Un rapport souligne le rôle clé de la générosité musulmane dans le soutien aux services publics britanniques


Un rapport d’Equi, organisme indépendant spécialisé dans l’analyse des politiques publiques, montre que la solidarité des musulmans britanniques joue un rôle de plus en plus central dans le maintien des services publics du pays.

L’étude estime que leurs dons atteignent 2,2 milliards de livres (environ 2,6 milliards d’euros) par an, un niveau quatre fois supérieur à la moyenne nationale. Cet engagement financier allège la pression qui pèse sur des services publics déjà fragilisés, qu’il s’agisse du NHS, des collectivités locales ou des dispositifs de protection sociale. Les associations musulmanes interviennent dans des domaines variés : aide au logement, distribution alimentaire, secours d’urgence, accompagnement psychologique…

En 2023, le travail de la National Zakat Foundation aurait ainsi permis d’éviter des expulsions qui auraient coûté près de 29 millions de livres aux municipalités. Chaque livre investie par l’organisme aurait généré jusqu’à 73 livres d’économies pour le secteur public. L’étude note aussi un changement générationnel : les jeunes musulmans dirigent davantage leurs dons vers des problématiques sociales britanniques comme la pauvreté infantile, la santé mentale ou l’augmentation du sans-abrisme.

Malgré cet impact, les organisations musulmanes doivent encore composer avec des freins importants — de-banking, règles de financement rigides, dispositifs de surveillance — ainsi qu’avec une faible reconnaissance institutionnelle. Pour le directeur d’Equi, le professeur Javed Khan, cette générosité constitue « un filet de sécurité pour les services publics » et nécessite une coopération plus sérieuse de la part du gouvernement.

Ce rapport montre clairement qu’un pan entier de l’action sociale au Royaume-Uni repose aujourd’hui sur la mobilisation des citoyens musulmans. Dans un contexte où l’État réduit ses capacités, cette générosité comble des manques que les institutions peinent à prendre en charge. Pourtant, les acteurs qui apportent cette aide décisive restent souvent invisibilisés ou freinés par des obstacles administratifs. Reconnaître pleinement leur rôle et créer des passerelles avec les pouvoirs publics permettrait non seulement d’améliorer l’efficacité des services sociaux, mais aussi de renforcer la cohésion nationale dans une période de fortes tensions économiques.





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