À moins de 100 jours des élections municipales, la communication publique est plus que jamais essentielle pour les enjeux démocratiques et sociétaux. C’est un moment clé pour les collectivités, les institutions et les acteurs publics qui doivent saisir l’opportunité de se faire voir, entendre et expliquer. Pourtant, la suspension des dépenses de communication pour les ministères et opérateurs de l’Etat jusqu’à fin 2025 soulève une question : comment mobiliser les citoyens et renforcer la confiance dans les institutions sans communication ? Les chiffres sont sans appel : 72 % des Français déclarent ne pas comprendre les décisions de l’État. Or, sans communication, pas de compréhension. Sans compréhension, pas de confiance. Et sans confiance, comment espérer que les citoyens adhèrent aux projets et aux valeurs portés par les institutions ?
Le cœur des métiers des professionnels de la communication est -intrinsèquement et étymologiquement – de partager et de rendre intelligibles les actions des acteurs publics et privés pour convaincre les Français du bien-fondé de leurs valeurs et de leurs décisions. Arrêtons de considérer que la communication est seulement un coût et considérons-là comme un levier stratégique.
Un secteur économique en danger
La communication publique propose bien plus que des campagnes ou de l’affichage. La communication est une filière économique majeure. Elle représente 2 milliards d’euros de CA annuel en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, et 12 milliards d’euros au niveau national, avec près de 100 000 emplois. Derrière ces chiffres : des agences, des travailleurs indépendants et des PME, qui au-delà de leur rôle d’information, œuvrent au quotidien pour assurer la visibilité des politiques publiques et animer le débat démocratique. Les fragiliser c’est mettre en danger toute une chaîne de valeur.
La suspension de budgets communication connaît un réel retentissement. En 2024, dans les petites et moyennes collectivités, la réduction des budgets communication a conduit à une baisse de 40 % de la participation citoyenne aux projets locaux. Un chiffre qui interroge : comment mobiliser sans informer ? Autre exemple : les campagnes de prévention santé comme celles sur la vaccination ou de lutte contre le tabagisme, voient leur efficacité diminuer de 30% en l’absence de communication. Un coût social et économique bien réel. N’est-ce pas, encore une fois, la preuve de l’utilité des métiers de la communication ?
La communication : un lien étroit entre transparence et adhésion citoyenne
Quel rôle pour les communicants ? Rendre lisibles les actions de l’État, des collectivités, des associations et des entreprises. Faire comprendre, convaincre, et surtout, créer du lien entre les institutions et les citoyens. La communication n’est pas un luxe. Sans elle, comment garantir la transparence des décisions publiques ? Comment éviter que les politiques ne soient perçues comme arbitraires ?
Concrètement, la communication publique joue un rôle clé dans la transparence et l’adhésion aux politiques publiques. Sans elle, les projets locaux, comme les plans de rénovation énergétique ou les initiatives de mobilité douce, peinent à mobiliser les citoyens ; elle est une clé majeure de la réussite des politiques publiques.
Exemple probant. Une campagne de communication publique pertinente peut transformer des enjeux sociétaux en actions concrètes. La campagne « Mon restau responsable » menée en 2023 a permis de réduire de 25% le gaspillage alimentaire dans les cantines scolaires. Grâce à une communication adaptée, un cercle vertueux a pu se créer avec l’implication des diverses parties prenantes. Preuve que la communication n’est pas une dépense « inutile », mais un investissement à fort retour social et économique.
La communication doit être considérée comme un levier stratégique au service de l’efficacité des politiques publiques et du dynamisme territorial. Le message contraire envoyé par Matignon depuis le mois d’octobre porte un discrédit injustifié et injustifiable sur la filière communication=. Rappelons que dans un contexte de défiance croissante, la communication est aussi un outil de résilience économique et de partage démocratique. A l’heure des restrictions budgétaire, sacrifier la communication, c’est risquer de payer bien plus cher demain.
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