« Mes parents avaient peur que ça ruine mes études » : ces adolescents ont créé leur entreprise


« On voit passer 200 à 300 clients par jour, notre commerce marche très bien », affirme Cloé Mamet, 17 ans, cogérante d’une boulangerie, avec son compagnon de 24 ans. « Je m’occupe de la pâtisserie et de la vente, et lui est sur la boulangerie et le snacking. On s’occupe de tout à deux », explique cette jeune Deux-Sévrienne. Diplômée d’un CAP de pâtisserie, elle a « toujours eu » pour projet de créer une entreprise : « J’ai discuté avec mon conjoint, fait les recherches, présenté notre projet à la banque et à la Fédération des Boulangers, puis on s’est lancés. Pour l’instant, tout se passe bien », se réjouit la cheffe d’entreprise.

La création d’entreprise avant d’être majeur(e) reste un phénomène en marge. Selon l’Insee, les 16-25 ans représentaient 15,1 % des entrepreneurs français en 2023, mais l’Institut national de la statistique ne précise pas la part des mineurs. Ces derniers doivent avoir l’accord de leurs parents et ne peuvent « créer une entreprise » qu’à « partir de 16 ans », selon le site Entreprendre.Service-public.fr.

À 18 ans, il embauche des collaborateurs

Clément Corselle, lui, s’est lancé à 16 ans. « En plein confinement en 2020, les infos disaient que seule une entreprise sur trois était digitalisée », raconte l’autodidacte lillois, qui savait déjà faire du code informatique à 15 ans. « J’ai donc proposé gratuitement mes services de création de site à quelques commerces près de chez moi ». Grâce au bouche-à-oreille, il voit très vite les demandes se multiplier et finit par créer son autoentreprise. À 18 ans, il embauche des collaborateurs et transforme son activité en société par actions simplifiée.

« Mes parents avaient peur que ça ruine mes études, ils n’étaient pas pour », admet aujourd’hui celui qui, à 20 ans, est devenu directeur général de Digicomarket, son agence de marketing digital. « Je ne les ai pas écoutés. J’ai eu mon bac mention bien, puis je me suis totalement consacré à mon entreprise. Aujourd’hui, ils me soutiennent », assure-t-il.

Accompagnement des parents

Théo Biron-Riquier, 14 ans, s’est, quant à lui, vu souffler l’idée de monétiser ses services par sa mère. « À force de financer sa passion pour la photo, puis de voir son compte Instagram cumuler les abonnés, je me suis dit que ce ne serait pas une mauvaise idée qu’il puisse être payé pour quelque chose qu’il fait super bien », affirme Christelle, la mère du photographe en herbe.

« J’ai commencé à avoir des demandes de shooting quand j’ai eu de plus en plus de vues sur mes photos Instagram », raconte Théo, qui habite en Guadeloupe et cumule plus de 10 000 abonnés sur le réseau social. Il souhaite lancer son affaire. Dans son cas, « un mineur peut disposer d’un droit d’auteur mais il ne peut pas faire de contractualisation », explique toutefois Vanessa Bouchara, avocate spécialiste en droit de la propriété intellectuelle. Selon elle, Théo aura ainsi « besoin de l’intervention de son représentant légal ». Il sera ainsi accompagné par sa mère pour la mise en place de son activité, qu’il souhaite « dans les prochains mois ».



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