L’intelligence artificielle a profondément transformé notre manière de créer du contenu. Aujourd’hui, produire un article, un post LinkedIn, une newsletter ou un script vidéo ne prend plus des heures, mais quelques minutes. La création de contenu a été suralimentée par des algorithmes intelligents, des systèmes d’intelligence artificielle. Et comme souvent lorsqu’un outil devient accessible à tous, le volume explose mais l’attention des lecteurs n’a pas augmenté. Nous sommes entrés dans une période où l’on publie beaucoup, mais où l’on retient peu. C’est dans ce contexte qu’est apparu un terme de plus en plus utilisé : l’IA slop…
IA slop : quand le web déborde de “bouillie”
Derrière ce terme un peu provocateur se cache une réalité très concrète : Internet est envahi par des contenus produits à la chaîne, souvent corrects sur la forme, mais pauvres sur le fond. Du contenu produit par des machines autonomes, des bots et des systèmes intelligents, qui semblent capables de créer mais qui manquent cruellement de sens humain.
Vous voyez, je parle de ces textes qui semblent bien rédiger mais qui n’ont pas vraiment de substance, comme si un programme avait simplement assemblé des phrases toutes faites sans vrai sens. Ou alors de ces images étonnantes, souvent produites par des réseaux de neurones artificiels, avec des couleurs vives mais des détails parfois un peu bizarres. On en parle d’ailleurs ici : Bon sens et images générées par IA : comment développer l’œil critique face aux visuels trompeurs
Ou même ces vidéos qui cherchent surtout à provoquer ou choquer plutôt qu’à informer ou à faire réfléchir, créées par des robots intelligents ou des machines autonomes.
On sent tout de suite que quelque chose cloche. Mais au fond, d’où sort ce phénomène ?
Retour en 2022. Vous vous souvenez des forums comme 4chan ou Hacker News, à l’époque où les premiers générateurs d’images et de texte ont commencé à être accessibles à tout le monde ?
Les créateurs se rendent compte qu’ils peuvent maintenant produire beaucoup de contenu rapidement, grâce aux algorithmes d’apprentissage automatique et aux systèmes experts. En 2024, c’est le développeur britannique Simon Willison qui lance vraiment le mot pour parler de cette sorte de bouillie numérique. Mais la vraie reconnaissance arrive en 2025, quand Merriam-Webster choisit “slop” comme mot de l’année.
Au fil de l’eau, les mentions du terme IA slop ont littéralement explosé, avec une hausse de plus de 200 %. Et ce qui est frappant, c’est que 82 % des échanges à ce sujet sont plutôt négatifs, selon étude de Brandwatch sur les tendances du Marketing Digital 2026.
C’est donc évident : les internautes sont saturés !
Ce qui les épuise vraiment, ce n’est pas l’IA en elle-même, mais plutôt le fait qu’il n’y ait aucune intention derrière les contenus. Quand tout paraît produit par une machine sans vraie réflexion, votre public le remarque tout de suite.
OK, on a identifié le problème. Maintenant, parlons solution.
1. Clarifiez votre positionnement avant de produire
Beaucoup d’entreprises pensent avoir une identité forte pourtant leur discours est lisse et sans aspérités. Or, dans un monde saturé, le consensus rend invisible.
Dans ce cas, concentrez-vous sur l’essentiel et clarifiant noir sur blanc :
- Vos trois convictions fortes sur votre marché.
- Trois idées dominantes avec lesquelles vous êtes en désaccord.
- Le ton que vous voulez incarner (direct ? expert ? pédagogique ? provocateur ?).
Ensuite, faites un test simple : relisez vos dix derniers contenus. Si vous enlevez votre logo, pourrait-on les attribuer à un concurrent ? Si la réponse est oui, vous êtes dans la zone de l’IA slop, exactement là où des machines autonomes ou des bots prospèrent…
2. Donnez un cadre précis à l’IA
Un prompt vague produit un contenu banal, c’est mécanique ! Alors, arrêtez de demander : “Rédige un article sur l’IA et le marketing.” Commencez à écrire des instructions précises en indiquant :
- Le public exact ;
- Le niveau de maturité ;
- L’angle que vous voulez défendre ;
- Le ton ;
- L’objectif : faire réfléchir ? provoquer ? rassurer ?
Plus votre brief est stratégique, plus le résultat sera exploitable.
Pensez donc à l’IA comme à un collaborateur virtuel. Si vous lui donnez un brief flou, elle fera ce qu’elle peut. En revanche, si vous la cadrez intelligemment, elle devient un accélérateur puissant grâce à ses réseaux neuronaux et à ses algorithmes intelligents.
Et c’est là que l’édition entre en jeu.
3. Faites de la réécriture un passage obligé
Un contenu généré automatiquement ne doit jamais être publié tel quel. Il constitue une base de travail, comme un brouillon à enrichir et à personnaliser. C’est dans cette phase d’édition que se crée la différence.
A cette étape, relisez vos contenus en vous demandant si cela pourrait être écrit par n’importe qui, car la génération n’est qu’un brouillon produit par des machines intelligentes.
Concrètement, supprimez les phrases creuses et ajoutez un exemple concret. Pour rester authentique, pourquoi ne pas aussi insérer une situation vécue ou une opinion assumée ? Vous pouvez également apporter une donnée contextualisée et couper 10 % du texte pour gagner en densité.
Donc même si vous utilisez des robots intelligents pour générer vos premiers jets, votre touche humaine reste indispensable.
Une fois que vous aurez maitrisé cette étape, vous pouvez basculer dans une logique totalement différente.
4. Remplacez la logique de volume par une logique de profondeur
L’IA slop adore les calendriers éditoriaux remplis à ras bord comme trois posts par semaine, un article par mois, un carrousel tous les lundis par exemple. La machine tourne… mais que reste-t-il vraiment ? Quel contenu publié ces six derniers mois a réellement renforcé votre crédibilité ?
Si vous avez du mal à répondre, c’est peut-être que vous produisez énormément mais que vous approfondissez trop peu !
Essayez donc une autre approche. Commencez par identifier des sujets stratégiques majeurs pour votre activité et produisez des contenus approfondis et argumentés. Déclinez-les intelligemment au lieu de repartir de zéro. Cette approche, appuyée sur la science des données (Data Science) et les analyses prédictives, assure cohérence et impact durables.
Vous verrez, la cohérence et l’impact sont immédiatement renforcés.
Et tant qu’on y est, il faut aussi revoir la façon dont vous mesurez vos performances.
5. Mesurez la qualité plutôt que la simple visibilité
L’IA slop peut très bien générer du trafic mais génère-t-il de la confiance ? De la crédibilité ? Des conversations qualifiées ? Si vous ne regardez que les impressions, la portée ou les clics, vous encouragez mécaniquement le contenu superficiel.
Commencez donc par observer d’autres signaux : le temps de lecture, la qualité des commentaires, les messages privés reçus après publication, les leads réellement qualifiés.
Testez et vous verrez à coup sûr que votre marque gagnera sur le long terme.
En effet, les marques qui réussiront combineront la vitesse de l’IA avec une identité claire, un storytelling incarné, et une intelligence éditoriale forte. Même dans un monde saturé de contenu artificiel, l’authenticité devient un vrai avantage stratégique.
Conclusion : dans un monde saturé, l’âme devient un avantage concurrentiel
Si l’IA slop est le symptôme d’un marketing pressé, obsédé par le volume et la visibilité rapide, l’authenticité elle est le résultat d’un marketing intentionnel, structuré, et incarné.
À l’ère de l’IA, la compétence clé ne sera pas de savoir produire, mais de savoir captiver en orientant la stratégie éditoriale.
Seules les marques qui combinent la créativité humaine, les robots intelligents, les réseaux neuronaux artificiels, et une identité forte émergeront durablement. Les autres se dissoudront dans le bruit numérique.
Et dans cette nouvelle économie, l’âme devient un véritable actif stratégique, que même les machines autonomes les plus avancées ne peuvent remplacer.
Et maintenant, pourquoi ne pas appliquer ce même regard critique à votre entreprise ?
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