La chaîne va en outre bénéficier des conseils Nicolas Debray, business angel actif dans le marketing digital. Ce dernier rejoint le conseil d’administration pour connecter le média avec de nouveaux créateurs de contenu sur les réseaux sociaux.
Après une grosse cure d’austérité (trois millions d’économies sur trois ans), le licenciement de plusieurs visages connus (et moins connus) en fin d’année dernière et l’adoption assumée d’une ligne éditoriale plus «populaire», LN24 semble enfin entrevoir une éclaircie. En clair, la stratégie d’abandonner l’info en continu au profit de programmes faisant la part belle aux débats et aux rediffusions à bas coût («talk d’actualité et nostalgie », comme le présente la chaîne) porte ses fruits.
Croissance
«Tous les signaux sont désormais au vert», assure François le Hodey, le CEO du groupe, par voie de communiqué, alors que Maja, la holding familiale et actionnaire majoritaire, a récemment recapitalisé la chaîne à hauteur de 500.000 euros. «Depuis la rentrée de septembre, aucun média belge n’a connu une telle croissance de ses abonnés et de son nombre de vues sur les réseaux sociaux. Il y a quelque chose de très positif qui se passe, LN24 est en train de devenir une vraie marque transversale qui rencontre ses publics, tant via la télévision que via internet et les réseaux sociaux», veut croire François le Hodey.
«LN24 sera quasi à l’équilibre opérationnel en 2026, et nous prévoyons d’être bénéficiaire en 2027. Depuis le début 2026, nous connaissons une croissance de plus de 30% de notre chiffre d’affaires publicitaire», embraye Denis Pierrard, le directeur de la chaîne. Qui se réjouit de voir débarquer au sein du conseil d’administration un certain Nicolas Debray; cet ancien de Google, spécialiste du marketing digital (il a cofondé Semetis, pionnière du secteur, avant de revendre ses parts), est censé aider la chaîne à «se connecter avec les nouveaux créateurs de contenu».
Mais ce dernier ne rentre pas au capital pour autant. Or la chaîne, malgré ces bons résultats, sait qu’elle va devoir compter sur plus gros qu’elle pour assurer sa survie à long terme dans un environnement où le marché publicitaire continue de se dégrader.
«Le problème structurel d’être un petit acteur de niche reste. On s’interroge sur le fait de rattacher ou non cette chaîne à un plus gros acteur, mais maintenant on dispose de davantage de temps. On n’a plus le couteau sous la gorge.»
«On est sur un secteur dans lequel les acteurs doivent se concentrer», abonde Denis Pierrard, également actif sur le front du projet de fusion entre IPM (La Libre, la DH, l’Avenir) et Rossel (Le Soir, Sudinfo, etc.). Cela tient «aux habitudes de vues en télé, donc il n’y a que des grands groupes qui resteront, tout ce qui se passe actuellement le démontre. Le problème structurel d’être un petit acteur de niche reste. On s’interroge sur le fait de rattacher ou non cette chaîne à un plus gros acteur, mais maintenant on dispose de davantage de temps. On n’a plus le couteau sous la gorge.»
Partenariats
Pour assurer le coup, LN24 compte notamment sur une brochette de partenariats (en attendant d’éventuelles alliances avec des créateurs de contenu…), dont le dernier en date implique la Fédération des notaires, pour une émission intitulée «C’est pour votre bien» et qui se présente comme «le dernier recours des Belges confrontés à des problèmes de logement».
Même si cela a pu faire jaser, le partenariat avec la chaîne étatique chinoise CGTN, qui propose un bienveillant «regard sur la Chine», demeure, mais à «une plus petite échelle» car «même les Chinois doivent faire des économies», admet Denis Pierrard. Le partenariat avec le constructeur automobile BYD, dans le cadre d’une émission avec Stéphane Pauwels, s’est fait par «l’intermédiaire d’une agence», ajoute-t-il, après qu’un autre constructeur (européen celui-ci) ait longuement hésité. «BYD, eux, ils se sont jetés dessus!», sourit Denis Pierrard, pas mécontent du deal, manifestement.