Ce soupçon d’espionnage autour des airfryers Xiaomi affole les foyers français, voici ce que révèle l’enquête et ce que prépare le régulateur



Par La Rédaction Peaches


– Publié le 12 Nov 2025 à 08:18

– Mis à jour le 12 novembre 2025 à 08:18

Les airfryers connectés inquiètent après une enquête britannique. Des modèles Xiaomi sont pointés, et une réponse tombe. Dans les cuisines françaises, la friteuse sans huile s’est imposée comme un réflexe du soir.

Les airfryers connectés inquiètent après une enquête britannique. Des modèles Xiaomi sont pointés, et une réponse tombe.

Dans les cuisines françaises, la friteuse sans huile s’est imposée comme un réflexe du soir. Rapide, pratique, elle coche les cases d’un quotidien pressé. Une enquête du magazine britannique Which? relance pourtant le débat sur la vie privée avec des constats précis qui visent des modèles connectés, dont ceux de Xiaomi.

Au fil de ses tests publiés à l’automne 2024, Which? a examiné des airfryers et d’autres objets du quotidien qui se pilotent depuis le smartphone. Au menu, des permissions jugées intrusives et des transferts de données qui interrogent. Le sujet revient sur la table en cette fin d’année.

Airfryers Xiaomi et données personnelles, ce que Which? a réellement observé

L’enquête signale que l’application Xiaomi Home intègre des trackers pour Facebook et le réseau publicitaire de TikTok. Sauf que ces traceurs ne concernent pas seulement des statistiques d’usage, ils servent aussi à l’écosystème publicitaire. Which? souligne par ailleurs des transmissions de données vers l’étranger pour plusieurs références d’airfryers.

Selon les résultats publiés, des modèles signés Xiaomi, mais aussi Aigostar et Cosori, transmettent des données personnelles vers des serveurs en Chine. Cette pratique figure dans leur politique de confidentialité. Et pourtant, cet avertissement reste peu visible pour l’utilisateur qui installe son appareil en quelques minutes et se fie aux réglages par défaut.

  • Marques citées par l’enquête pour des transferts vers la Chine Xiaomi, Aigostar, Cosori

Which? n’a pas limité ses vérifications aux friteuses sans huile. Les montres connectées étudiées demandent sur le smartphone des autorisations jugées risquées comme l’accès à la géolocalisation, à l’enregistrement audio et aux fichiers stockés. Même constat pour certaines enceintes connectées qui embarquent des traceurs liés à Facebook, Google et Urbanairship, une entreprise de marketing digital. L’approche se veut factuelle et met en lumière des schémas communs à des appareils du quotidien.

Ce que dit l’ICO sur ces transferts et ce qui est annoncé pour 2025

Le régulateur britannique des données personnelles, l’Information Commissioner’s Office, a réagi aux constats publiés. Selon l’autorité, ces tests “montrent que de nombreux produits ne répondent ni à nos attentes en matière de protection des données, ni aux attentes des consommateurs”. Une phrase qui résonne en France où le RGPD encadre déjà strictement le recueil et l’usage des informations personnelles.

Dans la foulée, l’ICO a annoncé de nouvelles directives dédiées aux appareils connectés, présentées comme un mode d’emploi pour les fabricants. Elles ont été annoncées pour le printemps 2025, avec l’objectif affiché de mieux encadrer la conception des produits dès l’amont. Le rédacteur en chef de Which?, Harry Rose, appelle à une application ferme du reglement sur tous les acteurs visés, y compris hors Royaume-Uni, avec cette formule claire “contre les entreprises opérant à l’étranger”. La balle est aussi dans le camp des industriels, qui multiplient les fonctions connectées dans l’électroménager.

Dans ce contexte, l’acheteur français qui s’équipe en fin d’année ne cherche pas un cours de cybersécurité. Il veut un produit simple qui respecte ses choix. La question est donc très concrète pour un usage quotidien qui se joue dans la cuisine, pas dans les paramètres cachés d’une application.

La réponse de Xiaomi et les limites du débat côté utilisateurs

Mis en cause par l’enquête, Xiaomi a publié une réponse écrite. Le fabricant dit respecter la vie privée et affirme se conformer aux lois britanniques en matière de protection des données. L’entreprise défend aussi la manière dont ses appareils connectés fonctionnent avec l’application maison. Elle précise noir sur blanc “Nous ne vendons aucune information personnelle à des tiers”. Puis elle ajoute un point technique qui concerne directement l’airfryer de la marque “L’autorisation d’enregistrer l’audio sur l’application Xiaomi Home ne s’applique pas à la friteuse connectée Xiaomi qui ne fonctionne pas directement par commandes vocales et chat vidéo”.

Sur le terrain, ces éléments rappellent qu’un même logiciel pilote des objets très différents, avec des permissions qui peuvent varier d’un produit à l’autre. Pour l’utilisateur, la subtilité se perd vite lors de l’installation. Et l’impression d’un suivi marketing constant s’installe, dès que des trackers tiers apparaissent dans l’équation.

L’enquête mentionne enfin que les nouveaux guides de l’ICO doivent préciser les attentes pour les constructeurs et faire évoluer des pratiques jugées trop opaques. Which? insiste sur la clarté des informations fournies aux consommateurs au moment de l’installation et lors des mises à jour. Quant à Airgocell, silence radio pour le moment.

Reste une réalité qui dépasse la seule friteuse sans huile. Les objets connectés se généralisent, de la montre au haut parleur du salon. Les questions soulevées en 2024 n’ont pas disparu en 2025. Elles rythment plus que jamais nos achats du quotidien et nos habitudes en cuisine, même pour préparer des frites plus légères. C’est peu dire que le sujet n’a pas fini d’etre débattu.



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