En France, près de 600 000 personnes vivent avec une schizophrénie, dont les premiers signes apparaissent le plus souvent entre 15 et 25 ans. Les idées fausses restent pourtant tenaces : dangerosité supposée, confusion avec le dédoublement de la personnalité, croyance qu’il est impossible de mener une vie normale. Résultat : un retard diagnostique moyen de 7 ans, aux conséquences majeures sur la prise en charge, l’évolution de la maladie et la qualité de vie des patients.
➔ Pour leur édition 2026, les Journées de la Schizophrénie mettent en lumière un enjeu décisif : permettre aux jeunes de se dévoiler plus tôt. Car, derrière le tabou des symptômes et du diagnostic, c’est souvent l’accès à une prise en charge précoce qui se joue – et, avec lui, la possibilité de limiter l’impact durable de la maladie sur une vie en construction.

Schizophrénie : faire son coming out, une société prête à entendre ?
L’autostigmatisation est le premier frein à l’accès aux soins et au diagnostic précoce. Dire que l’on a des symptômes bizarres, que l’on entend des voix ou que l’on se sent menacé est inconcevable. Lorsque le diagnostic est posé, dire que l’on vit avec une schizophrénie, c’est affronter l’un des tabous les plus persistants de notre société. La peur du regard des autres, nourrie par des préjugés (notamment, l’association erronée avec la dangerosité), alimente le silence, l’isolement et l’autostigmatisation. Malgré une évolution des représentations (voir chiffres ci-contre), le coming out reste socialement risqué, voire impossible, dans certains contextes.
Lorsque le dévoilement est choisi et accompagné, il peut devenir un levier d’émancipation et faciliter l’accès aux soins : reprendre la main sur son histoire, élargir les soutiens, mieux faire comprendre le trouble psychique.
À l’occasion des Journées de la Schizophrénie 2026, PositiveMinders prend le contre-pied des discours habituels : l’enjeu n’est pas de faire parler à tout prix, mais de préparer la société à écouter. Pour cela, l’association a conçu et réalisé avec le concours de l’agence STRIKE une campagne nationale de sensibilisation intitulée « Le bon moment ».
Sur un ton de comédie décalée, cette campagne illustre les pires moments pour se dévoiler. Tout en faisant sourire, elle conclut par le slogan « Aider à en parler, c’est apprendre à écouter », soulignant le rôle que chacun peut jouer pour faciliter la prise en charge des troubles de santé mentale.
Déployée en ligne, sur les réseaux sociaux et en spot TV, la campagne est à découvrir ICI, sur un site dédié réunissant des contenus de sensibilisation, de prévention et des conseils d’accompagnement.
Des campagnes avec un réel impact
Alors que les États ont tendance à réduire les investissements dans les campagnes de prévention, PositiveMinders révèle les résultats du sondage que
OpinionWay a réalisé pour elle en juin 2025, à la suite de l’exposition des Français à une campagne de sensibilisation sur la schizophrénie qui a fait nettement évoluer les perceptions :
• 77% associaient la maladie à la dangerosité avant la campagne, contre 48 % après (–29 points)
• 82% se disent prêts à aller boire un café avec une personne atteinte de schizophrénie
Schizophrénie et intelligence artificielle : se confier d’abord à une machine ?
Autre phénomène marquant mis en lumière cette année : les jeunes se dévoilent de plus en plus tôt… mais pas toujours à un humain. Avant d’en parler à leurs proches ou à un professionnel de santé, certains confient leurs angoisses, leurs symptômes ou leurs questionnements à une IA. Accessible à toute heure, perçue comme neutre et sans jugement, elle devient un premier espace de verbalisation, parfois libérateur, parfois problématique.
Cette évolution interroge la balance entre bénéfices et risques : si l’IA peut aider à lever la peur du jugement, à mettre des mots sur des expériences difficiles et à amorcer une prise de conscience, elle expose aussi à des interprétations erronées, à l’absence de cadre médical, à un retard de consultation, ainsi qu’à des enjeux éthiques et de protection des données.
Pour autant, l’enjeu n’est pas d’opposer IA et humain. À l’occasion des Journées de la Schizophrénie 2026, PositiveMinders ouvre le débat : comment entraîner les IA pour qu’elles deviennent des outils de santé publique et qu’elles contribuent à la fois à la détection précoce des troubles psy et à l’orientation vers les ressources adéquates, en appui (et non en substitution) des experts psychiatres et psychologues.
Il s’agit de transformer l’opportunité de ces premiers dévoilements numériques en un bénéfice majeur pour la santé mentale des jeunes. Une réflexion au cœur des enjeux contemporains de santé mentale, à la croisée de l’innovation technologique et du soin.