le parquet fait de nouvelles révélations


Les deux hommes déférés devant les juges d’instruction ce vendredi 13 mars 2026 dans le cadre de l’enquête sur la tête de cochon retrouvée au domicile de Christian Estrosi ont été mis en examen, annonce le parquet de Nice à 17 h. Les deux hommes ont tous deux contesté les faits qui leur sont reprochés, indique Damien Martinelli, procureur de Nice, à la rédaction d’actu Nice.

L’un, âgé de 45 ans, a été mis en examen pour « violences aggravées envers un élu public, provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, la race ou la religion et association de malfaiteurs » et a été placé en détention provisoire. L’autre, âgé de 79 ans, « pour accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données et association de malfaiteurs ». Il a été placé sous contrôle judiciaire.

Deux autres individus avaient été interpellés dans le cadre de cette affaire, avait annoncé le parquet de Nice, le vendredi 6 mars. Il s’agit de deux hommes d’origine tunisienne, âgés de 36 et 38 ans. Ces derniers ont également été mis en examen.

Pour rappel, le 27 février 2026, sur les coups de 23 h 30, Christian Estrosi, maire de Nice, et son épouse ont découvert une tête de porc coupée en deux accrochée au portail de leur résidence. Une affiche en papier était clouée dessus. Elle supportait son portrait, une étoile de David et l’inscription « connard ».

Ce qui leur est reproché

Les deux hommes interrogés par les juges d’instruction ce jour ont été mis en examen pour leur implication dans l’affaire de la tête de cochon. Selon leurs déclarations, ils ont été en lien avec la campagne de Christian Estrosi, pour les élections municipales de 2026.

Une rencontre a été organisée avec le maire de Nice en vue d’une éventuelle implication dans la campagne sur l’aspect réseaux sociaux, a expliqué l’homme de 79 ans, mis en examen ce vendredi. C’est dans ce cadre qu’a été évoquée la participation à la campagne d’un individu de 45 ans également mis en examen ce vendredi, en tant que spécialiste de marketing digital, ainsi que la participation d’un docteur en informatique originaire de
Tunisie, mis en examen précédemment.

L’homme de 45 ans, spécialiste dans le marketing digital, « avait d’abord fait la connaissance de l’épouse du maire de Nice puis de ce dernier à l’occasion d’un séjour aux États-Unis », indique le parquet. En septembre 2025, le maire de Nice l’avait sollicité pour des conseils sur la communication dans le cadre de la campagne. Des conversations téléphoniques ont permis d’établir qu’il jouait un rôle d’interface entre l’équipe officielle de communication et l’informaticien originaire de Tunisie.

Les investigations relatives aux contacts et messages échangés mettaient en exergue plusieurs messages du 27 février fin d’après-midi entre l’informaticien tunisien et lui pouvant apparaître comme très directement en lien avec les faits. Il contestait à plusieurs reprises l’analyse qui pouvait être faite de certains échanges permettant d’envisager sa participation aux faits visés par l’information.

Parquet de Nice

D’autres personnes impliquées ?

De nombreuses personnes ont également été entendues dans ce dossier. Deux femmes, nées en 1963 et 1967, ont notamment expliqué avoir été « amenées à faire la connaissance de certaines personnes mises en cause dans la présente procédure. Pour un motif personnel, via un tiers, elles faisaient la connaissance d’un homme âgé de 79 ans ancien fonctionnaire de police notamment à la DST (ex-DGSI), exerçant des activités de détective privé, et d’un homme né en 1988 se présentant comme informaticien et intervenant en surveillance et sécurité privées », explique le parquet. Elles ont été remises en liberté et aucune charge n’a été retenue, a appris actu Nice.

Une autre femme née en 1981, une conseillère presse du maire de Nice, a été entendue comme témoin « au regard d’éléments mettant en évidence des contacts physiques et téléphoniques avec l’un des deux individus tunisiens ». Elle a expliqué aux enquêteurs avoir fait la connaissance du Tunisien de 38 ans, début février, via une tierce personne. Le parquet conclut : « À l’issue de son audition, aucun élément ne permettait d’envisager une participation aux faits visés par l’enquête. »

À ce stade de la procédure et des investigations, aucun élément ne permet d’envisager la possible participation directe ou indirecte aux faits d’autres personnes que celles actuellement mises en examen et celles identifiées et recherchées.

Damien Martinelli
Procureur de Nice

Les investigations vont se poursuivre dans cette affaire.

« Une machination » pour Estrosi

Le maire de Nice et son épouse, qui se sont constitués parties civiles, seront prochainement convoqués par le service interdépartemental de la police judiciaire des Alpes-Maritimes pour être entendus en qualité de témoins.

Jeudi, Christian Estrosi a pris la parole devant les journalistes au sujet de cette affaire. L’élu s’est dit « victime d’une machination absolument ignoble ».

« Peut-on imaginer un seul instant que j’ai pu participer à cette machination ? Il y a une caméra devant chez moi directement reliée au Centre de supervision urbain. J’ai prévenu les forges de police qui ont pu consulter les images. Images grâce auxquelles ils ont pu identifier un certain nombre de protagonistes. Les auteurs de cette manipulation », a-t-il notamment déclaré.

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