L’intelligence artificielle va aussi changer l’immobilier : “Il en va de la survie des entreprises dans un horizon pas si lointain que cela”


L’intelligence artificielle sauvera-t-elle les agents immobiliers de l’épuisement ?

Mais cela ne veut pas dire qu’il ne peut pas être aidé dans sa vie quotidienne. Expert en marketing digital et en transformation de l’expérience client et consultant au sein de ILIA. ai, Nicolas Bataille a présenté les implications concrètes de l’IA dans le métier, dans le futur, lors du dernier congrès annuel de Federia. “L’intelligence artificielle évolue à toute vitesse. Sa croissance est exponentielle et supplante largement l’avènement d’Internet avant elle. La véritable révolution numérique n’est pas celle qu’on croyait.

Nicolas Bataille.
Nicolas Bataille. ©D.R.

À ceux qui ont tardé à comprendre l’intérêt de se positionner sur la Toile et qui ont perdu de précieuses années et leur lot de parts de marché, je dis qu’il est urgent de ne pas réitérer les erreurs du passé. Il faut prendre l’intelligence artificielle au sérieux et s’y engager dès à présent. Il en va de la survie des entreprises. Et ce, dans un horizon pas si lointain que cela. Pour en revenir à la thématique de Federia, 2030, c’est demain. Et, en même temps, au vu des progrès incroyables de l’intelligence artificielle depuis l’essor de ChatGPT voici deux ans, les cinq prochaines années promettent d’être cruciales, avec des avancées technologiques fulgurantes en perspective. Ceux qui hésitent encore risquent d’être très rapidement distancés. Le gap est, à ce titre, déjà impressionnant entre l’Europe et les États-Unis ou l’Asie, par exemple, où la plupart des entreprises ont pris le pli de l’intelligence artificielle depuis un an au moins”, nous expliquait-il notamment.

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Comme je le dis souvent à mes clients, quel que soit le secteur, l’IA ne va pas nous remplacer, mais nous rendre plus hybrides, plus forts.”

“Le futur, c’est maintenant”

On l’aura compris, il ne faut pas rater le train de l’IA. Mais cela ne nous dit pas encore, concrètement, comment le secteur de l’immobilier peut profiter de cette vague qui emporte tout sur son passage, semble-t-il. “Ce qu’il faut déjà comprendre, c’est que le futur, c’est maintenant, avance-t-il. On nous parle souvent d’un horizon 2030 mais c’est maintenant qu’il se construit. Le premier défi pour les agents immobiliers sera de tester eux-mêmes les outils qui existent. C’est comme cela qu’ils pourront découvrir les applications concrètes potentielles, dans leur quotidien. Savoir discuter et poser les bonnes questions à ChatGPT, c’est déjà une bonne base. La clé dans l’avenir sera de savoir exprimer son problème correctement, pour avoir la meilleure réponse possible. La grande force du secteur de l’immobilier est qu’on dispose déjà de millions de datas publiquement, sur internet. ChatGPT y a accès et peut, avec une bonne question, générer des tableaux comparatifs entre deux communes, par exemple. On peut apporter à un client toutes les différences en termes de prix, de géographie, d’offre commerciale, etc. On peut aussi gagner beaucoup de temps sur les visites et prévisites. Aujourd’hui, l’IA peut voir via la caméra d’un smartphone. Des applications permettent ainsi de générer des plans en 3D d’une maison en filmant simplement les pièces, ou encore d’imaginer comment organiser une pièce sur base d’une simple photo. Cela peut permettre de faire une vente rapidement.”

Le secteur immobilier se met doucement à l’intelligence artificielle

La question est maintenant de savoir si l’agent immobilier virtuel pourrait vraiment être créé, et quand. “Comme je le dis souvent à mes clients, quel que soit le secteur, l’IA ne va pas nous remplacer mais nous rendre plus hybrides, plus forts”, assure-t-il.

Mais comment devient-on consultant dans le monde de l’intelligence artificielle ? Ce n’est évidemment pas un rêve de petit garçon puisque ce métier est nouveau. “Je suis le fils d’un informaticien et d’une maman qui a eu un grand parcours dans la publicité, nous raconte Nicolas Bataille. Personnellement, je suis diplômé de l’Ihecs et j’ai lancé une des premières agences de marketing digital en 2001, Creaxial. Cette aventure a duré 17 ans, à partir du tout début d’internet, quand tous les entrepreneurs ne voyaient pas l’utilité d’avoir un site internet. Au final, nous étions l’agence qui gérait toutes les campagnes de Proximus, premier annonceur du pays.”

Il y a 7 ans, il a décidé de changer de cap en revendant son entreprise. “À ce moment-là, je me suis lancé comme consultant dans le marketing digital et la création digitale. Avec cette expérience, je me suis directement tourné vers l’intelligence artificielle quand elle a débarqué. J’ai d’abord exploré tout ce qui existait dans ma vie de tous les jours, avant de le proposer à des clients. Je ne me considère pas comme un expert en IA (je ne suis pas développeur) mais comme un enthousiaste qui fait le lien entre les solutions d’IA et les PME.”



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