Britannica a abandonné son édition papier en 2012 pour pivoter entièrement vers le numérique. Ses revenus proviennent des abonnements et de la publicité, deux sources directement liées au volume de visites. Quand ChatGPT répond à une question couverte par un article Britannica sans renvoyer vers le site, le trafic ne se génère pas : la valeur du contenu est captée par OpenAI sans compensation.
La plainte soulève aussi la question des hallucinations. Quand ChatGPT invente une information et l’attribue à “Britannica” ou “Merriam-Webster”, il viole le Lanham Act. Selon les plaignants, ces fausses attributions induisent les utilisateurs en erreur sur l’origine du contenu et ternissent des marques dont la légitimité repose sur plus de 250 ans de rigueur éditoriale. En septembre 2025, nous rapportions que les mêmes plaignants avaient déjà attaqué Perplexity devant le même tribunal fédéral de New York, pour des motifs quasi-identiques, une affaire toujours en cours.
On compte désormais plus de 90 procès pour violation de droits d’auteur déposés contre des sociétés d’IA aux États-Unis. Pour l’heure, le précédent le plus significatif reste l’affaire Anthropic (Bartz v. Anthropic). L’éditeur de Claude a été accusé d’avoir utilisé des livres piratés pour entraîner ses modèles. Anthropic a accepté en 2025 un règlement de 1,5 milliard de dollars, le montant le plus élevé enregistré dans cette vague de litiges.