Une nouvelle décision de justice vient illustrer les tensions entre les groupes de médias et les géants de la publicité. Comme le rapporte l’AFP, le tribunal des activités économiques de Paris a récemment tranché dans un litige opposant le groupe M6 à Google sur le marché de la publicité en ligne.
En effet, le géant américain a été condamné à verser près de 23 millions d’euros de dommages et intérêts, dans une décision que Google conteste déjà…
Une condamnation à près de 23 millions d’euros
Le tribunal des activités économiques de Paris a condamné Google à verser 22,7 millions d’euros de dommages et intérêts au groupe M6, auxquels s’ajoutent 230 000 euros de frais d’avocat.
Le tribunal estime que Google aurait favorisé sa propre plateforme Google Ads lors de l’attribution d’espaces publicitaires, au détriment de plateformes concurrentes. Selon les éléments du jugement, ces pratiques auraient désavantagé les acteurs tiers présents sur ce marché, ce qui constitue une distorsion de concurrence.
Google a rapidement réagi à cette décision en annonçant son intention de faire appel. Dans une déclaration à l’AFP, un porte-parole de l’entreprise affirme que le groupe est en « profond désaccord » avec un jugement jugé « disproportionné« . L’entreprise estime que les poursuites reposent sur une interprétation erronée d’un secteur qu’elle décrit comme très concurrentiel et en constante évolution.
Une décision appuyée par plusieurs sanctions précédentes
Pour rendre sa décision, le tribunal s’est appuyé sur plusieurs précédents déjà établis contre Google dans le domaine de la publicité en ligne, dont une sanction de 220 millions d’euros infligée en 2021 par l’Autorité de la concurrence, qui reprochait déjà au groupe d’avoir favorisé ses propres technologies publicitaires.
Une récente décision européenne, qui sanctionnait Google à hauteur de 2,95 milliards d’euros, a également pesé dans l’analyse du tribunal. Selon Mind Media, cette décision européenne a permis d’étendre la période d’infraction retenue dans le dossier. Alors que l’Autorité de la concurrence avait arrêté la période litigieuse en 2020, le tribunal a considéré que ces pratiques s’étaient poursuivies jusqu’en 2022, ce qui a mécaniquement augmenté le montant des indemnités.
Cette régulation des géants technologiques a d’ailleurs suscité des réactions politiques, notamment aux États-Unis où Donald Trump avait critiqué la décision européenne, sur un fond de tensions autour des règles imposées aux grandes entreprises américaines.
Google sous pression sur le marché publicitaire…
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de contestation des pratiques de Google sur le marché de la publicité numérique.
Aux États-Unis, le ministère de la Justice poursuit également le groupe pour des soupçons de monopole dans ce secteur stratégique. Les autorités américaines accusent la firme de contrôler plusieurs maillons de la chaîne publicitaire numérique.
En France aussi, la procédure engagée par M6 n’est pas isolée, et plusieurs groupes de médias ont engagé des actions similaires, estimant avoir été désavantagés par les technologies publicitaires de Google…