Palmarès de la rédaction : AustralieGAD et Altmann + Partners, le rapprochement de l’année


Pour la rédaction de Stratégies, c’est le rapprochement de l’année : annoncé le 5 novembre après un trimestre de fusions-acquisitions tous azimuts d’agences (pas loin d’une trentaine d’opérations en trois mois), le rapprochement entre AustralieGAD et Altmann + Partners est le mouvement le plus fort du trimestre et de l’année sur le marché français (la fusion Omnicom-IPG jouant dans une autre catégorie).

À ma droite, une agence mythique de la place de Paris, qui souffle ses 41 bougies, dirigée par une lignée d’amoureux de la publicité, à l’origine Vincent et Jérôme Leclabart, et aujourd’hui David et Prudence Leclabart, rejoints par Gilles Masson. À ma gauche, un autre amoureux de la pub, dont le nom est devenu une marque-agence au fil du temps : Olivier Altmann. Aujourd’hui, Altmann + Partners et AustralieGAD unissent leur destin. Dans le cadre de ce rapprochement, AustralieGAD prend une participation dans Altmann + Partners. Les deux agences restent autonomes et n’envisagent pas de se regrouper physiquement. Pas de changement non plus dans le management d’Altmann + Partners, assuré par Olivier Altmann avec Aurore Duhamel, directrice générale chargée du commercial, et Céline Chouéri, directrice générale chargée du planning stratégique.

Le nouvel ensemble AustralieGAD et Altmann + Partners dépassera les 60 millions d’euros de chiffre d’affaires et représentera plus de 220 personnes. Un poids lourd des agences indépendantes créatives. La raison de ce rapprochement : « L’agence a plus de dix ans, et nous devons passer à sa V2 en lui donnant une puissance de feu plus importante et des moyens financiers pour attirer les meilleurs, explique Olivier Altmann. Il m’a semblé évident de me tourner vers ce grand groupe indépendant français avec lequel nous partageons une même culture entrepreneuriale et créative. Je ne me voyais pas solliciter un fonds d’investissement, ni les grands réseaux internationaux qui rachètent d’ailleurs plutôt en ce moment des entreprises technologiques. » Les discussions entre les dirigeants ont démarré en début d’année. « Ce n’était pas inscrit dans notre plan de route 2025, reconnaît David Leclabart, mais nous avions comme ambition dans le groupe de nous doter d’une autre agence créative, à condition qu’elle soit proche de nous culturellement, sur le modèle de DDB et Romance, BETC et Rosa, Publicis et Marcel… »

La force de l’indépendance

Demain, pas question non plus de mélanger les équipes : « Nous n’avons pas de clients en commun, chacun va garder sa ligne de nage, et sur les compétitions il est possible que l’on se retrouve face à face, mais nous allons pouvoir nous appuyer sur les ressources d’Australie », précise Olivier Altmann. Une alliance de raison. « Dans notre modèle, pour gagner, il faut être robustes, avoir une assise, nous sommes plus forts en coopérative qu’isolés, dans ce même esprit nous avons intégré Bros.Agency, il y a un an, rappelle David Leclabart. Nous souhaitons rester indépendants dans un collectif qui nous renforce afin de conserver nos clients actuels et en gagner d’autres. » Un rapprochement offensif entre deux agences qui gagnent de l’argent et croient à la force de l’indépendance face aux géants de la com.



Source link