Depuis les élections européennes dimanche dernier, des manifestations contre la montée de l’extrême droite ont lieu pratiquement tous les jours en France.
Au moins 250.000 personnes ont défilé samedi en France contre l’extrême droite, en position de force à l’approche des législatives convoquées par le président Emmanuel Macron, alors que la nouvelle coalition de gauche connaît déjà de premières fissures.
Dans la capitale, des milliers de manifestants – jeunes, familles avec enfants, retraités – ont commencé à battre le pavé après 14h, dans une ambiance bon enfant, au cri de “la jeunesse emmerde le Front national”. “Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers”, lance un manifestant. “La situation est grave, il faut s’engager”, explique Gauvin Chêne, un étudiant de 20 ans. “Je suis là pour défendre les droits des femmes, l’égalité entre les peuples, l’écologie aussi”, raconte Marie Chandel, 58 ans, employée dans l’Éducation nationale.
©EPA
©EPA
Selon les autorités, les manifestations ont rassemblé 250.000 personnes dans le pays, dont 75.000 dans la capitale. Le syndicat contestataire CGT en a, lui, dénombré 640.000.
En province, à 13g, 98 rassemblements ont été recensés, selon une source policière. Cinq syndicats CFDT, CGT, UNSA, FSU et Solidaires ont appelé à la mobilisation. FO, CFE-CGC et CFTC mettent en avant leur apolitisme pour ne pas appeler à manifester. Au total, environ 200 manifestations sont prévues dans le pays pendant le week-end, à deux semaines de législatives qui provoquent une recomposition chaotique de la vie politique en France.
©AFP
Tempête électorale chez LFI
Les leaders de gauche étaient en tête du cortège à Paris. Sans un mot sur les profondes divergences qui ébranlent le Nouveau Front populaire, après la décision de La France Insoumise (LFI) de ne pas réinvestir plusieurs figures opposées à Jean-Luc Mélenchon.
“Nous sommes prêts, nous avons fait (l’union), personne n’y croyait”, “on va vous redonner la flamme. Et pas celle du Front national, celle-là on va l’éteindre”, a lancé la patronne des Écologistes, Marine Tondelier. “Il y a des différences entre nous mais quand l’essentiel est en cause, nous n’avons pas le droit de faire autre chose que de nous rassembler”, a renchéri le patron des socialistes, Olivier Faure. “Nous sommes en train d’écrire l’histoire”, a assuré Mathilde Panot, une proche de Jean-Luc Mélenchon.
À Amiens, François Ruffin, a tout de même exhorté à “ne pas revenir aux rancœurs”, mais “à prendre de la hauteur”. “Jean-Luc Mélenchon est fabuleux quand il se met en retrait”, a-t-il taclé.
La grogne au sein de LFI a éclaté vendredi soir. Un proche du tribun, Adrien Quatennens, pourtant condamné en 2022 à quatre mois d’emprisonnement avec sursis pour violences conjugales, a été réinvesti dans le Nord. En revanche, Danielle Simonnet, Raquel Garrido et Alexis Corbière, des figures historiques du mouvement opposées à la ligne mélenchoniste, ont été brutalement écartées et remplacées par d’autres candidats inconnus du grand public. “Une purge”, a dénoncé la première, le deuxième accusant Jean-Luc Mélenchon de “régler ses comptes”.
Alors que l’Euro de football a démarré vendredi soir en Allemagne, l’attaquant de l’équipe de France Marcus Thuram a appelé à “se battre pour que le RN ne passe pas”.
Emmanuel Macron a brocardé les divergences internes sur le programme à gauche, y voyant un “spectacle de grande incohérence”: “On est chez les fous, ce n’est pas sérieux”.
Prises de position contre l’extrême droite
“La République est en danger face à ces ingénieurs du chaos qui prônent la division”, a estimé vendredi Jordan Bardella en campagne dans le Loiret, ciblant les “amis de M. Mélenchon”. Le président du RN qui vise Matignon à 28 ans seulement, a jugé que seules “deux formations politiques” pourront “composer un gouvernement”: la sienne, favorite des sondages, et cette nouvelle union de la gauche.
©REUTERS
Depuis dimanche, des manifestations et rassemblements ont lieu quasi quotidiennement, notamment en régions.