaines de milliards de dollars. Un risque d’autant plus sensible que Google a déjà écopé de près de 9,71 milliards d’euros d’amendes en Europe depuis 2017 pour différentes infractions au droit de la concurrence.
Face à cette pression de l’Europe, la stratégie de Google semble désormais plus pragmatique, et consiste à multiplier les expérimentations et documenter leur impact pour démontrer une ouverture réelle à la concurrence.