À la veille du premier tour des élections municipales à Nice (Alpes-Maritimes), un proche de Christian Estrosi, maire Horizons sortant et candidat à sa réélection, et un ancien policier ont été mis en examen ce vendredi après-midi, après avoir été déférés dans ce but devant le juge. Le plus jeune des suspects, quadragénaire, a été écroué, tandis que l’autre, septuagénaire, a été placé sous contrôle judiciaire.
Selon nos informations, les deux suspects, de nationalité française, n’ont pas reconnu lors de leur garde à vue avoir commandité l’opération. Le premier, quadragénaire, avait été interpellé à son domicile de Nice. Le second, septuagénaire, avait été convoqué le même jour avec deux sœurs, nées en 1963 et 1967, dont les gardes à vue ont été levées jeudi après-midi.
Deux profils différents
Les deux hommes sont nés en 1947 et 1980. Le plus âgé est un ancien policier de la Direction de la surveillance du territoire (DST) à la retraite, reconverti désormais en détective privé et spécialiste de la cybercriminalité. Il apparaît que cet ancien agent des renseignements, qui vit en Tunisie, est en contact depuis longtemps avec l’un des deux Tunisiens, informaticien, mis en examen et écroué vendredi dernier.
Le quadragénaire, proche du couple Estrosi est, lui, un expert de la communication et du marketing digital, diplômé en informatique.
Selon nos informations, des contacts téléphoniques et physiques ont eu lieu entre les deux suspects et les deux hommes de nationalité tunisienne soupçonnés d’avoir déposé la tête de porc. Ces derniers avaient été mis en examen vendredi 6 mars et placés en détention dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour provocation publique à la haine ou à la violence à raison de l’origine, la race ou la religion, violences aggravées visant un élu public ou encore accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel.
La permanence de la liste de gauche vandalisée
L’affaire pollue la campagne des municipales depuis qu’elle a éclaté, elle n’a pas amélioré le climat qui règne dans la mal nommée « cité des anges », pour laquelle Éric Ciotti et son ennemi Christian Estrosi se mènent une lutte acharnée. La contagion a gagné tous les camps : ce vendredi matin, selon Nice-Matin, la permanence de la candidate de gauche Mireille Damiano (liste Nice Front Populaire) a été vandalisée. Des tags « LFI tue », « Fuck LFI » ou « Quentin présent », en référence au militant d’ultradroite mort des coups qui lui ont été portés à Lyon, ont été retrouvés peints à l’extérieur du local. « On y est. Celles et ceux qui hurlent avec les loups portent une part de responsabilité dans toutes ces histoires, a réagi son colistier Olivier Salerno sur X (ex-Twitter). Quoi qu’il arrive, on ne lâchera rien face au fascisme qui vient. »