les tendances du digital en France en 2026


Les Français scrollent mais ne publient plus. Bon, c’est une formulation un peu forte, mais elle donne bien l’idée.  L’édition 2026 du Digital Report France, dévoilée par We Are Social et Meltwater, acte le déclin de l’ère participative sur les réseaux sociaux : seuls 11,7% des utilisateurs citent encore la création de contenu comme raison d’usage, soit une chute de 5 points en cinq ans. Pendant ce temps, ChatGPT s’impose au 6ᵉ rang des sites les plus visités avec un Français sur quatre l’utilisant chaque mois, et TikTok dévore 1h30 d’attention quotidienne.

Avec 51,5 millions d’utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux (+2,2%) et 63,4 millions d’internautes, le digital français se transforme, profondément. Retour sur les enseignements clés de cette étude devenue référence, qui délivre les dernières données et tendances sur les comportements des français en ligne, sur les médias sociaux, le mobile, l’IA, le gaming, ou encore le commerce en ligne.

 

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Crédit : We Are Social / Meltwater

Une consommation plus passive des réseaux sociaux

Le rapport 2026 révèle une mutation : les Français consultent toujours plus les réseaux sociaux, mais publient moins. Paradoxalement, on peut voir une augmentation de +2 % d’utilisateurs cette année, un reach publicitaire qui progresse sur presque toutes les plateformes (+4,3 % sur Instagram en un an, +3,6 % sur Snapchat et +3,3 % sur TikTok)… Mais seuls 11,7% des usagers citent désormais la création de contenu comme raison d’utilisation des plateformes, soit une chute de 2 points en un an et de près de 5 points en cinq ans.

 

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Crédit : We Are Social / Meltwater

Cette évolution marque un passage d’une consommation « active » à un modèle plus passif, où le scroll remplace la publication. Cette tendance n’est pas sans résonner avec la théorie de la « forêt sombre d’Internet », popularisée ces dernières années. Un principe selon lequel les utilisateurs mettent le frein sur la publication de contenus publics au profit de conversations privées ou d’observation sans interaction. La récente mise à jour de l’interface d’Instagram démontre cette évolution, le bouton central étant passé du « + » de la publication de contenu à l’accès à ses discussions privées.

 

TikTok vs Snapchat : des usages complémentaires

Si les plateformes de Meta restent hors compétition (avec 70,2% des utilisateurs ayant déclaré utiliser Facebook au moins une fois par mois, 66,1% pour WhatsApp, 55,4% pour Instagram), une compétition se joue entre TikTok (38,3%) et Snapchat (37,8%). Mais derrière cette quasi-égalité d’audience se cache une réalité d’usage radicalement différente : TikTok capte 1h30 de temps quotidien contre seulement 30 minutes pour Snapchat.

 

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Crédit : We Are Social / Meltwater

 

La durée moyenne des sessions illustre encore mieux cette opposition : 13 minutes sur TikTok contre moins de 3 minutes sur Snapchat. Cette différence s’explique par des fonctions opposées et, surtout, des besoins différents : TikTok domine le divertissement (31% des usagers l’utilisent pour ce motif contre 12% pour Snapchat), tandis que Snapchat reste avant tout une messagerie (24% des usagers contre 8% pour TikTok).

 

ChatGPT : une domination incontestée mais discutée

L’IA générative, et ChatGPT en particulier, confirme son ancrage définitif dans les usages français. Un Français sur quatre utilise désormais ChatGPT chaque mois, propulsant l’outil au 6ᵉ rang des sites les plus visités en France, derrière Google, YouTube et Amazon. En un an, ChatGPT a gagné quatre places dans ce classement.

La croissance est vertigineuse : le trafic mensuel a progressé de 1,5 à 1,8 fois, tandis que le volume d’utilisateurs a quasiment doublé. Pourtant, cette hégémonie ne rime pas avec popularité : ChatGPT récolte seulement 18% de tonalité positive dans les conversations en ligne, contre 43% pour Gemini. Avec 1,3 million de mentions, ChatGPT domine largement Gemini (475K) et Perplexity ou Copilot (<100K). Le record de visibilité revient néanmoins à Grok, qui totalise 6 millions de mentions grâce à son intégration native dans X.

Reste à voir comment les usages évolueront cette année, comme nous l’avons mentionné ce lundi, le récent modèle de Gemini vient challenger le chatbot d’OpenAI. Selon les données récentes de Similarweb, le trafic web de Google Gemini a plus que doublé en un an pour atteindre 21,5 % de parts de marché en janvier 2026, contre seulement 6,4 % fin 2024. ChatGPT reste leader, mais sa domination s’érode sur le segment des chatbots, avec une part de trafic passée de 87 % à environ 64,5 %.

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La TV : média le plus consommé

La télévision (linéaire et streaming) reste officiellement le média le plus consommé avec 16h hebdomadaires en moyenne. Si la TV linéaire et le broadcast demeurent en tête, le basculement vers le streaming accélère. Les partenariats entre chaînes traditionnelles et plateformes (TF1 et Netflix, France TV et Amazon) traduisent une adaptation à ce nouveau paradigme. Médiamétrie a d’ailleurs annoncé que cette année, il analysera et communiquera sur les audiences de Netflix, Prime Video, ou encore Disney+, de façon précise, ces géants du streaming ayant accepté que ces chiffres soient mesurés de manière indépendante. Un enjeu majeur pour les annonceurs alors même que la publicité se développe sur ces plateformes.

 

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Crédit : We Are Social / Meltwater

Plus largement, la consommation vidéo en ligne révèle une hiérarchie claire : les clips musicaux dominent (29,5% d’audience hebdomadaire), suivis des tutoriels (23%) des livestreams (19%), des mèmes vidéo viraux (18%), du contenu gaming (17%) et enfin des vlogs d’influenceurs (15%).

 

Une hausse du streaming musical

Côté audio, le streaming musical est en forte progression avec 59,4% d’adoption (+24,4 points en un an), tandis que les podcasts progressent à 33% (+16,4 points). Ne pas oublier que la radio demeure un pilier des offres audios.

Les chiffres Médiamétrie 2024-2025 lui confèrent 54% dans la répartition des volumes d’écoute. La distinction avec le streaming musical devient toutefois de plus en plus difficile, les usages diffèrent (on écoute plutôt du « parlé » à la radio et de la musique en streaming). Et la définition même du média audio s’effrite : Spotify se revendique moins comme plateforme audio que comme acteur de l’entertainment.

 

E-commerce et phygital : la livraison gratuite est le premier driver d’achat

L’e-commerce s’installe durablement dans les habitudes : un Français sur deux achète en ligne chaque semaine. Les courses alimentaires illustrent particulièrement cette tendance avec 18,4 millions d’acheteurs (+8% en un an). Inversement, les achats de seconde-main en ligne sont en baisse, passant de 16,8% à 15,3% d’acheteurs hebdomadaires.

Le premier déclencheur d’achat ? Les frais de livraison offerts. Cette friction économique continue de structurer les parcours clients. À noter également : le QR code résiste avec 31% des internautes qui en scannent mensuellement, signe que les passerelles phygital-digital restent pertinentes malgré l’omniprésence du smartphone.

 

 

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Crédit : We Are Social / Meltwater

 

Investissements publicitaires : social et influence en croissance

Les réseaux sociaux restent des outils de recherche produit pour 28,4% des internautes français. Les dépenses publicitaires sur ces plateformes atteignent 3,73 milliards de dollars (+11%), tandis que l’influence marketing pèse 570 millions de dollars (+12%). Ces progressions quasi-identiques signalent une complémentarité entre paid media social et stratégies d’influence dans les mix marketing.

 

Le Digital Report France 2026 complet est disponible sur le site de We Are Social !

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