Seulement 1 entreprise sur 10 est capable de définir correctement ce qu’est une facture électronique, selon un sondage publié en 2023 par Regate et l’institut CSA. Près de 3 dirigeants sur 4 l’associent encore à un simple envoi par e-mail, tandis que plus de la moitié des entreprises ne connaissent pas le calendrier de mise en œuvre prévu entre 2026 et 2027.
Ce décalage entre la réalité réglementaire et la perception des entreprises pose question, alors que la facturation électronique et l’usage d’un logiciel de facturation électronique conforme, deviendra obligatoire pour l’ensemble des entreprises assujetties à la TVA.
1 – Ce qui va réellement changer dans votre facturation
À partir des échéances prévues, une facture électronique devra répondre à des exigences techniques précises. Concrètement, un document conforme devra :
Être émis dans un format structuré reconnu (Factur-X, UBL ou CII) ;
Transiter par une Plateforme Agréée (PA), certifiée par l’administration ;
Permettre la transmission automatique de certaines données à l’administration fiscale.
Les factures papier, les PDF classiques ou les documents envoyés par e-mail sans intermédiaire agréé ne seront plus admis.
2 – Les échéances à connaître pour ne pas être pris de court
Le calendrier est progressif, mais il concerne toutes les entreprises, quelle que soit leur taille.
À partir du 1er septembre 2026
Toutes les entreprises devront être capables de recevoir des factures électroniques.
Les grandes entreprises et les ETI devront également émettre leurs factures sous format électronique à cette date.
À partir du 1er septembre 2027
L’obligation d’émission s’étendra aux TPE, PME et micro-entreprises.
Certaines opérations restent hors du périmètre de l’e-invoicing (B2C, international). Elles sont néanmoins concernées par l’e-reporting, c’est-à-dire la transmission de données de transaction ou de paiement à l’administration.
3 – Les décisions à prendre cette année
Attendre la dernière minute, c’est s’exposer à des choix contraints. Anticiper permet de sélectionner une solution vraiment adaptée à la structure et à la maturité numérique de l’entreprise.
Première étape : faire un état des lieux
Quels outils utilisez-vous aujourd’hui pour facturer ? Combien de factures émettez-vous et recevez-vous ? Travaillez-vous déjà avec un expert-comptable ou un éditeur de logiciel ?
L’objectif est d’identifier les éventuels écarts entre vos pratiques actuelles et les exigences de la réforme.
Deuxième étape : choisir une solution compatible avec la réforme
Les éléments recueillis lors de l’état des lieux vous permettront de savoir si vos outils peuvent évoluer ou s’ils devront être remplacés. Auquel cas, il faudra anticiper l’adoption d’un logiciel de facturation électronique capable de générer des documents conformes et de dialoguer avec une plateforme agréée.
Troisième étape : préparer l’organisation
La réforme impacte les équipes, les process internes et les relations avec les partenaires (clients, fournisseurs, comptables). Former, tester et ajuster en amont évite les frictions et les blocages pour une transition maîtrisée, moins coûteuse et plus rapidement rentable.
4 – Ce que vous risquez si vous n’anticipez pas
Ne pas se préparer pourra avoir des conséquences immédiates une fois la date butoir passée.
Une facture non conforme pourra être refusée par le client, avec un risque direct sur la trésorerie. Des sanctions financières sont également prévues : jusqu’à 15 € par facture non conforme, dans la limite de 15 000 € par an, conformément aux dispositions de l’article 1737 du code général des impôts.
À cela s’ajoutent des risques opérationnels : la désorganisation des flux, les retards de paiement, la surcharge administrative et la dépendance à des solutions choisies dans l’urgence.
5 – Pourquoi anticiper peut aussi devenir un avantage ?
Bien préparée, la facturation électronique peut devenir un levier de performance. La dématérialisation permet :
Une réduction significative du temps de traitement des factures ;
Une diminution des erreurs de saisie ;
Un meilleur suivi des paiements et de la trésorerie ;
Une vision plus fine et plus rapide de l’activité.
Selon une étude citée par BPI France, la simplification de l’ensemble des démarches associées à la facturation électronique permettrait un gain de productivité de l’ordre de 40 % à 75 %.
Anticiper la réforme, c’est aussi l’occasion de remettre à plat ses processus de gestion et d’engager une transformation digitale utile, au-delà de la simple mise en conformité.