deux nouvelles mises en examen


Les deux hommes en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur la tête de porc déposée devant le domicile du maire de Nice Christian Estrosi ont été mis en examen vendredi, a annoncé le parquet. Quatre personnes au total ont été mises en examen dans ce dossier qui a percuté la fin de la campagne municipale niçoise et « à ce stade des investigations, aucun élément ne permet d’envisager la possible participation directe ou indirecte aux faits d’autres personnes » que celles-ci et « celles identifiées et recherchées », précise le procureur Damien Martinelli.

Le maire sortant, qui a pour sa part dénoncé « une machination absolument ignoble » et va se porter partie civile, doit être « convoqué à bref délai » avec son épouse pour être entendus en qualité de témoins. Christian Estrosi a déjà été entendu le 5 mars, précise le procureur.

Soupçons de complot

L’affaire a totalement chamboulé la fin de campagne municipale et les liens des suspects avec des membres de l’entourage de Christian Estrosi ont alimenté des soupçons de complot, qu’il dément. Le maire sortant a pointé l’équipe de son rival Eric Ciotti et l’homme d’affaires conservateur Pierre-Edouard Stérin, qui réfute toute implication et entend porter plainte en diffamation. Dans un long communiqué, le magistrat est revenu sur l’enquête dans cette affaire rocambolesque, qui empoisonne la campagne de Christian Estrosi (Horizons), candidat à un 4e mandat mais accusant un retard important, selon les sondages, sur son rival Eric Ciotti (UDR-RN).

Après la découverte le 27 février au soir d’une tête de porc et d’une affiche avec une étoile de David et l’inscription « connard » sur le portail de la résidence du couple Estrosi, quatre suspects ont été identifiés en partie grâce à l’analyse des images de vidéosurveillance. Deux d’entre eux, originaires de Tunisie, ont été interpellés, mis en examen et placés en détention provisoire la semaine dernière. L’un des Tunisiens, spécialiste en informatique, a été en contact avec une responsable de la communication de Christian Estrosi et a même rencontré le maire pour évoquer des actions de communication sur les réseaux sociaux.

Un ancien policier parmi les mis en examen

Dans le cadre de l’information judiciaire ouverte, entre autres, pour provocation publique à la haine ou à la violence à raison de la religion ou violences aggravées visant un élu public, quatre autres personnes ont été entendues mercredi. Il s’agit de deux femmes, nées en 1963 et 1967, d’un ancien policier de la Direction de la surveillance du territoire (DST) de 79 ans reconverti en détective privé et d’un spécialiste marketing digital âgé de 46 ans. Ce sont ces deux derniers qui ont été mis en examen vendredi.

L’ancien policier de la DST, qui conteste sa participation aux faits et se présente comme étant d’extrême droite, selon le procureur, a été mis en examen pour « accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données et association de malfaiteurs » et placé sous contrôle judiciaire. Le spécialiste du marketing a lui été mis en examen pour « violences aggravées envers un élu public, provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, la race ou la religion et association de malfaiteurs ». Le parquet a requis son placement en détention provisoire.



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