« À l’ère des podcasts et de la radio 2.0, les RP doivent changer de fréquence », Lison Ricq (OneChocolate)


Il flotte dans l’air un vent de changement qui redéfinit le paysage sonore. La radio, ce média qui rythmait autrefois nos trajets en voiture et nos petits-déjeuners, subit une profonde métamorphose. Si ses formes d’écoute se transforment, en termes de confiance, la radio obtient une note de 6,2/10 et reste ainsi le média préféré des Français aux côtés de la presse écrite, selon une étude ACPM-CSA datant d’octobre 2024. Dans le même temps, les podcasts envahissent nos oreilles, portés par l’essor des plateformes numériques comme Spotify ou Deezer. Cette effervescence soulève une question cruciale pour les attachés de presse : comment adapter leurs stratégies dans un paysage médiatique où l’audio prend de plus en plus de place, mais où les frontières historiques entre les différents types de contenus audio se brouillent ?

Une évolution plane dans les airs

La consommation de l’audio a changé. Selon Médiamétrie, 97 % des Français consomment du contenu audio chaque mois, mais seulement 56 % écoutent encore la radio chaque jour. Quel est le point de bascule ? L’écoute en direct s’effrite, remplacée par l’écoute délinéarisée, c’est-à-dire en replay et en streaming. En cause : nos smartphones omniprésents, le télétravail qui bouleverse nos routines et une demande croissante de flexibilité de la part des auditeurs.

Des zones rurales, où la radio garde une place de choix dans les voitures, à des zones urbaines dominées par les transports en commun, les habitudes d’écoute diffèrent. Ce phénomène expliqué par Guy De Trouselle, directeur commercial développement de Médiamétrie lors de l’édition 2024 du salon Presse et Médias au Futur, confirme que de nouvelles fenêtres s’ouvrent en matière de consommation de contenus audios. À tel point que, selon Guy De Trouselle, certaines radios attirent aujourd’hui autant voire plus d’audience avec leurs replays vidéo qu’avec leurs émissions en direct, tandis que d’autres explosent sur TikTok grâce à des extraits d’émission savamment sélectionnés.

Ainsi, cette mutation bouscule les modèles de mesure d’audience traditionnels, rendant obsolètes certaines pratiques, comme la valorisation des pics d’écoute quotidiens. Désormais, il faut penser sur le long terme, en intégrant ces nouveaux espaces où les contenus vivent et se rediffusent. Un défi supplémentaire pour les relations presses quand il s’agit de quantifier leurs retombées.

Radio et podcast : un défi d’identification pour les attachés de presse

Parallèlement, l’explosion des podcasts redéfinit l’avenir de l’audio. Ces formats, autrefois perçus comme des alternatives de niche, flirtent désormais avec les codes journalistiques. Aujourd’hui, certains podcasts adoptent des approches proches des émissions radiophoniques en termes de rythme et d’informations délivrées.

Alors, comment s’y retrouver en tant qu’attaché de presse dans ce paysage médiatique en constante évolution ? Doivent-ils traiter un podcast comme une émission classique, ou se tourner vers des approches inspirées du marketing digital ? Une chose est sûre : la stratégie traditionnelle de mise en avant des pics d’écoute en direct est dépassée. Désormais, il faut penser en termes de durée de vie des contenus, des replays aux rediffusions sur les réseaux sociaux.

Nouvelles opportunités de médiatisation dans un paysage décloisonné

Si cette mutation peut sembler déroutante, elle regorge aussi d’opportunités. Les nouvelles plateformes offrent des espaces inédits de médiatisation : un extrait audio devient viral sur TikTok, une vidéo d’émission capte l’attention sur Instagram, et un podcast niche trouve son public via Spotify. Pour les attachés de presse, cela implique de jongler entre des pratiques classiques – comme créer des relations sur le long terme avec les rédactions – et des tactiques modernes, comme travailler avec des influenceurs ou optimiser la durée de vie des contenus numériques.

Le décloisonnement des médias est une aubaine pour raconter des histoires autrement. Un podcast peut désormais dialoguer avec la presse écrite, s’afficher sur des plateformes vidéo, ou même faire l’objet d’événements live.

Vers une redéfinition des relations presse audio

Le succès des podcasts et l’évolution des radios montrent une vérité simple : l’audio n’a jamais été aussi vivant. Mais dans cet univers fragmenté, les attachés de presse ont un défi à relever. Ils doivent penser leurs campagnes comme des mosaïques, où chaque contenu audio est une pièce d’un puzzle médiatique plus vaste.

Être attaché de presse en 2024, c’est abandonner les certitudes d’hier pour embrasser la complexité d’aujourd’hui. C’est savoir parler le langage des journalistes, mais aussi celui des algorithmes. C’est construire des ponts entre les formats et les plateformes. En somme, c’est devenir le metteur en scène d’un univers audio où la radio et le podcast ne sont plus des rivaux, mais des partenaires d’un même récit.



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