Geoffroy Baylaender : Je suis devenu consul honoraire à la demande du consul général de Suisse à Marseille. Il souhaitait quelqu’un de bien ancré localement. Mon engagement au sein de la Jeune Chambre Économique de Montpellier l’a convaincu que je pourrais être utile. J’ai accepté, même si je ne connaissais absolument rien à cette fonction. J’apprends au fur et à mesure ! C’est un travail passionnant qui me permet de rencontrer mes compatriotes. Ma première mission a été pour le moins surprenante : il s’agissait d’un Suisse décédé depuis trois semaines… et resté à la morgue !
Combien de Suisses vivent dans la métropole de Montpellier ?
Geoffroy Baylaender : Actuellement, ils sont exactement 1 143 à résider dans la métropole, et environ 2 300 dans le reste du département de l’Hérault. Dans ces 1 143 personnes, près de la moitié vit à Montpellier. La plupart possèdent la double nationalité. On retrouve beaucoup de retraités, d’étudiants, mais aussi des actifs qui bénéficient du dynamisme économique de la région. D’ailleurs, deux grandes entreprises suisses y sont implantées : Just, spécialisée dans les soins cosmétiques à base de plantes et d’herbes suisses, a installé son siège français à Saint-Georges-d’Orques, et Urbasolar, une entreprise montpelliéraine qui commercialise des centrales solaires photovoltaïques, appartient depuis 2019 au groupe suisse Axpo. Les échanges économiques vont certainement s’intensifier avec l’ouverture cet été d’une ligne aérienne directe entre Zurich et Montpellier. Montferrier-sur-Lez est la seule commune de l’Hérault à être jumelée avec une ville suisse (voir plus bas).
La Suisse possède quatre langues officielles. Est-ce un atout ?
Geoffroy Baylaender : Absolument. La diversité culturelle et le plurilinguisme sont au cœur de l’identité suisse. Même si tous les Suisses ne parlent pas les quatre langues, il est rare d’être totalement monolingue. Moi, par exemple, je viens du Tessin, un canton italophone. Je parle italien et français, je comprends le romanche, mais je ne parle plus l’allemand. À cela s’ajoute l’anglais, que je maîtrise bien. C’est un atout, car cela développe la rapidité d’adaptation et de réflexion. Le revers de la médaille est que je ne suis excellent en orthographe dans aucune de ces langues.
Que retrouve-t-on de suisse à Montpellier ?
Geoffroy Baylaender : Un certain cosmopolitisme et une ouverture interculturelle. Comme en Suisse, Montpellier valorise la diversité et l’égalité dans les échanges. Par ailleurs, la ville partage de nombreuses similitudes avec Lausanne : ce sont deux grandes villes universitaires, riches en musées, théâtres et festivals. Elles ont aussi une forte culture sportive. D’ailleurs, le Comité International Olympique est basé à Lausanne, et l’an dernier, quatre classes de Montpellier ont eu l’opportunité de s’y rendre en visite.