Netflix, le géant du streaming, va racheter le studio de cinéma et de télévision Warner Bros Discovery pour près de 83 milliards de dollars, ont annoncé les deux entreprises américaines dans un communiqué commun vendredi.
Avec cette acquisition, prévue depuis quelques jours, Netflix met la main sur un catalogue parmi les plus vastes et les plus prestigieux de Hollywood, ainsi que sur HBO Max, l’un des services de streaming premium les plus reconnus du marché. Il s’agit de la plus importante consolidation du secteur depuis le rachat de 21st Century Fox par Disney pour 71 milliards de dollars en 2019.
Paramount Skydance et l’opérateur Comcast étaient également en lice pour le rachat de Warner Bros Discovery (WBD), mais Netflix a proposé l’offre la plus élevée.
La plateforme va verser 27,75 dollars par action à WBD, valorisant l’entreprise à 72 milliards de dollars, hors dette.
Netflix indique qu’il entend conserver les activités de Warner Bros, notamment les sorties de films en salles.
La plateforme affirme aussi que cette méga acquisition va lui permettre d’étendre sa capacité de production studio aux États-Unis et de continuer à accroître ses investissements dans les contenus originaux.
Une recomposition accélérée du marché américain
La pression concurrentielle dans le streaming, couplée à la décroissance persistante de la télévision linéaire, continue de rebattre les cartes. Les acteurs cherchent désormais à atteindre une taille critique pour améliorer la rentabilité de leurs plateformes et résister à l’hégémonie de Netflix et Disney.
L’opération soulève toutefois des inquiétudes à Washington.
Selon le New York Post, des responsables de la Maison Blanche craignent qu’un tel rapprochement ne renforce excessivement la position de Netflix sur le marché américain de la vidéo, lui conférant un pouvoir disproportionné dans l’accès aux contenus.
Des créateurs inquiets pour l’avenir des salles
Au-delà des enjeux économiques et réglementaires, l’acquisition ravive les tensions entre Hollywood et les plateformes.
Dans un entretien publié récemment dans le podcast « The Town », le réalisateur James Cameron a exprimé son opposition à l’opération. Il estime que les dirigeants de Netflix privilégient leur plateforme au détriment de l’exploitation en salles, menaçant ainsi l’équilibre du modèle cinématographique.