Une étude de VALHOR et FranceAgriMer révèle que si le budget reste stable, les Français délaissent les artisans pour internet et les bouquets prêts.
À l’approche du 14 février, date incontournable pour les amoureux et les professionnels du végétal, les projecteurs se braquent sur les habitudes de consommation des Français. VALHOR (https://www.valhor.fr/), l’Interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage, et FranceAgriMer (https://www.franceagrimer.fr/), l’Établissement national des produits de l’agriculture et de la mer, viennent de publier les résultats d’une enquête approfondie menée par l’institut Kantar.
Si la tradition perdure, les modalités d’achat connaissent une mutation profonde. L’analyse des comportements observés en 2025, comparativement à l’année précédente, dessine un marché à deux vitesses : une stabilité remarquable sur les volumes et les budgets, contrastée par une évolution rapide des canaux de distribution et des types de produits plébiscités.
Un budget préservé malgré le contexte économique.
Le premier enseignement de cette étude est la résilience du marché de la fleur à l’occasion de la Saint-Valentin. Malgré les fluctuations économiques, l’attachement des Français à cette célébration ne se dément pas. L’enquête indique que 1,3 million de foyers ont procédé à l’achat de fleurs ou de plantes pour cette occasion en 2025, un volume strictement identique à celui enregistré en 2024.
Cette stabilité se retrouve également dans le portefeuille des consommateurs. Le budget moyen alloué par foyer s’établit à 25,20 euros, marquant une quasi-stagnation par rapport aux 25,30 euros dépensés l’année précédente. La fleur apparaît ainsi comme une valeur refuge, un plaisir accessible que les ménages choisissent de préserver.
La rose conserve sa couronne.
Sans surprise, la symbolique l’emporte sur l’originalité botanique. La rose demeure la reine incontestée de la fête des amoureux. Selon les données de Kantar, elle représente à elle seule 57 % des achats effectués pour la Saint-Valentin. Ce chiffre, très proche des 58 % relevés en 2024, confirme que pour une majorité de Français, l’expression des sentiments passe inévitablement par ce classique indémodable.
Le triomphe du « prêt-à-offrir ».
C’est dans la typologie des produits achetés que s’opère le changement le plus spectaculaire. Les consommateurs privilégient désormais massivement la simplicité et l’immédiateté. L’étude révèle que 75 % des sommes dépensées concernent des bottes ou des bouquets de fleurs « déjà prêts ».
Ce chiffre marque une rupture nette avec les habitudes passées, puisqu’il n’était que de 46 % en 2024. Cette quête de rapidité se fait au détriment de la composition personnalisée. Les bouquets assemblés sur mesure par le fleuriste, qui représentaient encore une part significative des ventes il y a peu, voient leur part de marché s’effondrer à seulement 5 %, contre 18 % un an plus tôt. Le consommateur de 2026 semble donc chercher l’efficacité, favorisant le produit fini disponible immédiatement.
La percée spectaculaire du e-commerce.
Cette volonté de simplification se traduit logiquement par une mutation des lieux d’achat. Si le fleuriste traditionnel demeure le canal de distribution numéro un, sa prédominance s’érode. Il capte désormais 50 % des ventes en valeur, contre 57 % lors de l’édition précédente.
À l’inverse, le commerce en ligne réalise une percée historique. Les ventes via Internet ont plus que doublé en l’espace d’un an, passant de 6 % des achats en 2024 à 13 % en 2025. Cette digitalisation des échanges floraux s’installe durablement dans les mœurs, portée par la facilité de la livraison à domicile et la possibilité de commander sans contrainte horaire.
Les autres acteurs du marché se partagent le reste du gâteau, avec une grande distribution qui maintient une position solide (18 % des parts de marché) et les jardineries qui captent environ 11 % des dépenses.
Méthodologie de l’enquête.
Ces données sont issues d’une étude réalisée par Kantar pour le compte de VALHOR et FranceAgriMer. Les résultats reposent sur un panel de consommateurs de 7 000 foyers, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Cette méthodologie rigoureuse permet de dresser un portrait fidèle des évolutions de consommation sur le territoire national.