news.ch – Une fondation réclame 266 millions de francs à la Confédération



Une demande de dédommagement a été adressée au Département
fédéral des finances, a indiqué vendredi l’avocat en Suisse de la
fondation, Mordechai Livschitz. Il reproche à l’instance de
surveillance du Département fédéral de l’intérieur (DFI) d’avoir
agi avec légèreté en permettant au docteur et à son entourage
d’exposer ces tableaux à l’étranger.

La collection du médecin et philantrope allemand est au centre
d’un véritable imbroglio juridique. Qui, de Gustav Rau ou de la
fondation Crelona, a la garde des tableaux. Et le médecin est-il
incapable de discernement, comme l’estime le Tribunal fédéral, ou
au contraire jouit-il de sa pleine capacité civile, comme l’a jugé
un tribunal de Baden-Baden (D).

En juillet 1987, Gustav Rau a fait cadeau de sa collection – 423
peintures, 238 sculptures et 91 objets d’art d’une valeur estimée à
plus de 500 millions de francs – à la fondation Crelona. Au décès
du mécène âgé de 78 ans, elle devrait léguer la collection à la
Fondation Rau pour le Tiers Monde, basée à Zollikon (ZH).

Les ennuis ont débuté en 1998 lorsqu’un tribunal de Monaco a
adjoint un administrateur à Gustav Rau. A plusieurs reprises, le
docteur avait été découvert errant dans les rues, visiblement
perdu. Peu après, son avocat suisse avait demandé à la
Confédération de mettre sous séquestre les oeuvres se trouvant à
Embrach (ZH) et de désigner un curateur.

Mais les vrais problèmes sont apparus l’an dernier, lorsque le
mécène a désigné un nouveau bénéficiaire, l’Unicef. Estimant Gustav
Rau incapable de discernement, la fondation Crelona conteste cette
décision. Elle estime être la dépositaire de la collection jusqu’à
la mort du docteur.

L’affaire s’est compliquée avec l’autorisation donnée au mécène
et à son entourage par l’instance de surveillance d’exposer 106
oeuvres au Japon. Au lieu de revenir en Suisse comme prévu, elles
ont été acheminées à Paris. Pour ajouter à la confusion, la justice
française a fait saisir une toile de Cézanne figurant au répertoire
des biens spoliés par les nazis en France.

Pour M. Mordechai, il est clair que les avocats et personnes de
confiance ont pris le contrôle sur ces tableaux. Il estime que la
fondation Crelona ne retrouvera jamais son bien. La Confédération
est partiellement responsable, dans la mesure où elle a outrepassé
ses compétences, selon un communiqué de son bureau, «De Beer
Rechtsanwälte» à Zollikon (ZH).

(sda)



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