L’IA ne peut pas être considérée comme une innovation technologique parmi d’autres. En s’imposant comme un facteur majeur de productivité, d’automatisation et de décision, elle bouleverse en profondeur les équilibres économiques et sociaux de notre économie et principalement du secteur tertiaire qui représente les 3/4 du PIB de la France. Alors que les gains de productivité apportés par l’IA bouleversent déjà les emplois de bureau et creusent un fossé entre les collaborateurs qui l’ont intégrée et les autres, une question fondamentale émerge : comment intégrer ces entités synthétiques dans notre organisation collective ? Entre fiscalité adaptée, personnalité juridique et résistances psychologiques, les questions à débattre sont nombreuses avant de pouvoir échafauder un nouveau contrat social.

En synthèse :
- L’IA constitue une rupture civilisationnelle plus qu’une innovation technologique. Elle marque l’entrée réelle dans la quatrième révolution industrielle en externalisant, pour la première fois, les capacités cognitives et créatives des humains.
- Les gains de productivité liés à l’IA sont déjà concrets et profondément asymétriques. Un écart croissant se creuse entre les travailleurs capables de collaborer avec l’IA et ceux qui conservent des modes de travail hérités du XXe siècle.
- La montée en puissance des agents IA remet en cause la création de valeur des cols blancs. Les agents intelligents transforment les tâches des travailleurs du savoir, fragilisent certains modèles économiques et annoncent une recomposition rapide des emplois de bureau.
- L’intégration de l’IA impose un nouveau cadre juridique et fiscal. À l’image des personnes morales, les IA doivent être dotées d’un statut permettant de clarifier leurs responsabilités et de réintégrer leur valeur dans le contrat social.
- Les impacts socio-économiques dépassent largement la seule question du travail. L’IA touche aux équilibres psychologiques, culturels et démographiques, rendant indispensable un débat collectif pour anticiper les tensions sociales à venir.
Cette semaine, les grands de ce monde sont au Forum Economique de Davos, et ils ne sont pas là pour parler d’écologie : AI, Big Tech and Trump Shine Most Brightly at the Davos Spectacle.

L’IA est dans tous les discours, avec des considérations qui vont bien au-delà de la technologie :
« Artificial intelligence will displace so many jobs that it will eliminate the need for mass immigration »
Je ne me risquerai pas à commenter les discours des uns et des autres, avec des points de vue plus ou moins biaisés, mais ce qui est certain, c’est que de grands bouleversements sont à venir :
Les spécialistes de l’IA sont naturellement les invités d’honneur de cette édition 2026 du forum de Davos pour témoigner et donner leur avis : Deepmind and Anthropic CEOs expect AI to hit entry-level jobs and internships in 2026.
Selon cette optique, il semble aberrant de rester spectateurs de la révolution de l’IA et de ne rien entreprendre pour limiter les conséquences de ce choc de productivité. Mais rassurez-vous, tout n’est pas perdu pour autant, du moins pas pour tout le monde, car les pays de l’hémisphère sud s’y préparent déjà : The AI Revolution Needs Plumbers After All.
Des gains de productivité à nuancer, mais à ne surtout pas ignorer
J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous expliquer l’impact de l’IA générative (La superintelligence va décupler notre capacité d’agir et La fracture numérique est un problème que personne ne peut ignorer). Si nous sommes tous grosso modo d’accord sur les implications de la généralisation des modèles génératifs, il y a de fortes divergences sur l’horizon temporel de l’avènement de l’IA. Le discours ambiant étant de marteler que l’IA générale est une utopie et que l’intelligence humaine est et restera supérieure à celle des machines.
C’est sur ce point-là que subsistent de fortes ambiguïtés : d’une part, l’intelligence est multiple (Théorie des intelligences multiples et Quel est votre type d’intelligence ?) ; d’autre part, toutes les tâches relatives à un emploi de bureau ne mobilisent pas de l’intelligence émotionnelle ou sociale. Comprenez par là que l’essentiel des tâches du secteur tertiaire consiste à déplacer des informations et données d’un système à un autre. Pas besoin d’être un grand philosophe pour faire ça, une IA peut largement s’en charger.

Pour bien appréhender la rapidité avec laquelle les IA de dernière génération vont petit à petit bouleverser les emplois de bureau, je vous recommande la lecture attentive de la dernière édition du baromètre macro-économique de l’éditeur de Claude : Anthropic Economic Index 2026.
Pour cette 4e édition, les auteurs de l’étude ont analysé les activités de milliers de personnes à l’aide d’indicateurs toujours plus précis : New building blocks for understanding AI use. De cette étude ressortent un certain nombre d’enseignements qui démontrent une forte progression de l’adoption et des capacités des modèles génératifs. Ils constatent notamment une croissance moyenne de 30% des usages de Claude, surtout tirés par l’API et non le chatbot, signe d’une adoption rapide par les utilisateurs avancés (ex : populations informatiques) et plus lente pour les utilisateurs lambda (les cols blancs qui utilisent la version web).

Il y a donc un écart qui se creuse entre ceux qui ont pris de nouvelles habitudes (travail en binôme avec l’IA) et ceux qui travaillent encore comme au XXe siècle. Cet écart va commencer à être problématique, car les capacités de la dernière version de Claude (Opus 4.5) sont comparables à celles d’un adulte ayant bénéficié de plus de 14 ans d’éducation, soit l’équivalent d’un Bachelor (bac + 3).

La question est donc de savoir pendant encore combien de temps un employeur va pouvoir continuer à justifier de payer des salaires ou à embaucher des jeunes diplômés alors qu’une partie du travail peut être sous-traitée à une IA. Si les gains de productivité moyens restent faibles (1,8% d’après la dernière estimation), l’apport de l’IA pour certaines tâches est spectaculaire :
- en moyenne 14 minutes pour rédiger un article long, contre 3h sans l’aide de l’IA ;
- en moyenne 5 minutes pour analyser un tableau de données complexes, contre 1 h 45 sans l’aide de l’IA.

Vous pourriez me dire que ces données sont biaisées, car ces scores spectaculaires sont obtenus par des salariés hautement qualifiés dans l’utilisation de l’IA (donc logiquement hyper-performants), mais il n’en est rien, car l’étude porte sur des salariés lambda avec un taux de succès des tâches sous-traitées de 67%.
Comprenez par là que pour 1/3 des tâches, l’IA réduit le temps de traitement de 10 à 20 fois dans les 2/3 des cas. Si l’on applique une bête règle de multiplication, l’IA peut potentiellement multiplier l’efficacité par 3, c’est-à-dire diviser par 3 le temps moyen nécessaire pour réaliser une tâche. À votre avis, quels types de profils les managers vont-ils privilégier ?
(indice : McKinsey challenges graduates to use AI chatbot in recruitment overhaul)
Bientôt l’avènement des cols blancs agentiques
Entendons-nous bien : les gains de productivité annoncés plus haut correspondent à des utilisations avancées de l’IA, pas simplement faire des recherches dans ChatGPT ou demander à Copilot de rédiger le compte-rendu d’une réunion. Nous parlons ici d’utiliser les modèles génératifs à leur plein potentiel, notamment les agents intelligents (cf. Web agentique : la révolution qui ne vous attendra pas).
Voilà quelque temps que l’on parle de ces fameux agents intelligents, mais leur potentiel n’a commencé à être une évidence pour les collaborateurs lambda (les non-informaticiens) que récemment avec la sortie de Claude Cowork, une prise de conscience très concrète de la puissance de l’AI agentique : Claude Is Taking the AI World by Storm, and Even Non-Nerds Are Blown Away.

Cette prise de conscience est également partagée par les marchés financiers qui anticipent une baisse de revenus chez les éditeurs d’applications traditionnelles, tandis qu’une des plus grosses ESN de France licencie et que les banques européennes s’apprêtent à faire de même :
Le sujet n’est donc pas à prendre à la légère, même si les niveaux d’adoption sont discutables (comme expliqué plus haut, ce n’est pas binaire) et si les gains sont très variables (Why AI Boosts Creativity for Some Employees but Not Others). Ce qui est certain, c’est que l’IA générative induit une grosse remise en question de la création de valeur pour les cols blancs, et plus généralement pour les entreprises du secteur tertiaire.
Que vous le vouliez ou non, que vous le reconnaissiez ou non, nous sommes en train de vivre une rupture civilisationnelle, car l’avènement de l’IA accélère la quatrième révolution industrielle et engendre des bouleversements dont nous ne mesurons pas bien la portée.
Certes, l’IA est un concept complexe à appréhender (Nous n’avons pas besoin de meilleures IA, mais d’une meilleure compréhension de l’IA). Oui, les outils reposant sur les modèles génératifs impliquent des changements d’habitudes qui seront longs à venir. Néanmoins, il est essentiel de nous préparer psychologiquement aux bouleversements à venir, car si l’on prend un minimum de recul, on se rend vite compte qu’ils sont déjà en cours.
Une rupture au-delà de la technologie : Silicium > Atome
L’avènement de l’IA générative et la marche vers les premières super-intelligences ne constituent pas une simple itération du cycle technologique amorcé par les ordinateurs, puis les smartphones. Il s’agit d’une rupture civilisationnelle marquant l’entrée réelle dans la 4e révolution industrielle (Waves of change: Understanding the driving force of innovation cycles).

Nous ne sommes pas simplement face à un nouveau cycle technologique, mais à une reconfiguration profonde des fondements économiques et sociaux : pour la première fois, nous externalisons non plus la force motrice, mais la capacité cognitive et créative. Que l’AGI arrive demain ou dans dix ans, nous cohabitons déjà avec des entités autonomes capables de prendre des décisions : les agents synthétiques, qu’ils soient logiques (agents IA) ou physiques (robots).

Cet état de fait pose une question inédite : comment intégrer dans notre organisation collective des entités artificielles qui participent massivement à la création de richesses tout en consommant des ressources significatives ? L’histoire offre un précédent imparfait, mais éclairant : l’intégration progressive des animaux domestiques.
De l’analogie biologique à la réalité juridique
Les humains cohabitent parfaitement avec les animaux domestiques, car ils ont contribué au développement de l’humanité :
- Les chevaux ont servi à explorer les territoires, à faire la guerre, à labourer la terre, à transporter des personnes et des marchandises…
- Les chiens ont été utilisés pour la chasse, pour le gardiennage…
Dans la mesure où les animaux contribuent de façon quotidienne à notre société, ils bénéficient de prestations et de droits :
- Les chiens guides d’aveugles vont à l’école et ont un statut (une fonction = un métier) ;
- Les chiens policiers jouent un rôle primordial dans la lutte contre la drogue, ils ont droit à une retraite (ils sont placés dans un foyer pour leurs vieux jours).

À partir du moment où les animaux ont une contribution directe, ils sont intégrés à notre société par l’intermédiaire de leur éleveur et/ou maître qui ont des obligations (documents d’identité pour les animaux d’élevage). Ils peuvent bénéficier de protections (assurance, vaccination pour lutter contre les épidémies…) et de droits (loi contre la maltraitance animale).
Alors quid des IA qui contribuent tout autant, si ce n’est plus à notre société (création de valeur) ?
Si la tentation est grande de comparer les agents IA à une nouvelle espèce intégrée socialement, au même titre que les animaux domestiques, cette analogie trouve vite ses limites éthiques et juridiques. Les animaux domestiques disposent ainsi de de droits car ils ce sont des êtres sensibles et conscients. L’IA, elle, est un système de traitement de l’information, un logiciel qui n’a ni sensibilité ni conscience.
Le véritable parallel doit se faire avec les personnes morales (les entreprises). Car, comme une entreprise, une IA :
- contribue à la création de richesses (automatisation de tâches, génération de contenus…) ;
- exploite des infrastructures et consomme des ressources critiques (énergie, terres rares, eau pour le refroidissement…) ;
- a des droits (propriété intellectuelle) et des responsabilités (transparence, explicabilité…) ;
- agis de manière autonome.
Voilà pourquoi la comparaison est pertinente, car elle nous permet de faire évoluer le cadre légal et social.
Le contrat social de l’ère synthétique : responsabilité et fiscalité
L’intégration de ces agents intelligents dans notre société ne doit pas se faire par l’octroi de droits anthropomorphes, qui seraient absurdes pour un système informatique, mais par l’attribution d’une personnalité juridique (comme une entreprise, une association, une collectivité…).
La vraie question n’est pas de savoir si les IA méritent des droits, mais quel statut juridique permettrait de clarifier les chaînes de responsabilité. La piste d’une personnalité électronique, débattue au Parlement européen dès 2017, vise précisément cet objectif : non pas reconnaître une dignité aux machines, mais organiser leur intégration dans notre juridiction pour protéger les humains, s’assurer qu’ils en bénéficient, et que ce bénéfice soit réparti de façon équitable (éviter une concentration encore plus forte des richesses et pouvoirs).
À mesure que les robots et les IA remplacent le travail humain, ils érodent l’assiette des cotisations sociales reposant sur les salaires. Mais puisqu’ils contribuent à l’activité économique et génèrent des coûts pour la collectivité (consommation énergétique, gestion des déchets électroniques…), il n’y a aucune raison pour qu’ils ne soient pas intégrés dans notre système fiscal.
Il ne s’agit pas de taxer les IA en tant qu’individus, mais d’imputer à leur existence opérationnelle une fiscalité sur la valeur ajoutée qu’elles génèrent. En contrepartie de cette contribution, l’IA (ou son éditeur) ne gagne pas des droits sociaux (retraite, santé…), mais obtient un cadre de responsabilité civile (fiscal, légale, social…). Cela permettrait d’assurer les dommages causés par une IA sans nécessairement remonter la chaîne de responsabilité jusqu’au développeur initial, souvent déconnecté des actions finales du modèle.
Des bouleversements socio-économiques dont nous ne mesurons pas la portée
Ceci étant dit, la question de la place des IA dans la société du XXIe siècle ne doit pas s’arrêter à des considérations économiques, car elle va bien au-delà.
Si nous reprenons l’analogie des animaux domestiques, nous constatons aujourd’hui que les chiens ne sont pas que des animaux de compagnie, ils sont aussi considérés comme des animaux d’assistance pour certains. Le terme exact est « animaux de soutien émotionnel« , ceux qui donnent une raison de se lever le matin aux retraités ou aux personnes fragiles psychologiquement (en dépression chronique).

Il en va de même pour les robots domestiques qui sont un des piliers du programme Japan 5.0, ceux qui vont prendre en charge les séniors avec une présence physique (les assister dans les tâches du quotidien et limiter leur perte d’autonomie), ainsi que psychologique (leur faire la conversation pour faire travailler leur mémoire) et émotionnelle (leur tenir compagnie).

Pour des occidentaux, cette perspective est terrifiante, mais pour les japonais, c’est la seule solution à leur déficit démographique. Idem en Chine où les parents travaillent tellement dure qu’ils manquent de temps pour s’occuper de leur enfant (sans « s », car je vous rappelle qu’il y a un principe de contrôle de la natalité), et leur offre des peluches augmentées grâce à l’IA qui vont leur raconter des histoires et répondre à leurs questions (satisfaire leur curiosité). Une tendance venue bien évidemment du Japon (Casio launches AI-powered furry robot pet that wants to replace your dog), mais que l’on peut expérimenter en Occident (‘I love you too!’ My family’s creepy, unsettling week with an AI toy).

Vous pourriez penser que tout ceci est de la science-fiction, façon Black Mirror, pourtant ce sont des territoires technico-sociologiques qui sont explorés depuis de nombreuses années (Aibo de Sony a été lancé en 1999).
Est-ce réellement la priorité pour nous de philosopher sur le bien-fondé des robots de soutien émotionnel ? À priori non, car il y a des sujets plus urgents. Mais c’est néanmoins une étape indispensable, car je vous rappelle que l’adoption de l’IA en Europe est plutôt basse, non pas pour des raisons fonctionnelles ou technologiques, mais purement émotionnelles (fortes résistances au changement et gros verrous psychologiques liés à une mécompréhension de ce qu’est l’IA = à peine 15 % d’adoption moyenne en entreprise) : EU Digital economy and society statistics.

Donc au final : Oui, nous avons besoin d’en parler et de débattre pour pouvoir accepter les changements à venir, anticiper les bouleversements qui vont mettre notre système social à rude épreuve, et commencer à repenser notre contrat social (Du Web4 à la Société 5.0).
La régulation comme facteur d’intégration
Rassurez-vous, je ne vais pas me lancer dans une grande argumentation sur le bien-fondé du revenu universel (une aberration économique), mais je vais nécessairement devoir parler de régulation.
En effet, la cohabitation avec les agents synthétiques (IA et robots) ne doit pas être pensée sous l’angle de la domestication, comme pour les animaux (pour être intégrés dans notre quotidien, les chiens doivent être vaccinés et dressés), mais sous celui de la régulation d’une force de travail synthétique que nous ne pouvons plus ignorer.

L’enjeu n’est pas de savoir si les robots ou IA méritent une retraite, mais comment la richesse qu’ils produisent peut pérenniser notre modèle social, tout en régulant la consommation de ressources qui crée des tensions économiques (prix de l’électricité) et géopolitiques (monopole des terres rares par la Chine).
Questions / Réponses
Pourquoi parle-t-on de rupture civilisationnelle avec l’IA, et pas simplement d’une nouvelle technologie ?
Contrairement aux précédentes révolutions technologiques (automates, ordinateurs, smartphones), l’IA ne se contente pas d’amplifier notre force motrice ou notre capacité de communication : elle externalise pour la première fois notre capacité cognitive et créative. Nous cohabitons désormais avec des entités autonomes capables de prendre des décisions, ce qui reconfigure en profondeur les fondements économiques et sociaux de nos sociétés.
Les gains de productivité liés à l’IA sont-ils vraiment significatifs ?
Les gains moyens restent modestes (environ 1,8 %), mais ils masquent des écarts considérables selon les tâches. Pour certaines activités de bureau, l’IA réduit le temps de traitement de 10 à 20 fois. Ces gains spectaculaires concernent (selon une étude récente d’Anthropic) environ un tiers des tâches sous-traitées à l’IA.
Pourquoi comparer les IA à des personnes morales plutôt qu’à des animaux domestiques ?
L’analogie avec les animaux de compagnie trouve rapidement ses limites : un animal dispose de droits car c’est un être vivant sensible et conscient, ce que l’IA n’est pas. En revanche, comme une entreprise (personne morale), l’IA contribue à la création de richesses, consomme des ressources, peut détenir des droits (propriété intellectuelle) et agit de manière autonome. Cette comparaison permet d’envisager un cadre juridique adapté sans tomber dans l’anthropomorphisme.
Pourquoi faudrait-il taxer les IA ou les robots ?
À mesure que les IA remplacent le travail humain, elles érodent l’assiette des cotisations sociales qui repose sur les salaires. Or, ces agents synthétiques contribuent à l’activité économique tout en générant des coûts pour la collectivité (consommation énergétique, déchets électroniques…). Les intégrer au système fiscal permettrait de financer la pérennité de notre modèle social et de clarifier les responsabilités en cas de dommages causés par une IA.
Pourquoi l’adoption de l’IA reste-t-elle faible en Europe malgré son potentiel ?
Avec environ 15 % d’adoption moyenne en entreprise, les freins des utilisateurs européens ne sont ni fonctionnels ni technologiques, mais essentiellement émotionnels. La résistance au changement et une mécompréhension de ce qu’est réellement l’IA expliquent cette situation. C’est pourquoi un débat sociétal est indispensable pour lever ces verrous psychologiques et permettre aux organisations de se préparer aux bouleversements à venir.